Biélorussie : Frontex cherche à étendre ses activités
La Biélorussie est sur le point de signer un accord de coopération avec l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne, Frontex, affirme le Premier ministre Alexander Lukashenko. L’accord est d’une importance capitale pour la Biélorussie dont la frontière avec l’Europe mesure 1 200 kilomètres. Bien que cet accord ne soit pas encore signé, les services des frontières biélorusses et européens ont déjà mis en place une certaine collaboration : un échange d’information au sujet des tendances et problèmes rencontrés aux frontières communes. BelTA 01/10
Turquie :
- Hammarberg recommande de faire plus pour protéger les droits humains des minorités, demandeurs d’asile et réfugiés
Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a entamé un dialogue avec les autorités turques sur les droits des minorités, des demandeurs d’asile et des réfugiés. Dans son rapport sur les demandeurs d’asile et les réfugiés, le Commissaire appelle la communauté internationale et l’Europe à aider la Turquie à gérer les flux migratoires. Il recommande aux autorités turques d’aligner leur définition des réfugiés et des demandeurs d’asile sur les normes internationales et de faire le nécessaire pour mieux distinguer les demandeurs d’asile dans les flux mixtes de migrants. Le Commissaire appelle également les autorités turques à réviser la procédure de demande d’asile accélérée en tenant compte des normes du Conseil de l’Europe. Il exige, en outre, que des instructions claires soient données à la police des frontières et que la formation de tous ses agents soit renforcée. Enfin, il préconise d’intensifier l’action en faveur de la dignité des migrants et rappelle que la détention devrait rester exceptionnelle et durer le moins longtemps possible. Conseil de l’Europe, communiqué de presse 01/10
- Amnesty réclame le respect du droit des réfugiés de rentrer dans la dignité
Amnesty International demande aux autorités turques de permettre aux réfugiés turcs d’origine kurde de rentrer chez eux sans crainte de harcèlement ni de discrimination, tandis qu’ils commencent à quitter le camp de Mahmur dans le nord de l’Irak. Géré par l’ONU, ce camp accueille actuellement quelque 11 000 réfugiés qui ont fui la Turquie durant les années 1990 afin d’échapper aux atteintes aux droits humains perpétrées dans le cadre des affrontements armés opposant l’armée turque au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit. Amnesty International, communiqué de presse 23/10
Chypre :
- le nombre de décisions accordant l’asile chute brusquement
Selon les chiffres d’Eurostat, le nombre de décisions accordant l’asile à Chypre a brusquement chuté. Les statistiques pour le second quadrimestre 2009 montrent que 1 250 décisions concernant l’asile ont été prises, parmi lesquelles 1 010 demandes auraient été rejetées. Selon Eurostat, Chypre comprend une majorité de demandeurs d’asile provenant du Pakistan, du Sri Lanka, d’Inde, du Bengladesh et de Syrie. http://www.cyprus-mail.com/news/mai... 05/10
- un seul centre ouvert pour des milliers de demandeurs d’asile
Il n’existe qu’un seul centre d’accueil ouvert à Chypre alors que des milliers de demandeurs d’asile se trouvent dans le pays. Kofinou reception centre est le nom de ce centre où, dit-on, les conditions d’accueil y sont vraiment mauvaises. Le principe du centre est d’offrir logement et nourriture aux demandeurs d’asile, en particulier les familles et femmes célibataires, pour une courte durée. Les infrastructures nécessaires pour survivre y sont présentes, mais il semblerait que les conditions de vie difficiles du centre soient telles que personne ne veuille y rester trop longtemps. Migreurop, 05/10
Pakistan : action de retours volontaires d’immigrés afghans
Le Premier ministre pakistanais tente d’élaborer une stratégie pour assurer le retour complet, en janvier 2010, des réfugiés afghans vivant actuellement au Pakistan. Une commission de haut niveau a été mise en place, composée de plusieurs ministres, afin de finaliser le projet. En 2007, le Pakistan avait déjà élaboré un plan similaire, lequel n’avait pourtant pas pu être mis en œuvre vu la situation afghane de l’époque. Aujourd’hui le gouvernement pakistanais, avec l’aide du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), privilégie le retour volontaire de ces réfugiés en leur proposant $100 en plus de leur rapatriement. Daily times 05/10
