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Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées

Détention au secret et crainte de torture ou de mauvais traitement

lundi 13 février 2006, par Françoise Guillitte

Quarante-deux personnes ont été arrêtées au cours de processions religieuses organisées par l’Église orthodoxe d’Éthiopie à Addis-Abeba, la capitale. Selon les informations recueillies, elles sont actuellement détenues au secret et Amnesty International craint qu’elles ne soient torturées ou victimes d’autres formes de mauvais traitements. Le 19 janvier, plusieurs milliers de membres de l’Église orthodoxe d’Éthiopie, la religion qui compte le plus de fidèles dans le pays, défilaient en chantant à travers le centre d’Addis-Abeba à l’occasion de la fête religieuse de Timket (Épiphanie), lorsque des policiers ont interrompu la procession. Certaines personnes qui se trouvaient dans le cortège ont alors réclamé en criant la libération de dirigeants politiques de l’opposition inculpés de trahison et d’autres infractions. D’après certaines sources, les policiers ont tiré à balles réelles sur des personnes qu’ils soupçonnaient de manifester leur soutien à la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD) : deux personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées. Le lendemain, des policiers auraient à nouveau ouvert le feu sur un autre cortège qui célébrait Timket à Addis-Abeba, blessa nt plus de 20 personnes. L’une d’entre elles, Lealem Bogale, serait décédée plus tard à l’hôpital. La police a déclaré que 42 personnes avaient été arrêtées lors de ces événements, mais n’a pas précisé leur identité ni les raisons de leur interpellation. Bien que leur lieu de détention soit encore inconnu, Amnesty International pense qu’elles sont détenues au secret. Il semblerait qu’elles n’aient pas encore été traduites devant une autorité judiciaire. Or, aux termes de la législation éthiopienne, tout prévenu doit être déféré à la justice dans les quarante-huit heures qui suivent son arrestation. Par la suite, la police a affirmé que les personnes décédées avaient été tuées dans un mouvement de panique provoqué par des jets de pierre au sein du cortège. Cependant, on ignore si elle faisait référence aux violences qui ont eu lieu le 19 ou le 20 janvier. Elle a ajouté que 14 policiers avaient été blessés par des jets de pierres et par l’explosion d’une bombe, bien que l’on ignore où et quand cette explosion a eu lieu.

INFORMATIONS GÉNÉRALES Ces derniers mois, des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes d’Éthiopie en signe de protestation contre l’arrestation de dirigeants de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), un parti de l’opposition, et contre des fraudes électorales auxquelles se serait livré le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien (FDRPE), le parti au pouvoir, pendant les élections de mai 2005. Les participants demandaient la libération de plusieurs responsables de la CUD, journalistes et défenseurs des droits humains, considérés par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion, qui ont été arrêtés en novembre 2005 après que le parti de l’opposition eut appelé la population à manifester pacifiquement. Le 21 décembre, ils ont été inculpés de diverses infractions, notamment de trahison et de génocide Depuis le 2 janvier 2006, des élèves de plusieurs écoles d’Addis-Abeba organisent des rassemblements et boycottent des cours et des examens pour protester contre l’arrestation de dirigeants de la CUD et contre les résultats contestés des élections. D’après certaines sources, des policiers ont frappé des manifestants, y compris des mineurs, et tiré à balles réelles dans certains cas. Des milliers de jeunes scolarisés avaient été arrêtés. Certains ont été libérés, mais Amnesty International pense que plusieurs centaines d’entre eux sont encore détenus au secret, sans avoir été inculpés, dans des lieux qui n’ont pas été r évélés, et craint qu’ils ne soient victimes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements. Par ailleurs, depuis novembre 2005, plusieurs milliers de manifestants étudiants oromo ont été arrêtés et certains ont été abattus au cours d’une autre vague d’arrestations arbitraires par des policiers armés. Ces étudiants protestaient contre l’arrestation de membres de l’ethnie oromo et contre d’autres problèmes politiques touchant les Oromo.

