Royaume-Uni : un « permis à points » pour devenir britannique
Le ministère de l’Intérieur a révélé les détails de sa réforme de la naturalisation, qui prévoit un nouveau système d’évaluation. « Les immigrants devront désormais gagner leur nationalité britannique. » C’est l’idée phare du « Borders, Citizenship and Immigration Act 2009 » approuvé par le Parlement britannique le mois dernier. La grande nouveauté de cette loi est la mise en place d’un système de points qui permettra ou non à un immigrant d’obtenir la nationalité britannique en fonction de ses compétences, son travail et ses connaissances. Les mauvais comportements seront désormais sanctionnés. Acquérir la nationalité sera donc plus difficile et surtout la procédure sera plus longue, avec des délais qui pourraient atteindre dix ans. Jusqu’à maintenant, la naturalisation s’obtenait automatiquement après cinq ans passés à travailler dans le pays. Les seules conditions qui s’imposaient étaient l’apprentissage de l’anglais, le paiement des impôts et l’obéissance à la loi. On ne connaît pas encore les critères exacts qui permettront l’obtention ou le retrait des points. Le gouvernement a lancé une grande consultation à ce sujet. Ainsi l’argent apporté au moment de l’installation, le parcours professionnel ou le volontariat pourraient être des éléments créditeurs, alors qu’une condamnation au cours du séjour ou un comportement antisocial pourraient coûter des points. « Nous pensons qu’il est juste de demander à un nouveau citoyen allégeance aux règles du pays et qu’il est donc normal d’essayer de définir objectivement ses règles », a expliqué Phil Woolas, le ministre britannique de l’Immigration. Mais déjà des voix s’élèvent contre la définition de ce que sera un « mauvais comportement » pouvant mener à la disqualification de certains candidats. Selon The Guardian, le gouvernement pourrait ainsi décider de punir des immigrants qui auraient participé à des manifestations contre la guerre. Interrogé par la BBC, Phil Woolas a avoué du bout des lèvres que des points pourraient en effet être supprimés pour certaines activités légales. « Le fait que protester contre l’action du gouvernement empêche l’obtention de la nationalité anglaise est très bizarre. C’est comme dire à un candidat : vous devez refréner votre liberté de parole pour pouvoir en profiter pleinement quand vous serez britannique », a commenté Keith Best, membre du service de conseil à l’immigration. Le Figaro, 04/08 http://www.lefigaro.fr/internationa...
- Deux acteurs iraniens des « Chats persans » demandent l’asile
Deux jeunes acteurs et musiciens jouant dans le film « Les Chats persans » du cinéaste iranien Bahman Ghobadi, primé cette année à Cannes, ont réclamél’asile politique à la Grande-Bretagne après l’arrestation en Iran d’un membre de leur groupe, a rapporté The Independent. Ashkan Kooshanejad, 24 ans, et sa petite amie Negar Shaghaghi, 23 ans, jouent deux rôles titres dans ce film aux allures de documentaire sur la scène musicale underground de Téhéran, co-lauréats du Prix spécial « Un Certain Regard » du festival de Cannes. Les deux jeunes gens étaient arrivés en Grande-Bretagne en janvier avec un visa de six mois pour faire la promotion du film. « C’est très risqué pour eux de retourner en Iran maintenant : il est probable qu’ils vont être poursuivis en justice, comme le suggère l’arrestation de leur batteur », a déclaré leur avocat Ali Rahimi. Ali Ghomashchi, le batteur du groupe, âgé de 25 ans, a été arrêté quelques jours après être rentré en Iran pour soutenir sa famille, ayant appris que sa sœur avait été molestée et arrêtée durant les manifestations post-électorales de l’opposition, a affirmé Kooshanejad. « Nous n’avons pas entendu parler de lui depuis plusieurs semaines, pas plus que sa famille, à qui on n’a pas dit où il était détenu ni de quoi il était inculpé », a-t-il déclaré. Kooshanejad et Shaghaghi disent avoir déjà été brutalisés et emprisonnés par le passé en Iran, pour avoir organisé un concert. Bahman Ghobadi, le réalisateur de ce film dénonçant la répression qui frappe les jeunes musiciens iraniens, avait lui-même été arrêté puis incarcéré pendant une semaine début juin, après avoir passé la frontière entre l’Iran et le Kurdistan irakien. AFP, 08/08 http://www.google.com/hostednews/af...