ONU : plaidoyer en faveur de l’immigration
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé, lundi 05 octobre, un plaidoyer en faveur de l’immigration. Dans un rapport intitulé « Lever les barrières : mobilité et développement humains », l’agence de l’ONU entend « bousculer les idées reçues sur la migration ». « Lorsque la récession mondiale sera terminée, la demande de main-d’œuvre émigrée repartira à la hausse », écrit la responsable du rapport Jeni Klugman. « La récession représente justement une occasion toute particulière de faire avancer les débats et les réformes sur les politiques migratoires », ajoute-t-elle. Le PNUD, pour qui « vivre là où on souhaite est un élément clé de la liberté humaine », cherche à démontrer que les flux migratoires profitent à la fois aux migrants, aux pays d’origine et aux pays d’accueil. « Des enquêtes détaillées montrent que l’immigration augmente généralement l’emploi dans les communautés d’accueil, n’encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d’investissement dans les entreprises et les initiatives nouvelles », précise le PNUD. L’organisation préconise donc d’ouvrir les voies d’entrées existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés, et de garantir le respect des droits humains fondamentaux des migrants, notamment l’accès aux services d’éducation et de santé ainsi qu’au droit de vote. AFP 05/10, Le Monde 06/10, Le soir 09/10
Union européenne :
- projet d’accord-cadre entre l’UE et la Libye
L’eurodéputée belge Véronique De Keyser (PS) a dénoncé, mercredi 30 septembre, le projet d’accord-cadre entre la Commission européenne et la Libye, lequel permettrait, entre autres choses, le refoulement vers ce pays de tout migrant illégal intercepté en Europe ayant préalablement transité par la Libye. Selon Mme De Keyser, pareille pratique, qui reviendrait à construire « des camps aux frontières de l’Europe », serait « une honte pour l’UE vu l’état déplorable des droits humains dans ce pays » et l’incertitude sur les conditions de détention pour ces détenus. La Commission européenne réagit et réfute l’idée selon laquelle elle se prépare à instaurer un accord qui soit répréhensible et politiquement condamnable. Elle précise que « la position de la Commission, telle que traduite dans le projet de texte, est que le retour des personnes illégalement arrivées ou résidant dans le territoire de l’UE se fasse dans des conditions dignes et humaines et dans le respect du principe de non-refoulement ». Belga, 06/10
- controverse au Parlement européen sur le programme suédois pour l’immigration
Les eurodéputés ont débattu, jeudi 8 octobre, du programme de Stockholm proposé par la présidence suédoise de l’UE concernant la liberté, la sécurité et la justice en Europe. Ces projets, qui s’inscrivent dans la logique des politiques nationales suédoises progressistes, ont été salués par les eurodéputés libéraux, tandis que les Européens du sud les ont qualifiés de faibles notamment au regard de l’immigration. Ces derniers déplorent en effet que les questions de sécurité n’aient pas eu l’attention qu’elles méritent à leurs yeux. De son côté, le Réseau Européen des Libertés Civiles (réseau d’organisations travaillant sur les libertés civiles en Europe) désapprouve le programme de Stockholm car il aura pour effet d’étendre les contrôles militaires aux frontières, d’augmenter le nombre de politiques discriminatoires en matière d’immigration ainsi que de multiplier les régimes de surveillance proactifs. Selon le réseau, ces projets constituent une attaque aux droits humains et aux libertés civiles. EurActiv 12/10
- la Commission a présenté ses amendements à deux directives régissant le droit d’asile en Europe