Le 1er février, le Premier ministre a contesté la réalité des faits rapportés par Amnesty International, tandis que le ministre de l’Information a déclaré que ces affirmations n’étaient « pas crédibles » et relevaient de la « désinformation ». Selon ce dernier, 86 étudiants ont été arrêtés dans la région d’Oromia et accusés d’avoir jeté des bombes, dégradé des biens dans des établissements scolaires et universitai res, et interrompu des cours. Cependant, Amnesty International continue de recevoir des informations selon lesquelles de nombreuses personnes sont toujours détenues sans inculpation à la suite des manifestations qui ont eu lieu dans la région d’Oromia. L’organisation enquête toujours sur ces allégations.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) : -demandez instamment la libération des 42 personnes arrêtées au cours de processions organisées par l’Église orthodoxe d’Éthiopie les 19 et 20 janvier à Addis-Abeba, à moins qu’elles ne soient déférées sans délai à la justice, conformément aux dispositions du droit éthiopien, et qu’elles ne soient inculpées et jugées dans le cadre d’un procès équitable dans un délai raisonnable, en accord avec les normes d’équité universellement reconnues ; -exhortez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que ces prisonniers ne soient ni torturés, ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements ; -sollicitez l’ouverture d’une enquête exhaustive et impartiale sur les coups de feu qu’auraient tirés des policiers au cours de processions religieuses organisées à Addis-Abeba à l’occasion de la fête de Timket les 19 et 20 janvier, afin de déterminer si la police a recouru à la force de manière excessive, en violation des normes internationales -demandez instamment la libération de tous les étudiants arrêtés au cours de manifestations en décembre et en janvier à Addis-Abeba et dans la région amhara, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugés dans les meilleurs délais dans le cadre d’un procès équitable.

APPELS À :

Premier ministre : :His Excellency Meles Zenawi- Office of the Prime Minister PO Box 1031- Addis Ababa - Éthiopie - Fax : +251 11 552020 / 552030

Ministre de la Justice ::Mr Assefa Kesito- PO Box 1370- Addis Ababa-Éthiopie - Fax : +251 11 517775 / 520874 email : ministry-justice telecom.net.et

COPIES À :

Responsable de la police au niveau fédéral : Mr Workneh Gebeyehu -Ministry of Federal Affairs PO Box 5068 - Addis Ababa -Éthiopie

Président de la Cour suprême : Mr Kemal Bedri -Federal Supreme Court P O Box 6166 - Addis Ababa-Éthiopie- Fax : +251 1 550278

Ambassade de la République fédérale démocratique d’Ethiopie : Avenue de Tervuren 231, -1150 Bruxelles- Fax : 02.771.49.14 - Email : etebru brutele.be

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7 Messages de forum

  • Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées Le 18 février 2006 à 17:36 , par Susanne Schaer

    Monsieur le Ministre,

    Informée par Amnesty International, je vous fais part de mes inquiétudes concernant les 42 personnes arrêtées au cours de processions organisées par l’Eglise orthodoxe d’Ethiopie les 19 et 20 janvier à Addis-Abeba et vous prie instamment de les libérer, à moins qu’elles ne soient déférées sans délai à la justice, conformément aux dispositions du droit éthiopien, inculpées et jugées dans le cadre d’un procès équitable dans un délai raisonnable, en accord avec les normes d’équité universellement reconnues.

    J’exhorte, en outre, les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que ces prisonniers ne soient ni torturés, ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements.

    De plus, je sollicite l’ouverture d’une enquête exhaustive et impartiale sur les coups de feu qu’auraient tirés des policiers au cours des processions religieuses citées plus haut, afin de déterminer si la police a recouru à la force de manière excessive, en violation des normes internationales.

    Je vous demande instamment de libérer tous les étudiants arrêtés au cours de manifestations en décembre et en janvier à Addis-Abeba et dans la région d’Amhara, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugés dans les meilleurs délais dans le cadre d’un procès équitable.

    Respectueuses salutations.

    Susanne Schaer
    Avenue de Morges 15
    1004 Lausanne
    Suisse

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  • Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées Le 20 février 2006 à 13:50 , par mimilechat

    Messieurs,
    Je viens par cette présence vous demander la libération des 42 personnes arrêtées au cours de processions organisées par l’Église orthodoxe d’Éthiopie les 19 et 20 janvier à Addis-Abeba car je crains pour leur sécurité et le respect de leurs droits.A moins qu’elles ne soient déférées sans délai à la justice, conformément aux dispositions du droit éthiopien, et qu’elles ne soient inculpées et jugées dans le cadre d’un procès équitable dans un délai raisonnable, en accord avec les normes d’équité universellement reconnues. Vous seuls êtes en mesure de faire en sorte que la justice et l’équité soient respectées dans ce pays qui vous est cher. Cela commence par le respect de la dignité de votre population. S’il vous plait, prennez les mesures nécessaires pour que ces prisonniers ne soient ni torturés, ni soumis à d’autres formes de mauvais traitement. Et que diriez-vous de l’ouverture d’une enquête exhaustive et impartiale sur les coups de feu qu’auraient tirés des policiers au cours de processions religieuses organisées à Addis-Abeba à l’occasion de la fête de Timket les 19 et 20 janvier ?
    Je vous remercie de prendre le temps de lire cette lettre qui j’espère vous incitera à prendre les mesures adéquates.Personne n’a de leçon à vous donner, seulement un désir que plus de justice soit faite sur votre terre d’Afrique, comme sur les quatre autres continents.
    Cordialement
    GM, France

