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Bulgarie : détention arbitraire et mauvais traitements au foyer pour femmes de Razdol

mardi 12 novembre 2002, par Françoise Guillitte

« Certains des aides-soignants nous battent et nous enferment. » Résidente du foyer pour femmes de Razdol, Bulgarie

Les représentants d’Amnesty International qui ont visité en janvier puis en juillet 2002 le foyer de Razdol hébergeant des femmes atteintes d’un handicap mental ont constaté que les pensionnaires de ce foyer subissaient les conséquences de la privation de soins, de sévices systématiques et de conditions de vie effroyables. Le traitement cruel, inhumain et dégradant auquel sont soumises ces femmes viole les normes internationales relatives aux droits humains. Le fait que l’établissement de Razdol soit isolé dans une région montagneuse met la vie de ses résidentes en danger. Soustrait aux regards de la société, le foyer n’est pas adapté aux besoins des personnes atteintes d’un handicap mental, qui doivent recevoir des soins de longue durée ; il se prête particulièrement mal à cette fonction pendant l’hiver. Lorsque la neige rend les routes impraticables, le personnel met parfois jusqu’à trois heures à se rendre sur place à pied. Les bâtiments sont délabrés, dangereux et dépourvus de chauffage central. En janvier, des résidentes du foyer marchaient pieds nus sur les chemins verglacés qui relient les différents bâtiments. Pour prendre une douche, elles devaient franchir 25 mètres, souvent sous la neige, pour se rendre dans un bâtiment voisin. Sept pensionnaires de l’établissement sont mortes entre janvier et juillet 2002. Aucune autopsie ni enquête indépendante n’a été réalisée et, dans la plupart des cas, les dépouilles ont été enterrées sous l’enclos à cochons, sans qu’il soit possible de distinguer l’emplacement des tombes. Les pensionnaires n’ont aucun recours contre les mauvais traitements infligés par le personnel. En janvier, une femme a déclaré aux représentants d’Amnesty International que certains aides-soignants battaient des pensionnaires et les enfermaient mais, par crainte d’être vue par le personnel, elle n’a pas voulu désigner aux représentants de l’organisation le local où les femmes étaient placées à l’isolement. Une autre femme, qui souhaitait quitter l’établissement, avait peur que le personnel ne surprenne ses propos. En l’absence de programmes de réadaptation ou de thérapeutique adaptée aux personnes ayant des besoins spécifiques, les pensionnaires erraient sans but dans l’établissement ou passaient la journée dans leur lit. Les murs étaient entièrement nus et n’offraient aucune stimulation. Certaines pensionnaires se sont plaintes de l’absence de livres et d’autre lectures. La plupart n’avaient aucun bien personnel, pas même des vêtements ou d’articles de toilette. Le linge était distribué au hasard après avoir été lavé parce que, selon le personnel, les pensionnaires ne faisaient pas la différence.

Personnes souffrant d’un handicap mental : détention arbitraire et mauvais traitements. En Bulgarie, les personnes souffrant d’un handicap mental sont systématiquement victimes de discrimination et leurs droits les plus élémentaires sont bafoués. Les conditions de vie qui règnent dans les foyers pour adultes souffrant d’un handicap mental revêtent souvent un caractère cruel, inhumain et dégradant. Le nombre élevé de décès illustre le manque de soins médicaux, de nourriture et de chauffage qui caractérisent ces établissements. Il arrive que des patients y soient immobilisés avec des ceintures ou des camisoles de force, ou enfermés dans une pièce exiguë sans fenêtre ou dans une cage pour une durée indéfinie.

Les médicaments sont administrés de manière généralisée, souvent dans le seul but de contrôler le comportement des patients. Comme les adultes, les enfants qui souffrent de troubles du développement ne bénéficient pratiquement d’aucun traitement ni d’aucune mesure de réadaptation. Ceux qui présentent les handicaps les plus graves peuvent être abandonnés toute la journée dans leur lit, sans jouet ni activité organisée ou stimulation visuelle. Lorsqu’ils atteignent l’âge de dix-huit ans, les patients des foyers pour enfants sont souvent transférés dans des foyers pour adultes. Incapables de contester le bien-fondé des décisions prises à leur propos par des représentants de l’État ou des membres de leur famille, ils sont internés à vie. Les personnes placées dans des foyers éloignés des centres de population sont coupées de leur famille et du reste de la société. En outre, le fait d’être interné dans un lieu isolé, loin de tout hôpital, peut mettre en péril la vie d’une personne souffrant d’un handicap mental.

