Kaneza n’avait osé parler à personne de ce qu’elle avait subi, jusqu’à ce qu’elle apprenne qu’elle était enceinte. Elle en a alors parlé à la femme de son oncle qui a immédiatement prévenu la police. Le présumé coupable a été arrêté et interrogé, puis convaincu du viol de la jeune fille. La famille de Kaneza pensait qu’une enquête était menée alors que le coupable avait été relâché quelques jours plus tard. Les activistes des droits humains locaux ont observé que le père de l’auteur du viol avait approché l’Officier public (OPJ) de Bujumbura rural et avait proposé un arrangement à l’amiable. Quand la famille s’est adressée à l’OPJ de Bujumbura, il les a obligé à accepter l’arrangement à l’amiable et de cesser les procédures légales.
La famille de Kaneza est allée porter plainte auprès des autorités judiciaires de Bujumbura et au lieu d’interpeller l’auteur des faits, c’est la petite Kaneza qui a été retenue plusieurs heures. Kaneza a récemment accouché et l’homme qui l’a violée a recouvré la liberté.
Le viol est assez fréquent au Burundi. Dans de nombreux cas comme celui de Kaneza, ils ne sont pas poursuivis. Les femmes ont souvent peur de faire part des crimes dont elles sont victimes par crainte d’être rejetées par la famille et la communauté. Le système judiciaire est sur ce point défaillant. La police et l’ordre judiciaire ne donnent souvent pas suite aux plaintes pour viol et autres agressions sexuelles ; ou alors poursuivent les victimes elles-mêmes les accusant d’avoir commis quelques infractions. Dans certains cas, les victimes sont forcées de retirer leurs plaintes et d’entamer des arrangements à l’amiable avec le malfaiteur ou sa famille en dehors de du système judiciaire formel. Parfois encore, les victimes sont obligées d’épouser l’auteur de ce crime qu’elles ont subit.





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