- Les ministres britanniques, critiqués pour la détention d’immigrants mineurs
Les ministres britanniques sont montrés du doigt : des centaines d’enfants sont recensés dans les centres de détention, comme le révèlent les chiffres officiels. Pour la première fois, on dénombre 470 immigrants mineurs, détenus avec leur famille, dont la plupart auraient moins de cinq ans. D’après le Guardian, le Royaume-Uni détient le triste record en Europe du plus grand nombre d’enfants détenus. Les quelques chiffres divulgués par le ministère de l’Intérieur montrent qu’un tiers des mineurs ont été enfermés, sans raison légale, pendant plus de 28 jours. Cela signifie que, à chaque fois, le ministre compétent a dû signé une autorisation afin de prolonger leur détention. Sheila Melzak, une psychothérapeute spécialisée en thérapies pour enfants, affirme que ces mineurs présentent souvent des problèmes alimentaires, troubles du sommeil et difficultés d’apprentissage. Les groupes de soutien aux familles profèrent que l’Agence des frontières et de l’immigration du Royaume-Uni a failli à son devoir de ne détenir les enfants qu’en dernier ressort et pour une durée la plus courte possible. The Guardian, 30/08 http://www.guardian.co.uk/uk/2009/a...
Union européenne : L’UE en panne de solidarité face aux clandestins
La présidence suédoise de l’Union européenne va tenter de proposer, dès septembre, des avancées dans le dossier empoisonné de l’immigration. La Suède, présidente de l’UE et fière de sa tradition d’accueil, a quatre mois pour réussir là où beaucoup d’autres ont failli : mettre sur les rails une politique européenne crédible face à un afflux de réfugiés qui, via la Méditerranée, ne cesse d’enfler. Le drame humain, marqué par la récente noyade de plusieurs dizaines de clandestins érythréens au large de l’île italienne de Lampedusa, se heurte de plein fouet à la réalité politique : la crise économique, la montée du chômage et le virage à droite des opinions européennes ne poussent ni à l’ouverture ni à la sérénité du débat sur l’immigration. Stockholm et le commissaire français à la Justice, Jacques Barrot, ont pourtant décidé de proposer, dès septembre, une avancée sur deux chapitres clefs de ce dossier empoisonné. D’abord, la réinstallation dans le reste de l’Europe - et au bon vouloir de chaque capitale - d’une partie des irréguliers échoués au sud de l’Italie, en Grèce, en Espagne, à Chypre et à Malte. La France avait ouvert la marche le 9 juillet, en réinstallant sur son sol 91 Somaliens, Érythréens, Soudanais, Sri-lankais et Ivoiriens à qui Malte avait accordé une protection juridique en raison des risques encourus dans leur pays. Paris compterait renouveler ce geste de « solidarité » en 2010, tandis que la Commission va tenter de l’étendre à toute l’Union. Malte fixe un objectif de 2 000 réfugiés à réinstaller, même si « quelques centaines, ce serait déjà bien ». La Commission a déjà envisagé trois formules. Soit un groupe de pays présente un projet commun, avec un possible État leader et le soutien éventuel d’une organisation internationale, comme le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Soit un pays décide d’agir seul, à l’instar de la France, mais « s’il s’agit de réinstaller seulement cinq réfugiés dans un État donné, il n’y aura pas d’intérêt à présenter un projet », prévient la Commission en soulignant qu’un pays isolé ne pourrait ne pas être éligible au Fonds européen pour les réfugiés que Bruxelles veut mobiliser. Soit, enfin, les États, seuls ou en groupe, agissent avec le HCR ou l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui tous deux ont dit vouloir jouer un rôle actif. La France, précise la Commission, avait eu recours à certains services de l’OIM (santé, orientation culturelle, formation linguistique, transports). Quoi qu’il en soit, les 27 pays membres de l’Union devront se prononcer mi-septembre, puis un appel à projets sera lancé avant la fin du mois, permettant d’ouvrir la procédure pour les aides à venir.
