Les Objectifs du millénaire pour le développement
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont les objectifs que les gouvernements se sont engagés à atteindre d’ici 2015 dans le cadre de leur combat contre la pauvreté. Ils ont permis d’intégrer pleinement la lutte contre la pauvreté dans le programme des priorités mondiales. Ces objectifs ne reflètent cependant pas totalement les promesses de la Déclaration du millénaire, dans laquelle les États se sont engagés à faire tout leur possible pour protéger et promouvoir l’ensemble des droits humains. Malgré ces engagements, les obligations qui incombent aux États en matière de droits humains ne sont pas suffisamment rappelées dans les OMD, alors même que ces droits – notamment les droits économiques, sociaux et culturels – jouent un rôle important pour l’amélioration des conditions de vie des personnes qui vivent dans la pauvreté. Placer les droits humains au cœur des OMD, cela signifie combattre la discrimination et faire progresser l’égalité ; se préoccuper suffisamment des personnes les plus marginalisées et des exclus ; veiller à ce que toutes et tous puissent bénéficier au moins d’un accès minimum aux soins médicaux, au logement, à la nourriture, à l’eau, aux réseaux d’assainissement et à l’éducation ; faire face aux violations des droits humains qui compromettent la réalisation des OMD, et permettre aux collectivités de participer réellement aux prises de décisions qui les affectent. Les gouvernements ne parviendront pas à réaliser des avancées équitables et durables dans des domaines aussi critiques que la prévention de la mortalité maternelle, par exemple, s’ils ne concentrent pas également leurs efforts sur la lutte contre la discrimination liée au genre, contre toutes les formes de violence fondée sur le genre et contre les violations des droits sexuels et reproductifs des femmes.
Les buts assignés aux États par les OMD se situent parfois en deçà de ce que le droit international relatif aux droits humains leur impose déjà. Ainsi, l’Objectif 7 demande en particulier aux États d’améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis d’ici à 2020, alors même que plus d’un milliard de personnes vivent déjà dans des bidonvilles et que les États ont l’obligation immédiate de toutes les protéger contre les expulsions forcées et les autres violations de leurs droits fondamentaux. Les OMD ne s’attaquent pas non plus à la question des droits des femmes, et les buts relatifs à l’égalité des genres et à l’autonomisation des femmes sont très restreints, ce qui est inacceptable. Aux termes du droit international, les gouvernements doivent combattre la discrimination fondée sur le genre et garantir l’égalité dans l’ensemble des mesures qu’ils prennent pour réaliser les OMD. Par ailleurs, les États, bien souvent, ne défendent pas les droits à la liberté d’expression, d’information, de réunion et d’association, qui sont essentiels pour que la population puisse participer à la prise de décision et amener les autorités à respecter leurs responsabilités. En septembre 2010, les dirigeants mondiaux se réuniront lors d’un sommet des Nations unies afin d’évaluer les progrès réalisés concernant les OMD et de planifier ce qui reste encore à accomplir d’ici 2015. Amnesty International demande aux gouvernements de s’engager à mettre leurs politiques et stratégies concernant les OMD en conformité avec leurs obligations en matière de droits humains. La protection et la promotion des droits humains ne sont pas étrangères aux mesures visant à combattre la pauvreté : elles sont au contraire au cœur même de ces mesures.