Mercredi 21 octobre, la Commission européenne a présenté ses amendements aux deux directives « Qualification » et « Procédure ». En ce qui concerne première, la Commission propose une clarification des termes légaux utilisés pour définir les bases de la protection. Elle recommande également une meilleure considération pour les questions de genre ainsi que l’élimination des différences de droits reconnus aux réfugiés et aux bénéficiaires de la protection subsidiaire. Quant à la directive « Procédure », la Commission préconise la mise en place d’une seule procédure au sein de l’Union afin d’assurer la simplification et la rationalisation des procédures d’asile en Europe. En outre, la Commission réclame de plus grandes garanties procédurales, surtout en ce qui concerne les personnes les plus vulnérables. Ces propositions d’amendements doivent à présent être discutées par le Parlement européen et le Conseil, avant de pouvoir être définitivement adoptées. Europa 23/10
- projet de vols charter financés par l’UE
Les dirigeants européens ont décidé, vendredi 31 octobre, de lancer un projet de vols charters financés par l’UE pour l’expulsion vers les pays d’origine des migrants en situation irrégulière. Dans un document adopté à l’issue d’un sommet à Bruxelles, ils demandent « l’examen de la possibilité d’affréter régulièrement des vols de retour communs financés par l’agence Frontex ». Cette proposition de vols européens est directement inspirée par une demande française, soutenue par l’Italie. Vendredi, l’UE a invité sa présidence suédoise et la Commission européenne à intensifier le dialogue avec la Libye sur la gestion des migrations. À la demande de Paris et de Rome, l’UE a également affirmé que « les accords de réadmission » sont un moyen « important » de lutter contre l’immigration clandestine. Sur la base de ces accords, les Etats sont tenus de réadmettre sur leur territoire, sans aucune formalité, leurs ressortissants entrés clandestinement dans l’UE mais aussi les migrants ayant transité par chez eux. Toutefois, « ces accords soulèvent de nombreuses interrogations, du fait de leur opacité (peu d’informations données aux Parlements nationaux et à la société civile) et de leurs conséquences au regard du respect des droits fondamentaux des migrants », estime l’ONG Migreurop, qui regroupe plusieurs dizaines d’associations européennes et africaines. Libération 30/10, Agence Europe 31/10
Union africaine : l’Afrique se mobilise contre l’émigration clandestine
L’Union africaine veut se mobiliser contre l’émigration clandestine, considérée comme un trafic d’êtres humains, avec des politiques concertées au niveau du continent et un renforcement de la coopération avec les pays de destination des migrants. « Il n’y a aucune raison pour que nos jeunes aillent mourir en haute mer. Nous devons mener des politiques qui [leur] permettent d’avoir des perspectives d’avenir dans leur propre pays », a souligné la Commissaire aux Affaires sociales de l’Union africaine, Bience Gawanas. Il s’agit également pour les Etats africains d’améliorer les systèmes de protection sociale, de faire en sorte que la croissance soit génératrice d’emplois décents, et de favoriser le développement de l’économie informelle, principal secteur d’emploi sur le continent. Selon la Libre, il faut saluer cette salutaire prise de responsabilité de la part de l’UA, même si elle n’est encore qu’au stade théorique. La Libre 06/10
Congo :
- le HCR déconseille aux réfugiés congolais au Burundi le retour dans l’est de la RDC
En raison des opérations militaires en cours dans leur région d’origine, le HCR a conseillé aux réfugiés congolais vivant au Burundi de ne pas retourner au pays pour le moment. Les conditions ayant poussé les réfugiés à l’exil en juin et août 2004 ne se sont pas améliorées. En général, l’agence pour les réfugiés soutient le retour volontaire. Néanmoins, les conditions pour un rapatriement organisé vers l’est de la République démocratique du Congo ne sont pas réunies pour le moment, affirme le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic. Malgré ces avertissements, quelque 400 réfugiés congolais ont tenté de franchir la frontière burundo-congolaise, jeudi 08 octobre. Ils ont été directement stoppés par les services d’immigration de la RDC qui justifiaient leur action par des préoccupations sécuritaires pour ce groupe. HCR 06/10 et 09/10, La Libre 13/10