Mais pour la présidence suédoise, il faut aussi mettre sur pied une politique d’asile « plus efficace ». Le droit européen n’impose que des normes minimales de protection. Stockholm veut s’atteler à une harmonisation de lois nationales. Ce serait le pendant logique de l’espace de libre circulation ouvert par l’Europe de Schengen. L’an dernier, quelque 70 000 clandestins ont traversé la Méditerranée dans l’espoir de forcer la porte de l’UE. Pour l’heure, l’impasse sordide des camps au Sud et le refus du Nord de se laisser imposer un « partage du fardeau » donnent une piètre image de l’Europe après ses sermons sur Guantanamo. Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU a demandé la fermeture immédiate d’un centre de l’île grecque de Lesbos, où s’entassent hommes, femmes et enfants. En Italie, à Chypre ou à Malte, d’autres centres d’accueil essuient la dénonciation régulière des ONG. « On ne peut pas continuer à traiter les gens comme ça ! », insiste un haut responsable européen.
En première ligne, face aux boat people venus d’Afrique et du Moyen-Orient, les pays méditerranéens de l’UE ont beau jeu de dénoncer l’absence de solidarité du reste de l’Europe. « Nous entendons de belles paroles, mais l’Europe ne nous a toujours pas dit que faire quand une vague d’immigrants s’abat sur nos côtes », répète Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne et prédécesseur de Jacques Barrot à Bruxelles. Les textes européens en vigueur entretiennent eux-mêmes l’afflux des irréguliers et la regrettable division des Européens. Pour demander le statut de réfugié, il faut atteindre physiquement l’UE. Faute d’un visa, le plus souvent refusé, reste l’entrée « en douce ». Voilà pour l’afflux sur la façade maritime de l’UE. Une fois sur place, le droit d’asile n’est reconnu que par le pays qui a accordé sa protection. Résultat : même régularisés, les immigrants restent parqués au Sud. Pour eux comme pour le droit, l’Europe reste un inextricable labyrinthe. AFP, 11/08 http://www.lefigaro.fr/internationa... ; Le Figaro, 26/08 http://www.lefigaro.fr/internationa...
Canada : le flot de réfugiés est jugulé par l’introduction des visas
L’imposition d’un visa aux voyageurs mexicains a eu l’effet escompté : le nombre de Mexicains demandant l’asile au Canada a fondu comme neige au soleil. Seulement 17 personnes ont réussi à déposer une demande de statut de réfugié depuis le 16 juillet. « À titre de comparaison, nous avions eu 225 demandes dans les deux semaines précédant l’imposition du visa », explique Kelli Fraser, porte-parole du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. La mesure s’est avérée être encore plus efficace à l’encontre des ressortissants tchèques : le nombre de demandes de statut de réfugié déposées a été réduit à seulement trois au cours des 30 jours qui ont suivi le 16 juillet. Deux semaines avant l’entrée en vigueur de l’imposition des visas, 155 demandes de statut de réfugié avaient été déposées. Un porte-parole du ministère de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, Nicholas Fortier, a indiqué mercredi que le Canada n’avait pas l’intention de revoir sa décision concernant l’imposition de visas aux ressortissants de la République tchèque. Le Devoir, 12/08 http://www.ledevoir.com/2009/08/12/... ; Google News, 19/08 http://www.google.com/hostednews/ca...
- L’ancien enfant-soldat birman ne sera pas déporté
La cour fédérale avait tranché : le jeune homme allait être déporté dans son pays d’origine. Nay Myo Hein devait être renvoyé vers son pays d’origine, le Myanmar. Le tribunal n’avait pas retenu les allégations de Nay Myo Hein selon lesquelles il pourrait être emprisonné, torturé et même tué s’il était forcé d’être rapatrié. Mais les ministres de l’Immigration, Jason Kenney, et le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, se sont mis de la partie et ont accepté de permettre à l’homme de 25 ans de rester au pays pour des raisons humanitaires. L’organisation « Les amis canadiens de la Birmanie », qui a remercié les deux ministres pour leur intervention, a soutenu que Nay Myo Hein avait fui le service militaire obligatoire à 13 ans et avait passé les huit années suivantes à se terrer, avant de se réfugier au Canada il y a deux ans. S’il était retourné au Myanmar, sa vie aurait été en « grand danger », car il a participé à des manifestations contre la junte militaire birmane et qu’il est devenu un membre actif du mouvement démocratique en exil. Selon Amnesty International, le seul fait de demander le statut de réfugié dans un autre pays est considéré comme un embarras pour les autorités du Myanmar. Pour l’avocat du jeune birman, le cas de Nay Myo Hein aurait pu être bien différent s’il avait pu bénéficier de l’aide juridique au moment de remplir sa demande de réfugié. Radio-Canada, 16/08 http://www.radio-canada.ca/nouvelle...
