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Birmanie : Aung San Su Kyi : 60 ans, 10 ans en résidence surveillée.

dimanche 12 juin 2005, par Françoise Guillitte

Le 19 juin 2005, Aung San Su Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, va fêter son soixantième anniversaire en résidence surveillée.

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Manifestation Myanmar
Manifestation Myanmar

« S’il vous plaît, utilisez votre liberté pour promouvoir la nôtre. » Ces mots d’Aung San Su Kyi ont été prononcés en son nom lors d’un discours prononcé aux États-Unis en 1997.

Au Myanmar, le système judiciaire est régulièrement utilisé à des fins de torture, d’arrestation arbitraire et de sanction contre des personnes de tous les horizons. Les victimes sont notamment des étudiants, des femmes au foyer, des membres des professions libérales ou des hommes d’affaires, qui font l’objet de procès inéquitables pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.

Un grand nombre de prisonniers politiques sont âgés et certains souffrent de graves maladies après des années d’incarcération et de mauvais traitements. Leurs problèmes sont aggravés par la dureté des conditions de détention, les carences de leur alimentation et le manque de soins médicaux. Certains prisonniers politiques sont atteints de troubles mentaux et ont même tenté de mettre fin à leurs jours. Les détenus se voient refuser de quoi écrire et n’ont pas toujours droit à de la lecture. Au moins cinq prisonniers sont morts en 2004, soit en prison, soit peu après leur libération. Les conséquences du harcèlement systématique des militants politiques par les autorités birmanes et des restrictions imposées sur le plan des libertés politiques ont pris de telles proportions qu’elles ne peuvent plus être ignorées.

U Win Tin, un ancien rédacteur en chef, est emprisonné depuis 1989 pour avoir communiqué à l’Organisation des Nations unies des informations relatives à des violations des droits humains. Il a fêté son soixante-quinzième anniversaire en prison en mars dernier. Au cours d’un procès, il a déclaré avoir été torturé. Myat San a été emprisonné en 1991 pour avoir pris part à des manifestations estudiantines en l’honneur de Daw Aung San Suu Kyi, à qui venait d’être décerné le prix Nobel. Bien qu’il ait purgé sa peine, il est toujours détenu, sans inculpation ni jugement, et souffre de graves problèmes de santé depuis des années. Thet Win Aung purge actuellement une peine de prison de cinquante-neuf ans pour avoir organisé des manifestations en faveur des droits des étudiants en 1998.

La National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), parti dirigé par Daw Aung San Suu Kyi, a remporté la majorité des suffrages lors des élections de 1990, mais le régime militaire a toujours refusé de reconnaître le résultat du scrutin. Depuis plus de quinze ans, les membres de la NLD et d’autres partis d’opposition ainsi que les militants étudiants sont systématiquement harcelés et condamnés à de longues peines d’emprisonnement. En mai 2003, des membres et des sympathisants de la NLD sont tombés dans une embuscade ; trois ont été tués et de nombreux autres ont été grièvement blessés. Les autorités n’ont ouvert aucune enquête indépendante sur ces faits. Depuis, Daw Aung San Suu Kyi et U Tin Oo, vice-président de la NLD, sont privés de liberté ; d’autres personnes, qui ont fourni des informations sur cette attaque, sont emprisonnées. Au cours des six derniers mois, le harcèlement et les arrestations de militants politiques se sont multipliés. Au moins cinq députés élus en 1990 ont été arrêtés et placés au secret depuis février 2005.

Amnesty International exhorte le gouvernement birman à relâcher immédiatement et sans conditions la lauréate du prix Nobel ainsi que les quelque 1 350 prisonniers politiques détenus uniquement pour des actes de dissidence pacifique (comme le fait d’écrire des poèmes, de posséder des affiches politiques, d’organiser des manifestations pacifiques ou d’appeler les autorités à lever les restrictions politiques). Amnesty International appelle également les autorités à cesser de recourir abusivement au système judiciaire pour emprisonner des militants politiques et d’utiliser des lois qui étouffent la liberté d’expression et d’association.

Depuis plus de dix ans, les autorités birmanes assurent que Daw Aung San Su Kyi et les autres dirigeants politiques seront relâchés « en temps utile ».