- l’Angola expulse de nombreux Congolais
Quelque 150 000 Congolais ont été expulsés d’Angola depuis décembre dernier. L’armée angolaise est coutumière du fait et traite avec beaucoup de violence les illégaux congolais : pillage de leurs biens, brutalités, marches forcées, viols, fouilles non hygiéniques, etc. Ces mauvais traitements ont plusieurs fois provoqué l’indignation de l’ONU. Le mois dernier, le mouvement aurait été accentué par des départs volontaires de Congolais d’Angola en raison, selon la Libre, d’une véritable chasse à l’homme dans ce pays. En réponse, le Congo a, à son tour, procédé à de nombreuses expulsions en force. Selon le HCR, plusieurs titulaires du statut de réfugié feraient partie des expulsés, ce qui place totalement ces individus en danger. Cette « guerre contre les migrants » ne profite pourtant à personne puisque l’économie des deux Etats souffre de leur départ : fermeture d’entreprises au Congo et inflation des prix en Angola. Mardi 13 octobre, il semble que les autorités aient convenu de mettre fin à cette escalade d’expulsions mutuelles, une décision saluée par le HCR. Les deux délégations ont convenu que les expulsions devaient désormais se faire sur base de concertation préalable. La Libre 14/10 et 16/10, HCR 20/10
Grèce :
- Human Rights Watch a rendu son rapport
Human Rights Watch (HRW) a rendu son rapport sur la Grèce ce lundi 12 octobre. L’association y dénonce les détentions abusives, les expulsions illégales, les mauvais traitements ainsi qu’un manque de procédure d’asile claire. Dans ses recommandations, HRW en appelle au nouveau gouvernement grec pour qu’il mette un terme à ces violations des droits humains. HRW 14/10
- huit morts dans le naufrage d’un bateau d’immigrants en mer Egée
Huit immigrants, dont cinq enfants, sont morts, mardi 27 octobre, dans le naufrage de leur barque, près de l’île de Lesbos (est de la mer Egée), alors qu’ils tentaient de gagner l’île. Les migrants ne disposaient pas de papiers d’identité et venaient de Turquie, selon toute vraisemblance.
Par ailleurs, 45 autres immigrants ont été repérés sur un petit îlot rocheux au sud de l’île d’Anafi, au sud de la mer Egée. Ils doivent être conduits à Santorin, plus au sud. Les garde-côtes ont entrepris des recherches pour repérer le bateau qui les a déposés, a indiqué le service de presse des garde-côtes, afin de sanctionner les passeurs. AFP 27/10
- fermeture du centre de rétention de Lesbos
La Grèce a annoncé, lundi 2 novembre, la fermeture d’un centre de rétention pour migrants situé sur l’île de Lesbos. Le HCR avait exigé la semaine précédente la fermeture de ce dernier, après une visite effectuée en ces lieux. Diverses organisations de défense des droits de l’homme avaient également dénoncé les conditions de détention dégradantes. Les immigrants du centre, au nombre de 900 environ, seront en principe transférés dans d’autres centres situés sur les îles voisines. JDD 02/11
- rapport du Norwegian Helsinki Committee et de la Norwegian Organisation for Asylum Seekers sur les expulsions
Le rapport du Norwegian Helsinki Committee et de la Norwegian Organisation for Asylum Seekers sur les expulsions opérées par la Grèce vers la Turquie, dénommé « Out the Back Door : illegal deportations of refugees from Greece », est sorti ce jeudi 22 octobre. Les organisations dénoncent les violations des droits fondamentaux des migrants qui y sont opérées et appellent les Etats européens à ne pas appliquer le règlement Dublin II pour des réadmissions vers la Grèce. Migreurop 02/11
Italie : acquittement dans le procès Cap Anamur
Mercredi 7 octobre, l’Italie acquittait les trois membres de l’organisation humanitaire allemande Cap Anamur. L’association était accusée d’avoir fourni une aide à l’immigration clandestine lorsque, en juin 2004, en route vers l’Irak pour livrer du matériel humanitaire, le bateau Cap Anamur avait repêché 37 migrants sur le point de se noyer au large de la Sicile et les avait conduits sur ladite île. Durant trois ans, les accusés n’ont cessé de protester, affirmant que le secours humanitaire ne devrait jamais être considéré comme un crime. Heureusement, ils ont fini par être entendus. BBC News 07/10