Russie-Géorgie : demandeurs d’asile de part et d’autre
Dans la nuit du 1er au 2 juillet, le soldat russe Dmitri Artemiev a quitté son unité, stationnée dans le village de Perevi en Ossétie du Sud (Région militaire du Caucase du Nord). Il a franchi la frontière entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud et demandé l’asile aux autorités géorgiennes. « Le 4 août, le ministère géorgien pour les Réfugiés a octroyé le statut de réfugié à Dmitri Artemiev. A l’étape initiale, le ministère et la représentation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) accorderont au soldat Artemiev une assistance financière afin qu’il puisse, par la suite, s’installer et trouver du travail en Géorgie », a indiqué M.Kokaïa, représentant du ministère. Un porte-parole de l’ombudsman de Géorgie a fait savoir que la Géorgie a refusé de donner suite à la demande faite par la Russie d’extrader Artemyev et a décidé de lui accorder l’asile. Artemyev est le second déserteur de l’armée russe à avoir été reconnu réfugié par la Géorgie.
La Russie, quant à elle, a fait savoir que le nombre de Géorgiens ayant demandé l’asile en Russie s’élevait à plusieurs centaines de personnes. « Nous constatons une nette croissance du nombre des demandeurs d’asile géorgiens qui craignent les persécutions dans leur pays », a déclaré la directrice adjointe du Service fédéral des migrations Ekaterina Egorova. Elle s’est abstenue de citer le chiffre exact, mais a ajouté qu’ils « se comptaient par centaines ». Selon Mme Egorova, ces personnes ne sont pas considérées comme des réfugiés politiques, car « l’octroi de l’asile politique est une procédure très compliquée qui requiert une décision spéciale du chef de l’Etat ». RIA Novosti, 13/ 08, 25/08 http://fr.rian.ru/society/20090813/..., http://fr.rian.ru/world/20090825/12... ; Radio Liberté, 27/08 http://www.rferl.org/content/Georgi...
Danemark : la police s’empare par la force de dix-neuf demandeurs d’asile irakiens, réfugiés dans une église
L’arrestation, dans la nuit du 12 au 13 août, de dix-neuf demandeurs d’asile irakiens, réfugiés depuis mai 2009 dans l’église Brorson, à Copenhague, divise les Danois : 54 % d’entre eux estiment, selon un sondage de la radio danoise, que l’action de la police, jugée violente par de nombreux témoins, était légitime et normale. Mais 12 000 manifestants ont défilé calmement dans la capitale danoise pour condamner l’action des autorités, considérée comme « non danoise » par plusieurs responsables politiques de l’opposition de gauche. Le gouvernement de droite danois, soutenu par l’extrême droite, avait décidé, au printemps, de renvoyer 282 demandeurs d’asile irakiens. Le 13 mai, le Danemark avait signé un accord avec l’Irak permettant le renvoi de demandeurs d’asile expulsables. Après cela, des dizaines d’Irakiens, parmi lesquels de nombreuses familles, avaient cherché refuge dans l’église. Le sort des demandeurs d’asile arrêtés demeure incertain. « Les autorités irakiennes ne veulent accepter que trois des dix-neuf demandeurs d’asile », a déclaré le commissaire Hans-Viggo Jensen, chef du département étrangers de la police danoise. La raison en est que l’identité des autres ne peut être certifiée. Selon Mone Rosenberg, du réseau Eglise asile, « le gouvernement danois veut continuer à montrer que le Danemark n’est pas un pays où les étrangers sont les bienvenus ». De nombreux Danois s’inquiètent, de fait, des décisions européennes en faveur de la réunification familiale ou de l’accueil d’immigrés arrivés par la mer, et qui leur donnent à croire que l’Union européenne (UE) veut les obliger à accepter plus d’étrangers. Sur les 282 Irakiens qui devaient être expulsés depuis ce printemps, la moitié a été renvoyée en Irak, selon la police. La plupart de ceux qui ont disparu ont probablement tenté leur chance en Norvège, en Suède et en Allemagne. Le Monde, 14/08 http://www.lemonde.fr/europe/articl...
