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Syndicalisme, un engagement risqué

lundi 30 avril 2007, par Brian May

Dans certains pays, être membre d’un syndicat et, surtout, vouloir en créer là où il n’en existe pas, peut signifier signer son arrêt de mort. Une des dernières actions d’Amnesty en date concerne le meurtre de syndicaliste au Cambogde.

Au Cambodge, six associations [1] de défense des droits humains et syndicats condamnent le dernier assassinat en date.

SOMMAIRE

1.La situation des syndicalistes au Cambodge
2.Agir
3.En savoir plus

Le corps de Chea Vichea juste après son assassinat ©Choi Pisei


1.Les faits
Le 24 février, Hy Vuthy, président du Syndicat libre des travailleurs du Royaume du Cambodge (FTUWKC) de l’usine textile Suntex, a été abattu alors qu’il rentrait chez lui à moto, après avoir travaillé dans l’équipe de nuit à l’usine Suntex, à Phnom Penh. Le meurtre, qui a eu lieu à moins d’un kilomètre de l’usine, aurait été commis par deux hommes circulant à moto. Hy Vuthy est le troisième responsable syndical appartenant au FTUWKC assassiné en trois ans. Chea Vichea, président du syndicat, a été abattu en janvier 2004. En mai 2004, c’est Ros Sovannareth, président du FTUKWC de l’usine Trinunggal Komara, qui était assassiné. Le meurtre de Hy Vuthy est le dernier en date d’une série d’attaques et d’assassinats de militants syndicalistes au Cambodge.

Le contexte
Au cours de l’année 2006, plusieurs agressions violentes de responsables du FTUWKC se sont produites à l’usine Suntex et à celle, voisine, de Bright Sky. Tout au long de l’année, les représentants du syndicat (FTU) des deux usines, qui appartiennent au même propriétaire, ont fait pression pour obtenir de meilleures conditions de travail et négocier notamment les durées des contrats.
En mai, Chey Rithy, vice-président du syndicat à l’usine Suntex, a été agressé alors qu’il rentrait chez lui après son travail.
Le même mois, Chi Samon, président du FTU à l’usine Bright Sky, a été attaqué par sept hommes, parmi lesquels se serait trouvé un membre d’un syndicat rival. Il a été frappé à plusieurs reprises au visage et sur le corps à coups de bâtons et de barres de fer. En mai toujours, Yeng Vann Yuth, militant actif du FTU, a également été attaqué. En juin, Lem Samrith, trésorier du FTU à l’usine Bright Sky, a été battu par une vingtaine d’hommes alors qu’il quittait l’usine après avoir travaillé dans l’équipe de nuit. En juillet, Lay Chamroeun, vice-président du FTU à l’usine Suntex, a été agressé par six jeunes hommes à moto alors qu’il quittait son travail. En septembre, Choy Chin, secrétaire général du syndicat à l’usine Suntex, a été frappé à la tête par deux hommes armés d’un tuyau de métal. En octobre, Em Chhay Tieng, vice-président du FTU à l’usine Bright Sky, a été frappé au visage et menacé d’arrestation au cours d’une grève dans l’usine.
Une telle politique de violences a de fortes chances d’inciter à la prudence les membres et dirigeants du FTUWKC et des autres syndicats du pays. Elle se traduit par un ralentissement des activités syndicales parmi les ouvriers. Le Cambodge est État partie à toutes les conventions importantes de l’Organisation mondiale du travail, notamment celles relatives à la liberté d’association et de négociations collectives.
Le pays est également partie au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prévoient tous deux le droit de toute personne de constituer un syndicat ou d’adhérer au syndicat de son choix et le droit des syndicats de fonctionner librement.
La Déclaration de 1998 des Nations unies sur les défenseurs des droits humains a également inscrit le droit de toute personne, « individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’homme ».
Poursuivre en justice les auteurs présumés du meurtre de Hy Vuthy est la seule manière de signaler clairement aux auteurs d’actes de violence à l’égard de syndicalistes que de tels comportements ne sauraient être tolérés.

Le gouvernement cambodgien doit mettre un terme au climat d’impunité qui prévaut dans le pays.






2.Agissez ! Ecrivez au Premier Ministre cambodgien
Reproduisez ce modèle de lettre et envoyez-le par la poste à cette adresse :

Hun Sen
Premier Ministre
Phnom Penh
Royaume du Cambodge

Monsieur le Premier Ministre,
En février dernier, Hy Vuthy, président du Syndicat libre des travailleurs du Cambodge (FTUWKC) a été abattu de trois balles par deux attaquants non identifiés alors qu’il rentrait à son domicile. Il avait reçu des menaces de mort en lien avec ses activités syndicales trois mois avant sa mort. Ce meurtre intervient trois ans après celui de Chea Vichea, alors Président du FTUWKC, qui n’a toujours pas été résolu.
D’autres syndicalistes du FTUWKC, travaillant dans des usines appartenant au même propriétaire, ont en outre subi de violentes agressions. Ces meurtres, attaques ainsi que l’impunité dont jouissent leurs auteurs, créent un climat de peur et d’intimidation dans le milieu syndical et empêchent les militants syndicaux de mener à bien leurs activités. Cette situation est contraire aux Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail, ratifiées par le Cambodge.
Je vous demande de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à ce climat de violence et d’intimidation, ouvrir une enquête indépendante et efficace sur le meurtre de Hy Vuthy et les menaces et agressions subies par les membres du FTUWKC et traduire en justice les responsables présumés.
Dans l’espoir que ma demande obtiendra satisfaction, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Nom, Adresse :
Date :
Signature :




EN SAVOIR PLUS :

- Une présentation de notre coordination Droits Économiques Sociaux et Culturels ? Envoyez un email à descATaibfPOINTbe

Notes

[1] Amnesty International, Human Rights Watch, la Confédération syndicale internationale (CSI), le Forum asiatique pour les droits humains et le développement (FORUM-ASIA) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et de l’Organisation mondiale contre la torture/OMCT).

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