Thaïlande : la société civile se mobilise pour les droits des réfugiés
Des représentants de la société civile et d’organisations non gouvernementales de 19 pays de la région Asie et Pacifique se sont rencontrés en Thaïlande pour réfléchir aux moyens de plaider en faveur de l’amélioration des droits des réfugiés. « Dans la plupart des pays d’Asie, un contexte de vide juridique s’est développé en termes de droit et d’institutions de l’asile », a indiqué Raymond Hall, le délégué régional du HCR et le coordinateur régional pour l’Asie du Sud-Est. « Notre stratégie devrait consister à encourager les gouvernements pour qu’ils changent cette situation et qu’ils prennent une plus grande part de responsabilité concernant la protection des réfugiés ». Des groupes appartenant à l’APRRN (Asia Pacific Refugee Rights Network) font campagne pour mettre fin à la détention des réfugiés – un problème majeur dans de nombreux pays d’Asie – et pour essayer d’améliorer l’accès des réfugiés aux services essentiels, comme les soins de santé. Ils luttent également pour assurer l’accès des réfugiés à une aide juridique et pour promouvoir la mise en œuvre effective des droits des femmes. HCR 12/10
Mayotte : la chasse aux clandestins aggrave leur situation humanitaire
À Mayotte, la question des étrangers en situation irrégulière prend des proportions inédites. « Leur nombre est évalué au tiers de la population », observe Hubert Derache, préfet de l’île. Là-bas, la politique des reconduites à la frontière est véritablement musclée : fin septembre, 12 000 mesures d’éloignement avaient déjà été exécutées. Cette rigidité a malheureusement pour effet de diminuer l’accès aux soins de santé, affirme un porte-parole de Médecins sans frontières. Les personnes ne sortent plus, de peur d’être arrêtées sur le chemin. Pour échapper aux arrestations, nombre de sans-papiers se seraient réfugiés dans la forêt. Le Monde 14/10
Allemagne : 14 000 réfugiés kosovars vont être renvoyés dans leur pays
Quatorze mille, c’est le nombre de réfugiés kosovars en Allemagne qui vont être renvoyés dans leur pays. Tous avaient fui la guerre du Kosovo en 1999, et près de 10 000 d’entre eux sont des Tziganes. « Le texte d’un accord bilatéral sur ces retours a été mis au point », a affirmé, mercredi 13 octobre, le gouvernement allemand. Libération 15/10
Grande-Bretagne :
- des expulsés irakiens remis directement dans l’avion de retour en Grande-Bretagne
Plus de 30 demandeurs d’asile irakiens, expulsés à Bagdad par le Home Office, se sont vu refuser l’entrée dans leur propre pays. Ce coup, extrêmement embarrassant pour la politique d’immigration et d’asile du gouvernement britannique, paraît incomber à des ministres irakiens. Ces derniers auraient ordonné le retour des migrants en Grande-Bretagne, après que des officiers d’immigration de Bagdad aient soulevé la question de la légalité de l’expulsion. Dix autres demandeurs d’asile, se trouvant à bord du même vol, ont par contre été autorisés à entrer dans la capitale, dès lors qu’ils affirmaient avoir volontairement choisi de rentrer au pays. Le vol, à bord duquel se trouvaient 90 agents de sécurité britanniques, était le premier, depuis le début de la guerre en 2003, à renvoyer des demandeurs d’asile déboutés dans le sud de l’Irak. Avant le départ, plusieurs organismes de défense des réfugiés et des droits de l’homme avaient condamné le gouvernement britannique pour ce renvoi dans un pays en proie à des violences. De retour en Grande-Bretagne, les « Irakiens » ou « présumés Irakiens » ont été placés en détention. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que le gouvernement travaillait avec les autorités irakiennes pour permettre l’admission de tous en Irak et qu’il était déterminé à organiser un autre vol dès que possible. The Times 17/10
- Air Italy renonce à sa participation à l’expulsion d’Irakiens