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  • Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées Le 20 février 2006 à 16:11 , par michele

    Monsieur le Ministre de la Justice,
    JE VOUS DEMANDE INSTAMMENT la liberation des 42 personnes arretees au cours des processions organisees par l’eglise orthodoxe le 19 et 20 janvier dernier a Addis Abeba, a moins qu’elles ne soient deferees sans delais a la justice, conformement aux dispositions du droit ethiopien et qu’elles soient inculpees dans le cadre d’un PROCES EQUITABLE dans un delai raisonnable en accord avec les normes d’equite universellement reconnues.
    J’EXHORTE LES AUTORITES a prendre des mesures necessaires pour que les prisonniers ne soient ni tortures, ni soumis a d’autres formes de mauvais traitements.
    JE SOLLICITE L’OUVERTURE D’UNE ENQUETE exhaustive et impartiale sur les coups de feu qu’auraient tire les policiers aux cours des processions religieuses organisees a Addis Abeba a l’occasion de la fete de TIMKET les 19 et 20 janvier dernier, pour determiner si la police a recouru a la force de maniere excessive, en violant les normes internationales.
    JE DEMANDE INSTAMMENT LA LIBERATION de tous les etudiants arretes au cours des manifestations en decembre et janvier derniers a Addis Abeba et dans la region AMHARA, a moins qu’ils ne soient inculpes d’une infraction dument reconnue par la loi et juges dans les meilleurs delais dans le cadre d’un proces equitable.
    Dans l’espoir que vous ferez droit a mes demandes, je vous prie d’agreer, Monsieur le Ministre de la Justice, ma haute consideration
    Michele MERGAN

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  • Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées Le 20 février 2006 à 17:03 , par bally clarisse

    Monsieur le Ministre,

    Je viens par la présente vous demander instamment la libération des 42 personnes arrêtées au cours de processions organisées par l’Église orthodoxe d’Éthiopie les 19 et 20 janvier à Addis-Abeba, à moins qu’elles ne soient déférées sans délai à la justice, conformément aux dispositions du droit éthiopien, et qu’elles ne soient inculpées et jugées dans le cadre d’un procès équitable dans un délai raisonnable, en accord avec les normes d’équité universellement reconnues .
    J’ exhorte également les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que ces prisonniers ne soient ni torturés, ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements ; je sollicite par ailllleurs, l’ouverture d’une enquête exhaustive et impartiale sur les coups de feu qu’auraient tirés des policiers au cours de processions religieuses organisées à Addis-Abeba à l’occasion de la fête de Timket les 19 et 20 janvier, afin de déterminer si la police a recouru à la force de manière excessive, en violation des normes internationales.
    Je demande instamment la libération de tous les étudiants arrêtés au cours de manifestations en décembre et en janvier à Addis-Abeba et dans la région amhara, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugés dans les meilleurs délais dans le cadre d’un procès équitable.

    Dans cette attente, veuillez recevoir, Monsieur le ministre, mes salutations distinguées.
    Clarisse bally

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  • Il est également possible, et utile, d’écrire à l’ambassade parisienne de l’Ethiopie :

    Ambassade d’Ethiopie -
    Son Excellence Mme Shalework Zewde -
    35, avenue Charles Floquet -
    75007 Paris

    Tél : 01.47.83.83.95 -
    Fax : 01.43.06.52.14 -
    Courriel : embeth free.fr

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  • Ethiopie : 42 personnes arrêtées et deux personnes tuées Le 24 février 2006 à 16:18 , par Chris

    Cela fend le coeur. Pourquoi tant de déchirures.Je soutiens Amnesty Internationale dans ce mouvement contre ces crimes

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  • pourquoi ce qui se passe en ethiopie n’est pas relaté dans les grands quotidiens ?

    est-ce que les chrétiens sont persécutés par un gouvernement musulman ?

    pourquoi la communauté internationale n’intervient pas ? est-ce politiquement incorrect ?

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