Angola : plus de 100 000 Congolais expulsés depuis le début de l’année
Depuis plusieurs années, l’Angola procède à des expulsions massives de ressortissants congolais habitant illégalement sur son territoire. L’ampleur de ces expulsions varie d’année en année, mais, selon un document interne de l’ONU obtenu par plusieurs organes de presse, elles auraient repris de plus belle depuis décembre 2008. En six mois, près de cent quinze mille personnes, en majorité citoyens de la République démocratique du Congo, ont ainsi été forcées de quitter l’Angola dans des conditions souvent « dégradantes », selon les Nations Unies. Depuis 2004, ce chiffre atteindrait les trois cent cinquante mille. Les expulsions se font dans le cadre d’une opération militaire angolaise visant à lutter contre le trafic illégal de diamants. La majorité de ces expulsés étaient des gens venus travailler dans les mines, beaucoup illégalement, mais certains possédant des papiers en règle. Mohamed Touré, responsable régional du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), dénonce la manière dont sont menées ces expulsions. « Tout Etat a le droit de réguler l’immigration illégale sur son territoire. Le problème est dans la façon dont sont traités les expulsés », explique-t-il à Radio Okapi. « Nous déplorons le caractère inhumain de ces expulsions », ajoute-t-il, faisant état de « violations horribles des droits de l’homme ». De nombreux observateurs ont en effet recensé des exactions à l’encontre des expulsés : dépossessions de biens, arrestations arbitraires, viols, fouilles poussées. Dès 2004, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) à Kinshasa parlait de violations des droits de l’homme « extrêmement graves ». « Les femmes ont été systématiquement battues et violées. La plupart d’entre elles ont été invitées à choisir entre leur vie sauve et celle de leurs propres enfants. Certaines mères ont été forcées de jeter leurs enfants dans la rivière », confiait alors à RFI Isaac Gilbert Gitelman, représentant d’OCHA. Face à cette situation, les Nations unies tentent d’organiser une réunion au plus haut niveau entre l’Angola et la République démocratique du Congo. La représentante onusienne en Angola, Jocelline Bazile-Finely, s’est entretenue récemment avec des hauts responsables angolais pour, selon un responsable de l’ONU sur place, « mettre en place un dialogue entre les deux gouvernements ». Le Monde, 20/08 http://www.lemonde.fr/afrique/artic...
Italie : 73 migrants périssent en mer, faute d’assistance
Le 28 juillet, une embarcation est partie de Libye sans être repérée par les patrouilles italo-libyennes chargées de la « protection » des frontières. Les passeurs ne l’avaient pourvue que de six jours de carburant. Pendant une vingtaine de jours, ils sont restés à la dérive entre l’Italie et la Libye. Les migrants sont morts de faim et de soif. Des 78 candidats à l’immigration, on compte seulement cinq rescapés. Selon les témoignages des rescapés, ils ont croisé une dizaine de bateaux. Les autorités n’auraient pas été mises au courant et n’auraient pas repéré l’embarcation de quinze mètres. L’opposition de gauche réclame des explications. Cette zone méditerranéenne est l’une des plus patrouillées du monde. On y trouve des bateaux de pêche, des yachts, et les patrouilles italo-libyennes pour repousser les embarcations des clandestins. Selon les témoignages des émigrants, l’embarcation, à la dérive pendant 23 jours, aurait croisé de nombreux bateaux sans qu’aucun ne leur porte secours. « Nous ne croyons pas à ce qu’il se passait, raconte Hampton à la Repubblica, Érythréen de dix-sept ans et le plus jeune des rescapés. Les hommes de ce bateau de pêcheurs ont vu que nous étions en train de mourir, mais ils ne nous ont pas emmenés à bord. Ils n’étaient pas italiens, ils parlaient anglais. Nous espérions qu’au moins ils donnent l’alarme (…). Mais nous sommes restés en mer pour d’autres jours (…). Avec nous, Dieu a été bon, mais tous les autres ne sont plus là. Nous les avons jetés en mer, comme les précédents. » Puis, le bateau avait été intercepté par la marine maltaise qui leur a indiqué la direction pour Lampedusa. Recueillis par la marine italienne, à 12 miles nautiques de l’île de Lampedusa, au sud de la Sicile, ils sont sous le coup de poursuites pour le délit d’immigration clandestine, bien que venant de pays pour lesquels ils sont en droit de faire une demande d’asile.
