« La Chine présente désormais la répression des activités des Ouïghours comme une politique de lutte contre le « terrorisme » », a déclaré Amnesty International. « Depuis les attentats perpétrés le 11 septembre 2001 aux États-Unis, le gouvernement chinois utilise le prétexte de la lutte contre le « terrorisme » pour réprimer davantage toutes les formes d’opposition politique ou religieuse dans la région. »
Les autorités chinoises continuent d’arrêter et de placer en détention, du seul fait de leurs opinions, des personnes qui n’ont jamais eu recours à la violence ni prôné son usage. L’existence de ces prisonniers d’opinion démontre que la politique de répression menée par le gouvernement dans la région va bien au-delà de la lutte contre la violence ou le « terrorisme ».
Âgée de cinquante-sept ans, la prisonnière d’opinion Rebiya Kadeer était une femme d’affaires que les autorités chinoises avaient jadis érigée en modèle ; elle faisait partie de la délégation officielle lors de la Conférence mondiale sur les femmes organisée par les Nations unies en 1995.
En 2000, à l’issue d’un procès qui s’est déroulé en secret, cette mère de 11 enfants a été condamnée à huit années d’emprisonnement pour avoir « communiqué des informations secrètes à des étrangers ». Il s’avère qu’elle avait envoyé à son mari, un ancien prisonnier politique exilé aux États-Unis, des journaux locaux que l’on peut se procurer librement en Chine. Durant son procès, ni Rebiya Kaader ni son avocats ne furent autorisés à parler en sa défense.
Rebiya Kaader souffre désormais d’une gastrite chronique et prend tous les jours des médicaments en prison. Amnesty International se réjouit de l’annonce, en mars dernier, de la réduction d’un an de la durée de sa peine, mais continue de demander sa libération immédiate et sans condition.





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