Le 10 octobre 2002, Amnesty International a lancé une campagne pour l’amélioration des conditions de vie et du traitement des personnes souffrant d’un handicap mental en Bulgarie. Cette action vise à mieux faire comprendre au public que les personnes souffrant d’un handicap mental ont les mêmes droits fondamentaux que les autres membres de la collectivité. Amnesty International appelle en outre la communauté internationale à apporter son soutien à une réforme de fond des services de santé mentale en Bulgarie. « Le système consistait simplement à surveiller et à caser les gens. Les pensionnaires, qui avaient manifestement été abandonnés par la société, n’avaient plus rien à faire ni à espérer. Ils étaient parqués ensemble […] sans le moindre but pour occuper leurs journées. » Mary Myers, psychiatre qui a visité en Bulgarie, en tant que représentante d’Amnesty International, des foyers pour personnes souffrant d’un handicap mental

Veuillez écrire au Ministre du Travail et de la Politique sociale : Lidiya Shuleva - Minister of Labour & Social Policy - Ul. Triaditza 2 - 1051 Sofia - Bulgarie - Fax : +359 2 986 1318 / 981 9172 - Courriers électroniques : mlsp mlsp.government.bg pour lui demander instamment de : * prendre immédiatement des mesures pour que les pensionnaires soient traitées avec professionnalisme et humanité, dans le respect des normes internationales, en veillant notamment à ce qu’elles disposent de vêtements, d’un système de chauffage et d’installations sanitaires adaptés à leur situation ; *demander des enquêtes exhaustives et impartiales sur tous les cas de patients privés de soins ou victimes de traitements cruels, inhumains ou dégradants, en vue de traduire en justice tout individu soupçonné d’avoir enfreint la loi ; * veiller à ce que tous les décès de pensionnaires soient consignés et surveillés par les autorités nationales et que, dans tous les cas, des autopsies soient réalisées et leurs résultats rendus publics ; veiller également à ce que toute pensionnaire inhumée au foyer reçoive un enterrement digne et que sa tombe porte une inscription permettant de l’identifier ; * mettre en place un mécanisme de supervision systématique en vue de rendre le foyer de Razdol pour femmes souffrant d’un handicap mental conforme au droit international et aux principes de bonne pratique professionnelle. Si les autorités parviennent à la conclusion que l’établissement en question ne peut être aligné sur ces normes, il doit être fermé définitivement et ses occupantes transférées dans des institutions remplissant ces critères.

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5 Messages de forum

  • A l’attention du Ministre du Travail et la Politique Sociale,

    Pour le respect de l’humain, veuillez prendre immédiatement des mesures pour que les pensionnaires soient traitées avec professionnalisme et humanité, dans le respect des normes internationales, en veillant notamment à ce qu’elles disposent de vêtements, d’un système de chauffage et d’installations sanitaires adaptés à leur situation.
    Ces résidents souffrant d’un handicap mental n’ont plus que le personnel de ce foyer à qui faire confiance : n ’abusons pas du plus faible ! Un minimum de dignité humaine !
    Merci de faire en sorte en sorte que cela change. Pensez que cela pourrait vous arriver.
    Veuillez agréer, Madame, Monsieur, le Ministre, l’expression de mes salutations respectueuses.

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  • quel honte de subir encore cela au 21 eme Siecle

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  • Ministre du Travail et de la Politique sociale : Lidiya Shuleva

    Je vous demande instamment de : *
    prendre immédiatement des mesures pour que les pensionnaires soient traitées avec professionnalisme et humanité, dans le respect des normes internationales, en veillant notamment à ce qu’elles disposent de vêtements, d’un système de chauffage et d’installations sanitaires adaptés à leur situation ;

    *demander des enquêtes exhaustives et impartiales sur tous les cas de patients privés de soins ou victimes de traitements cruels, inhumains ou dégradants, en vue de traduire en justice tout individu soupçonné d’avoir enfreint la loi ;

    * veiller à ce que tous les décès de pensionnaires soient consignés et surveillés par les autorités nationales et que, dans tous les cas, des autopsies soient réalisées et leurs résultats rendus publics ;

    veiller également à ce que toute pensionnaire inhumée au foyer reçoive un enterrement digne et que sa tombe porte une inscription permettant de l’identifier ; * mettre en place un mécanisme de supervision systématique en vue de rendre le foyer de Razdol pour femmes souffrant d’un handicap mental conforme au droit international et aux principes de bonne pratique professionnelle. Si les autorités parviennent à la conclusion que l’établissement en question ne peut être aligné sur ces normes, il doit être fermé définitivement et ses occupantes transférées dans des institutions remplissant ces critères.

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  • En Bulgarie comme ailleurs : paix et justice. Hommes et femmes n’aspirent qu’à plus d’éducation et moins de violence, moins de pauvreté...
    Honte aux gouvernements qui n’en tiennent pas compte.
    JJ M’U

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  • Triste, inhumain, Inacceptable....
    Mais qui peut faire quelque chose ?
    Je lance un appel à ceux qui dévoilent les faits pour qu’ils aillent plus loin. En effet, arrêtez de nous faire pleurer sur de tristes articles de presse ... ; donnez nous les moyens d’agir, d’intervenir, de faire quelque chose, proposez nous des plans d action concrets.
    Dénoncer les faiblesses d’un système defaillant et fragile, c’est une chose, proposer des alternatives constructives c’est mieux et c’est ca qui mobilisera du monde a vos côté.Le traitement indigne infligé à ces personnes est le reflet du désequilibre général vécu dans le pays par les citoyens honnêtes qui cherchent à s’en sortir,a ameliorer leur condition de vie et a effacer cette difference qui a ete instauree par la societe occidentale a l’egard de l’Est.D’avance,Merci.

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