Les autorités maltaises ont émis des doutes quant à la version des rescapés. Un porte-parole des forces armées a indiqué que les immigrants n’avaient pas été considérés en situation de détresse lorsqu’ils avaient refusé l’assistance d’une vedette de la marine maltaise qui les avait abordés lors de leur passage dans la zone de recherche et de secours sous responsabilité de Malte. « Comme si la peur prévalait sur le devoir de porter assistance en mer », a déclaré Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). « Une chose est la lutte contre l’immigration clandestine, une autre est le manque de respect des droits de l’Homme », a déclaré Dario Franceschini, secrétaire du Parti Démocrate, principal parti de l’opposition.
La droite a fait bloc derrière le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi qui a signé un accord, entré en vigueur le 1er mai, avec les autorités libyennes pour empêcher les départs par la mer des clandestins. Une loi, entrée en vigueur début août, considère en outre l’immigration clandestine comme un délit. Le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, du parti anti-immigrés Ligue du nord, a demandé une enquête sur cette affaire au préfet d’Agrigento (Sicile). L’accord italien avec la Libye, d’où part l’immense majorité des immigrés clandestins vers la Sicile, a été condamné par les organisations de défense des droits de l’homme, le Haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR), l’Eglise catholique italienne et le Vatican, au motif que des demandeurs d’asile pourraient se trouver parmi les migrants. Depuis son entrée en vigueur, 1.116 arrivées ont été recensées, soit le dixième du chiffre enregistré durant la même période l’année précédente. Du 1er janvier au 19 août 2009, 2.548 migrants ont débarqué à Lampedusa, contre 14.905 sur la même période 2008. Le point, 21/08 http://www.lepoint.fr/actualites-mo... ; L’Humanité, 24/08 http://www.humanite.fr/2009-08-24_I...
- l’Église contre l’indifférence au sort des migrants
Avvenire, le quotidien de l’Eglise italienne, s’insurge dans son édition contre « les yeux fermés » de « l’Occident » sur l’immigration clandestine. Un éditorialiste du journal opère un parallèle avec l’indifférence face aux convois de déportés par les nazis, après le sauvetage de cinq Erythréens qui affirment que 73 autres sont morts en mer. Le quotidien de la Conférence des évêques italienne, déplore en première page, « la nouvelle loi du non voir » qui est « comme une habitude », en évoquant l’odyssée des migrants aperçus, « au moins de loin », par d’autres embarcations durant leur 23 jours de voyage, comme des rescapés ont pu en témoigner. « Quand, aujourd’hui, nous lisons les récits sur les déportations des juifs sous le nazisme, nous nous demandons : sûrement, les populations ne savaient pas. Mais ces convois plombés, les voix, les cris dans les gares de transit, personne ne les voyait ou ne les entendait ? A l’époque, c’était le totalitarisme et la terreur qui faisaient fermer les yeux. Aujourd’hui, non. Une indifférence tranquille, résignée, peut-être même une aversion gênée, sur la Méditerranée. L’Occident aux yeux fermés », dit-il. « Cinq naufragés nous parlent de fils et de maris morts de soif après des jours d’agonie », relève-t-il. Pour le journal, « aucune politique de contrôle de l’immigration ne permet à une communauté internationale de laisser un bateau chargé de naufragés à son destin. Il existe une loi de la mer, bien plus ancienne que celle codifiée par les traités. Et elle ordonne : en mer, on porte secours ».
« Après, sur terre, d’autres lois entrent en jeu : droit d’asile, accueil, refus. Mais les vies, cela se sauve », insiste-t-il. « A l’inverse, ce bateau vide (...) parle (...) d’une autre loi. Ne pas s’arrêter, continuer sa route ». Et le fait de « violer » cette « ancienne » loi « menace nos racines fondamentales. L’idée de ce qu’est un homme et de combien il est précieux ». Nouvelobs 21/08, http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...