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6 Messages de forum

  • Je me suis rendu 11 fois dans ce formidable pays. Les gens ne souhaitent qu’une chose : Qu’on leur fiche la paix et qu’on cesse ce boycot idiot qui n’apporte rien.

    J’en ai marre de la désinformation continuelle qui est faite sur ce pays.

    Sur la base de mêmes critères, on pourrait en boycotter beaucoup d’autres. Mais la Chine bien sûr représente un partenaire commercial autrement intéressant.

    Un peu de correction et d’objectivité de la part des médias et des gouvernements ne ferait pas de mal.

    Mais bien sûr vous ne me publierez pas.

    Christian de Nipa

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    • Et bien voilà, si vous êtes publié. C’est votre droit d’avoir un avis différent d’une personne (Aung San Suu Kyi) qui a recueilli les suffrages de 80% de la population.

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    • > Birmanie : Aung San Su Kyi : 60 ans, 10 ans en résidence surveillée. Le 26 juillet 2005 à 16:51 , par Philippe Launay

      Réponse à Christian de Nipa.
      Qui sont les gents de ce formidable pays qui souhaitent qu’on leur fiche la paix ? j’ai toujours refusé d’aller dans ce magnifique pays pour ne pas cautionner la junte militaire au pouvoir mais j’ai assez d’amis birmans ici sur Genève et vit sufisament avec la communauté asiatique pour être quand informé correctement.
      Ne confondons pas tout, ce peuple est admirable mais muselé n’avez vous rien vu ? seriez atteint de cécité ?
      Parlez vous le birman ?
      Les rapports du HCR d’Amnésty international sont elles à vos yeux des désinformations ?

      C’est justement parce que ce régime est soutenu par la Chine que les nations européennes ne bougent pas plus qu’elles le devraient.

      même le clergé bouddhiste est manipulé par le pouvoir.

      Alors de grace, laissez agir les bonnes volontés qui veulent aider ce pays à connaître la liberté même si une mutation de son developpement économique risque de défigurer les belles images de ce pays que vous connaissez mais je pense avec des oreilleres.

      Une personne comme Madame Aung San Su Kyi mérite mieux que le silence que vous pronnez.
      Même si d’innévitables « dérappages » de la part des médias ou des « clichés » sont publiés c’est un rique à prendre.

      J’aime ce pays de tout mon coeur et mon devoir est de promouvoir la liberté à cette nation qui le mérite bien et de crier bien fort :
      Aidez à la liberation d’ Aung San Su kyi et restaurez le gouvernement démocratiquement élu à plus de 80 %

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  • > Birmanie : Aung San Su Kyi : 60 ans, 10 ans en résidence surveillée. Le 23 juin 2005 à 09:50 , par INGRID BOULOGNE

    liberez Aung San Su Kyi et tous ceux qui sont encore emprisonnés. N’étouffez pas la libeté d’expression.
    Relachez ce prix Nobel, ne nous donnez l’image d’un pays qui étouffe la parole.
    Ingrid BOULOGNE

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  • > Birmanie : opposants politiques Le 6 juillet 2005 à 15:03 , par Jérôme

    Journalistes, étudiants, exilés, rebelles des minorités ethniques... ils sont nombreux, en Birmanie ou à l’étranger, à s’opposer à la junte militaire birmane. Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi est le symbole de ce combat. Mais elle n’est pas seule. Dossier complet sur le sujet sur www.caphechon.net ; Càphêchôn est un magazine d’info sur l’Asie du Sud-Est.

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  • > Birmanie : Aung San Su Kyi : 60 ans, 10 ans en résidence surveillée. Le 23 juillet 2005 à 12:35 , par Philippe Launay

    Cette Dame Courage ne doit pas tombée dans l’oublie et sacrifiée sur l’autel du buisness.
    Si vous êtes un simple citoyen reveillez vos élus pour qu’ils agissent afin que le drame du peuple birman ne soit pas oublié.
    Si vous êtes un élu ou un médias vous avez le devoir d’agir ou de faire agir nos politiciens de haut niveau.
    Enfin , à l’heure où beaucoups doutent de l’integrité des politiciens , voilà une grande Dame qui force le respect et l’admiration, au nom de la liberté, ne nous l’oublions pas.

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