Selon le journal britannique, The Independent, la compagnie aérienne italienne Air Italy aurait décidé de ne plus fournir d’avions au gouvernement britannique pour l’expulsion groupée d’Irakiens. Cette décision pourrait avoir été influencée par la campagne initiée contre la compagnie, suite au fiasco du dernier vol Londres-Bagdad. The independent 24/10
HCR : hausse de dix pourcents des demandes d’asile au 1er semestre 2009
Les demandes d’asile dans les pays industrialisés ont augmenté de 10% comparé à l’an passé au cours du premier semestre 2009, selon un rapport publié, mercredi 21 octobre, par le HCR. Les Irakiens, les Afghans et les Somaliens sont les plus nombreux à demander l’asile, précise le rapport. Le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a souligné que ces statistiques montraient que la violence et l’instabilité actuelles dans certaines parties du monde forçaient un nombre croissant de gens à fuir et à chercher protection dans des pays sûrs. « Il est vraiment nécessaire que les pays laissent les portes de l’asile grandes ouvertes à ceux qui ont véritablement besoin de protection internationale », a-t-il ajouté. HCR 21/10
Corée du Sud : les travailleurs migrants traités comme de la main-d’œuvre jetable
« Bien que des dispositions réglementaires destinées à protéger leurs droits aient été adoptées, un grand nombre de travailleurs migrants en Corée du Sud sont brutalisés, soumis à la traite à des fins d’exploitation sexuelle et privés de salaire durant de longues périodes », a indiqué Amnesty International dans un rapport publié ce mercredi 21 octobre 2009. La Corée du Sud a été l’un des premiers pays d’Asie à inscrire dans la législation les droits des travailleurs migrants. Mais cinq ans après l’entrée en vigueur du système relatif aux permis de travail, un grand nombre de ces travailleurs restent dans une situation difficile et sont toujours victimes de violations de leurs droits. Amnesty International, communiqué de presse 21/10
France/Royaume-Uni : expulsion groupée d’Afghans
Mardi 20 octobre, un avion en provenance de Londres et à destination de Kaboul a fait escale à Paris. À son bord, se trouvaient trois Afghans en situation irrégulière, interceptés à Calais, ainsi que vingt-quatre migrants arrêtés au Royaume-Uni. En décidant de renvoyer ces trois Afghans dans leur pays par un vol groupé, la France a pris un nouveau chemin. Depuis plusieurs années, les Afghans n’étaient plus expulsés du territoire français que rarement et au cas par cas. En novembre 2008 et début octobre 2009, la France avait déjà tenté d’organiser avec les Britanniques une expulsion conjointe de ressortissants afghans, avant d’y renoncer du fait de l’opposition de la Cour européenne des droits de l’homme qui, saisie en urgence, avait demandé de surseoir à ces retours forcés. Plusieurs parlementaires européens se sont indignés de cette expulsion. Au Royaume-Uni, par contre, aucune personnalité politique ne semble s’offusquer du rapatriement de migrants dans un pays en guerre. En 2008, cet Etat-membre aurait expulsé quelque 3 840 Afghans, selon l’ONG Refugee Council. Libération 22/10, Le Monde 22/10 et 23/10
La Commission va demander de plus amples informations à Paris et à Londres concernant ce rapatriement. D’après le commissaire européen, Jacques Barrot, deux conditions principales doivent être remplies en cas de retour forcé : aucune des personnes concernées ne devaient souhaiter obtenir un statut de protection internationale et aucune d’entre elles ne doit voir sa vie menacée en cas de retour dans son pays d’origine. « Chargée de faire respecter le droit communautaire, la Commission estime, sur base des renseignements dont elle dispose à l’heure actuelle, que ces deux conditions ont été remplies », a indiqué le commissaire français. Plusieurs personnalités politiques en Europe ne semblent pourtant pas de cet avis… Le Monde 21/10
Géorgie : l’UE lance un appel pour aider les personnes déplacées dans le conflit russo-géorgien
La Commission et le Parlement européen ont lancé, jeudi 22 octobre, un appel pour aider les personnes déplacées par ce conflit du mois d’août 2008. La Commission contribue déjà financièrement au redressement de la Géorgie. Plusieurs parlementaires européens ont cependant demandé que de nouvelles initiatives soient prises pour prouver le soutien total de l’Union européenne au retour à l’intégrité territoriale de cet Etat. Agence Europe 22/10