- 57 migrants érythréens secourus au large de Lampedusa
Cinquante-sept migrants érythréens ont été secourus par une vedette de la police financière italienne au large de l’île de Lampedusa. Les migrants ont été récupérés à une vingtaine de kilomètres au sud de Lampedusa et leur embarcation aurait été escortée jusque dans les eaux territoriales italiennes par un bateau maltais, selon l’agence italienne Ansa. Toujours selon l’Ansa, certains des clandestins portaient un gilet de sauvetage de l’armée maltaise, un détail qui pourrait relancer la polémique née ces derniers jours entre Rome et La Valette, après le sauvetage par les autorités italiennes de cinq Erythréens qui avaient perdu 73 des leurs lors de la traversée depuis les côtes africaines. AFP, 25/08
- Refoulement vers Tripoli des clandestins
Les autorités italiennes ont refoulé vers les côtes libyennes 75 immigrés clandestins dont l’embarcation avait été interceptée à une quarantaine de kilomètres de la Sicile (sud), en vertu d’un accord controversé avec Tripoli. Le zodiac des 75 clandestins, dont 15 femmes et trois mineurs, avait été repéré par une vedette de l’armée maltaise. Plusieurs vedettes des garde-côtes italiens les ont interceptés à 44 km au sud des côtes siciliennes et les ont fait monter à bord d’un patrouilleur de la police financière, qui est aussitôt parti en direction de la Libye. Depuis la mise en œuvre de cette nouvelle politique de refoulement immédiat, les débarquements de migrants en provenance de Libye ont pratiquement cessé. Le responsable au Sénat du parti de Silvio Berlusconi, Maurizio Gasparri, a affirmé que les débarquements de clandestins en Italie avaient « diminué de 94% » depuis cet accord. Près de 37.000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes en 2008, soit une hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère de l’Intérieur. L’immense majorité d’entre eux avaient embarqué en Libye. AFP, 30/08
États-Unis : 82 341 immigrants mexicains rapatriés
Les immigrés clandestins mexicains aux États-Unis ont été jusqu’ici 82 341 à bénéficier du programme de rapatriement volontaire, mis en place pendant l’été à la frontière en 2004 par les deux gouvernements, a annoncé le ministère mexicain des Affaires étrangères. Ils ont été 18 465 en 2008, a précisé le ministère, indiquant que le programme 2009 avait commencé le 21 août. Ce programme offre aux immigrants clandestins, arrêtés aux États-Unis près de la frontière un rapatriement aérien gratuit depuis l’aéroport de Tucson, en Arizona, jusqu’à Mexico puis, leur lieu de départ. Le programme 2009 prévoit deux vols quotidiens. Cette mesure vise à « réduire les pertes de vies humaines pendant la période de grande chaleur dans le désert et à combattre en même temps les réseaux du trafic de personnes dans cette zone de la frontière », explique le ministère mexicain. La frontière de l’Arizona, désertique, est devenue un point de passage de recours pour les clandestins mexicains depuis le renforcement des contrôles américains aux points les plus courus, comme la Californie. Les clandestins appréhendés aux États-Unis et qui ne veulent pas bénéficier du programme sont emprisonnés par les services d’immigration, pour être éventuellement rapatriés plus tard selon la législation américaine en vigueur, a rappelé le ministère mexicain. Cyberpresse, 23/08 http://www.cyberpresse.ca/internati...
France : évacuation des exilés afghans du square Villemin
Le 18 août, 200 Afghans ont été évacués du square Villemin à Paris. L’action était concertée entre la municipalité, la préfecture de Paris et la préfecture de police. Quatre bus attendaient les exilés pour les transporter vers le centre d’hébergement « La Boulangerie » où 80 places ont été réservées pour une semaine. Les affaires des 200 exilés ont été rassemblées dans un unique container poubelle par le service de nettoyage de la mairie. « Il y a eu des maladresses », souligne pudiquement Dominique Bordin, coordinateur des actions opérationnelles à la Mairie de Paris.
