
- Manifestation Myanmar
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« S’il vous plaît, utilisez votre liberté pour promouvoir la nôtre. » Ces mots d’Aung San Su Kyi ont été prononcés en son nom lors d’un discours prononcé aux États-Unis en 1997.
Au Myanmar, le système judiciaire est régulièrement utilisé à des fins de torture, d’arrestation arbitraire et de sanction contre des personnes de tous les horizons. Les victimes sont notamment des étudiants, des femmes au foyer, des membres des professions libérales ou des hommes d’affaires, qui font l’objet de procès inéquitables pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.
Un grand nombre de prisonniers politiques sont âgés et certains souffrent de graves maladies après des années d’incarcération et de mauvais traitements. Leurs problèmes sont aggravés par la dureté des conditions de détention, les carences de leur alimentation et le manque de soins médicaux. Certains prisonniers politiques sont atteints de troubles mentaux et ont même tenté de mettre fin à leurs jours. Les détenus se voient refuser de quoi écrire et n’ont pas toujours droit à de la lecture. Au moins cinq prisonniers sont morts en 2004, soit en prison, soit peu après leur libération. Les conséquences du harcèlement systématique des militants politiques par les autorités birmanes et des restrictions imposées sur le plan des libertés politiques ont pris de telles proportions qu’elles ne peuvent plus être ignorées.
U Win Tin, un ancien rédacteur en chef, est emprisonné depuis 1989 pour avoir communiqué à l’Organisation des Nations unies des informations relatives à des violations des droits humains. Il a fêté son soixante-quinzième anniversaire en prison en mars dernier. Au cours d’un procès, il a déclaré avoir été torturé. Myat San a été emprisonné en 1991 pour avoir pris part à des manifestations estudiantines en l’honneur de Daw Aung San Suu Kyi, à qui venait d’être décerné le prix Nobel. Bien qu’il ait purgé sa peine, il est toujours détenu, sans inculpation ni jugement, et souffre de graves problèmes de santé depuis des années. Thet Win Aung purge actuellement une peine de prison de cinquante-neuf ans pour avoir organisé des manifestations en faveur des droits des étudiants en 1998.
La National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), parti dirigé par Daw Aung San Suu Kyi, a remporté la majorité des suffrages lors des élections de 1990, mais le régime militaire a toujours refusé de reconnaître le résultat du scrutin. Depuis plus de quinze ans, les membres de la NLD et d’autres partis d’opposition ainsi que les militants étudiants sont systématiquement harcelés et condamnés à de longues peines d’emprisonnement. En mai 2003, des membres et des sympathisants de la NLD sont tombés dans une embuscade ; trois ont été tués et de nombreux autres ont été grièvement blessés. Les autorités n’ont ouvert aucune enquête indépendante sur ces faits. Depuis, Daw Aung San Suu Kyi et U Tin Oo, vice-président de la NLD, sont privés de liberté ; d’autres personnes, qui ont fourni des informations sur cette attaque, sont emprisonnées. Au cours des six derniers mois, le harcèlement et les arrestations de militants politiques se sont multipliés. Au moins cinq députés élus en 1990 ont été arrêtés et placés au secret depuis février 2005.
Amnesty International exhorte le gouvernement birman à relâcher immédiatement et sans conditions la lauréate du prix Nobel ainsi que les quelque 1 350 prisonniers politiques détenus uniquement pour des actes de dissidence pacifique (comme le fait d’écrire des poèmes, de posséder des affiches politiques, d’organiser des manifestations pacifiques ou d’appeler les autorités à lever les restrictions politiques). Amnesty International appelle également les autorités à cesser de recourir abusivement au système judiciaire pour emprisonner des militants politiques et d’utiliser des lois qui étouffent la liberté d’expression et d’association.
Depuis plus de dix ans, les autorités birmanes assurent que Daw Aung San Su Kyi et les autres dirigeants politiques seront relâchés « en temps utile ».
Rejoignez l’action lancée en sa faveur par Action Birmanie en cliquant ici





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