Crise de l’accueil : des enfants dorment dans la rue
Depuis plusieurs semaines, des centaines de demandeurs d’asile sont contraints de dormir dans la rue ; parmi eux, plusieurs enfants en bas âge. À la gare du Nord, quelques familles dorment la journée sur des cartons, emmitouflés dans des couvertures. Tous les soirs, à minuit, la police vient les déloger pour fermer la gare jusqu’à 4 heures du matin. Entre les deux, ces familles errent dans les rues. Cette situation est plus que dramatique, elle est intolérable. Depuis des mois, la Belgique ne respecte pas ses obligations internationales et est responsable de la violation des droits de nombreux hommes, femmes et enfants. Le soir 27/11
Philippe Courard en appelle aux infrastructures de la Protection civile pour l’accueil des demandeurs d’asile
Début du mois de novembre, le ministre de la Défense Peter De Crem avait annoncé la mise à disposition de 272 places dans quatre bâtiments de la caserne de Florennes. Une annonce sans conséquence sur le terrain puisque ces 272 places ne sont finalement pas du tout opérationnelles, explique-t-on au cabinet du Secrétaire d’État à l’Intégration sociale, Philippe Courard. « Sur les quatre bâtiments de la caserne de Florennes, l’un est déjà occupé, l’autre est insalubre et les deux derniers nécessitent d’importants travaux avant de pouvoir accueillir des gens ». Face à l’urgence de la situation, M. Courard a décidé de poursuivre ses sollicitations, en s’adressant cette fois à sa collègue de l’Intérieur Annemie Turtelboom dont dépend la Protection civile. « Il nous faut trouver d’urgence des bâtiments ou à défaut des sites sur lesquels on pourrait planter des tentes », indique encore le cabinet Courard. « Nous poursuivons également nos efforts du côté de la Défense et de la Régie des bâtiments en espérant débloquer la situation rapidement. » Mais si la réquisition de bâtiment public est possible en théorie, la procédure est loin d’être évidente, précise encore le cabinet. La libre 04/11
Un camp pour demandeurs d’asile au cœur de Bruxelles
Cinq organisations non gouvernementales - le Ciré, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières et Caritas International – ont ouvert un camp de réfugiés mercredi 18 novembre en plein cœur de Bruxelles pour protester contre le « manque évident de volonté politique » dans l’accueil des demandeurs d’asile. Le camp, situé dans le parc Gaucheret à Schaerbeek, était composé de douze tentes familiales et de trois tentes dispensaires. La bourgmestre, Cécile Jodogne, avait donné l’ordre à la police de ne pas intervenir. Les ONG déplorent que des personnes ayant légalement demandé l’asile en Belgique doivent dormir dehors. Selon ces organisations, plus de 900 demandeurs d’asile ne disposent pas de place d’accueil et s’apprêtent à passer l’hiver dans les rues. Des moyens ont été débloqués pour ouvrir de nouvelles places d’accueil en juillet 2010. Mais d’ici-là, les ONG s’inquiètent du sort des nombreux demandeurs d’asile sans abri. Des sites temporaires avaient été identifiés, mais une série de blocages et un manque de volonté politique empêchaient ces sites d’être réquisitionnés. Les cinq ONG ont appelé l’ancien Premier ministre Herman Van Rompuy ainsi que les ministres Turtelboom, De Crem, Reynders, Courard et Wathelet à « cesser de se rejeter la responsabilité et agir immédiatement pour réquisitionner les bâtiments libres ». Belga 18/11.
Lundi 23 novembre, les ONG ont fini par lever le camp. « Nous allons continuer à évaluer la situation sur le terrain et à examiner ce que les cabinets mettent réellement en place », a expliqué Malou Gay, directrice générale adjointe du Ciré. « Les mauvaises conditions climatiques et l’ultimatum des autorités communales, qui ne voulaient pas qu’on reste plus tard que ce lundi, nous ont poussé à lever le camp », a-t-elle ajouté. « Nous estimons aussi qu’un premier pas a été réalisé » avec l’annonce de la création de nouvelles places. En effet vendredi 20, le gouvernement annonçait le déblocage à court terme de 400 places provisoires et, à partir de décembre, de 450 places « structurelles » dans différents bâtiments publics. AFP 23/11
Sept passeurs interceptés à Bruxelles et Anvers
La police a intercepté sept passeurs présumés au cours de perquisitions opérées à Bruxelles et Anvers dans le cadre d’une enquête sur une organisation de trafic d’êtres humains. Les suspects ont été mis à la disposition du juge d’instruction De Coster. Une cinquantaine de sans-papiers ont été retrouvés, le plus souvent dans des caves aux conditions d’hygiène et de sécurité déplorables. Ceux-ci, d’origine indienne, payeraient entre 10 000 et 15 000 euros pour le voyage de leur pays natal jusqu’en Angleterre. Le soir 25/11
Deux lignes d’information sur la régularisation
L’opération de régularisation des sans-papiers, en cours depuis le 15 septembre 2009, prendra fin le 15 décembre prochain. Depuis quelques jours, des chiffres circulent sur le nombre probable de demandes et de décisions de régularisation. Pour le Forum Asile et Migrations (FAM), ce ne sont pas ces chiffres-là qui importent. À trois semaines de la date de fin d’introduction des dossiers, le FAM constate que les candidats à la régularisation, et en particulier les personnes qui disposent actuellement d’un titre de séjour temporaire, n’ont pas encore tous été bien informés sur les critères de régularisation. Malgré les efforts des ONG, des services sociaux et de certains services communaux, l’absence de campagne d’information émanant des autorités elles-mêmes se fait sentir. Ce qui a des conséquences importantes :
* de nombreuses personnes qui disposent actuellement d’un titre de séjour temporaire ne savent pas qu’elles peuvent demander un titre de séjour définitif sur base de l’instruction au cours de cette période -unique- de régularisation ; * de nombreuses demandes arrivent à l’Office des Étrangers via la mauvaise procédure et ne seront traitées que si elles sont à nouveau introduites correctement ; * les employeurs et les travailleurs ont besoin d’être informés sur la régularisation par le travail mais également d’être rassurés sur le fait qu’ils ne courent pas de risques à introduire une telle demande de régularisation ; * certaines personnes font encore preuve de méfiance concernant les intentions des autorités.
À trois semaines de l’échéance, il est plus qu’essentiel que les personnes concernées puissent obtenir une information correcte en matière de régularisation, afin de pouvoir introduire, à temps, un dossier complet. Pour plus d’informations sur la régularisation en cours et sur les services accessibles : www.cire.be ou www.adde.be. Ciré, communiqué de presse, 26/11