Depuis 2005, le nombre de réfugiés de passage n’a cessé d’augmenter dans le parc municipal. En avril, un Afghan a trouvé la mort à la suite d’une rixe entre migrants. Les bagarres collectives, qui ont eu lieu les 11 et 12 août, ont précipité la décision d’évacuer le square Villemin et d’en interdire définitivement l’accès la nuit. Des altercations ont eu lieu avec les agents de sécurité de la ville. « Les limites ont été franchies, explique Rémi Féraud, maire (PS) du 10e arrondissement. C’était devenu un vrai camp de réfugiés avec une organisation et une hiérarchie. » Le square Villemin est le point de rencontre des exilés afghans, exclusivement des hommes, en transit vers la Grande-Bretagne ou le nord de l’Europe. « Depuis la fermeture du centre de réfugiés à Sangatte en 2002, le square Villemin est réellement devenu une base de repli : dès que cela se durcit à Calais, ils affluent à Paris où ils prennent leur temps pour partir », explique Dominique Bordin. Les Afghans ayant tous des téléphones portables, la communication entre Paris, Calais et Londres ne s’interrompt jamais. Mais tous les exilés n’ont pas pour objectif de rallier la Grande-Bretagne. Certains souhaitent rester à Paris. Soixante-dix d’entre eux, selon France Terre d’asile, seraient même répertoriés comme demandeurs d’asile. « Dire qu’ils sont en transit pour justifier de ne pas leur trouver des solutions d’hébergement est faux pour la majorité d’entre eux ! », s’exclame Jean-Michel Centres, membre du collectif de soutien des exilés du 10e arrondissement. « Mettre des exilés en position d’errance la nuit est la politique du pire. » Du côté de la préfecture de Paris, on considère que ces exilés sont des sans domicile fixe qui relèvent du dispositif d’hébergement d’urgence. Aucune solution pérenne n’a donc été trouvée. Le Monde, 27/08 http://www.lemonde.fr/societe/artic...
Myanmar : fuite des réfugiés vers la Chine
De nouveaux combats entre les forces gouvernementales birmanes et des membres d’une ethnie chinoise ont éclaté dans le nord-est du pays, déclenchant un exode de dizaines de milliers de personnes vers la Chine, rapportent des médias officiels chinois. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés s’est dit préoccupé par les informations selon lesquelles entre 10.000 et 30.000 personnes ont fui des combats au cours des dernières semaines dans l’Etat de Shan, au nord-est du Myanmar, pour se réfugier dans la province chinoise du Yunnan. Le HCR est actuellement en contact avec les autorités chinoises pour enquêter sur les besoins de ces réfugiés. Jusqu’à 30.000 personnes auraient trouvé refuge dans le comté de Nansan depuis le 8 août, fuyant les combats entre les troupes gouvernementales du Myanmar et des groupes ethniques minoritaires. Selon le HCR, les autorités locales dans la province du Yunnan ont déjà fourni des hébergements d’urgence, de la nourriture et des soins médicaux à ces réfugiés. L’agence des Nations Unies se dit prête à apporter l’aide que les autorités jugeraient nécessaire pour ces réfugiés. Selon la « Campagne américaine pour la Birmanie » (CfB), organisation basée à Washington, les tensions ont éclaté au début du mois lorsque l’armée birmane a déployé plusieurs centaines de soldats dans Kokang, au cœur d’une région majoritairement peuplée par une ethnie chinoise. Des analystes et CfB estiment que le déploiement de forces birmanes dans la région visait à inciter les Chinois de souche à rejoindre les unités de gardes-frontières et à former des partis politiques en vue des élections de 2010, les premières en Birmanie depuis vingt ans. Il s’agit des premiers affrontements armés en vingt ans, a ajouté l’organisation. Nations Unies, L’Express, 28/08
Grèce : l’Onu tance Athènes sur la rétention d’enfants réfugiés
Plus de 850 immigrés illégaux, dont 200 enfants seuls, sont détenus dans des conditions choquantes dans un centre de rétention sur l’île grecque de Lesbos, déplore le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le HCR s’était déjà alarmé par le passé du traitement des immigrés illégaux en Grèce. Le rapport publié après une visite du centre de Pagani, prévu pour accueillir 250 à 300 personnes, vient renforcer ses inquiétudes. « Une pièce abrite plus de 150 femmes et 50 bébés, dont beaucoup sont malades du fait de l’exiguïté et de l’insalubrité du centre », a déclaré le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, après s’être rendu dans ce centre où la plupart des détenus sont des Afghans. Des responsables du ministère grec de la Santé et de la Solidarité sociale ont assuré au HCR que tous les enfants seuls retenus à Pagani seraient transférés vers un centre d’accueil spécial d’ici la fin du mois, a ajouté Andrej Mahecic. Le HCR avait formulé l’an dernier des recommandations pour refonder le dispositif d’asile et adopter des mesures spécifiques de protection des enfants. Mais celles-ci, malgré l’engagement du ministère grec de l’Intérieur, n’ont pas été mises en œuvre. Reuters, 28/08 http://www.lexpress.fr/actualites/2...