Irak : des retours involontaires dans le centre du pays sont contraires aux lignes directrices du HCR
Le HCR est préoccupé par le fait que certains pays européens ont commencé, ces derniers mois, à expulser de force des Iraquiens originaires de la région du centre de l’Iraq. Dans ses lignes directrices, publiées en avril dernier, le HCR avait souligné qu’en vue des sérieuses violations des droits humains et des incidents de sécurité continus survenant à travers l’Irak, les demandeurs d’asile originaires de ces gouvernorats devraient être considérés comme se trouvant en situation de réel besoin de protection internationale. HCR 23/10
Australie : le pays est confronté à un afflux de réfugiés
Alors que le nombre de boat people augmente en Australie, la question de l’immigration illégale ressurgit. Quelque 1 700 demandeurs d’asile sont arrivés par la mer cette année. Si, depuis 2007, le gouvernement de Kevin Rudd a effectué des changements majeurs en matière d’asile, beaucoup s’inquiètent de la mise en place d’une « solution indonésienne ». L’Australie semble en effet privilégier la coopération avec l’Indonésie, puisqu’elle aide déjà financièrement cet Etat pour la protection de ses frontières. Si l’Indonésie venait à prendre systématiquement en charge les demandeurs d’asile arrivés en Australie, cela pourrait violer le droit international. Le Monde 23/10
Canada : l’UE, mécontente des discriminations dans la politique canadienne des visas
Le 14 juillet dernier, le Canada décidait de réintroduire une obligation de visa pour les citoyens Tchèques, en raison d’une hausse des introductions de demande d’asile par des Roms provenant de Tchéquie. Le Commissaire européen, Jacques Barrot, a récemment réagi en affirmant que cette discrimination était inacceptable et que l’Europe devrait se montrer solidaire des citoyens tchèques. Vendredi 23 octobre, le Canada demandait à l’UE un dialogue constructif, plutôt que des menaces. Agence Europe 26/10
France : HRW sort son rapport sur les mineurs isolés étrangers dans les zones d’attente
Le rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW), consacré à la situation des mineurs isolés étrangers dans les zones d’attente françaises, a été rendu public ce jeudi 29 octobre 2009. L’organisation y dénonce une protection insuffisante de ces mineurs par les autorités françaises. Le rapport débute ainsi : « Certains de ces mineurs étaient des victimes de la traite des personnes, d’autres fuyaient des persécutions dans leur pays d’origine, et d’autres enfin arrivaient pour rejoindre des membres de leur famille. Au lieu de se voir accorder une protection, ils ont dû faire face à un certain nombre de problèmes, dont : des traitements dégradants de la part de la police ; une détention en zone d’attente avec des adultes, sans protection suffisante contre les membres des réseaux de traite ; des obstacles pour déposer une demande d’asile ». HRW 29/10
Espagne : les députés espagnols approuvent une réforme de l’immigration
La chambre basse du Parlement espagnol a approuvé, jeudi 29 octobre, une réforme de la législation sur l’immigration qui durcit les conditions du regroupement familial et allonge la période de rétention pour les clandestins. Le projet de loi a été adopté par 185 voix contre 146 et quatre abstentions au Congrès des députés. L’opposition conservatrice a voté contre, jugeant le texte pas assez dur. Un des points les plus controversés du projet de loi concerne l’allongement à 60 jours, au lieu de 40 actuellement, de la période pendant laquelle la police peut garder en rétention des immigrants en situation irrégulière interceptés à leur arrivée dans le pays. Les autorités auraient ainsi plus de temps pour les identifier et les expulser. Le texte durcit également les conditions du regroupement familial pour les immigrés en situation régulière. Si ce projet de loi venait à être définitivement adopté, seuls les immigrés vivant en Espagne légalement depuis au moins cinq ans pourront faire venir les membres de leur famille. Nouvel Observateur 29/10.




