Découvrir l’homophobie
L’homophobie est un sentiment de peur et d’aversion qu’éprouvent certaines personnes à l’égard de l’homosexualité et des homosexuel-le-s. L’homophobie peut affecter tout un chacun, hétéro- ou homosexuel, et porte préjudice en premier lieu aux gays, lesbiennes et bisexuel-le-s, mais aussi à leur famille et leurs amis.
Tirant ses origines de l’histoire judéo-chrétienne et de phénomènes culturels, sociologiques et psychologiques complexes, l’homophobie est présente à de multiples niveaux dans la société, dans le cœur et l’esprit de nombreuses personnes, dans le vocabulaire courant, dans les livres comme dans les institutions.
Intimement liée à la problématique du sexisme (domination masculine) et à des définitions stéréotypées de la masculinité et de la féminité, l’homophobie engendre des discriminations (exclusion, violence verbale, voire physique) à l’encontre des homosexuel-le-s et de leur entourage, des sentiments malaisés lorsque le sujet de l’homosexualité est soulevé, et réduit souvent les gays, les lesbiennes et les bisexuel-le-s à cacher leur orientation affective.
L’homophobie est la source d’isolation sociale, de dépressions, voire de tentatives de suicide, en particulier chez les adolescents qui découvrent leur homosexualité dans un milieu qui ne favorise pas le développement et l’acceptation de leur orientation sexuelle.
Le terme « homophobie » semble avoir été utilisé pour la première fois aux Etats-Unis en 1971, mais ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il apparaît dans les dictionnaires de langue française.
Pour le Nouveau Petit Robert, homophobe est celui qui éprouve de l’aversion envers les homosexuels, et pour Le Petit Larousse, l’homophobie est le rejet de l’homosexualité, l’hostilité systématique à l’égard des homosexuels (1998).
Cf. à ce sujet Daniel Borillo, L’homophobie, PUF, Coll. Que sais-je ?, Paris, 2000
Différents niveaux d’homophobie
Homophobie du langage : insultes, plaisanteries, vocabulaire négatif qui stigmatise l’homosexualité et les personnes homosexuelles.
Homophobie personnelle : sentiment/croyance personnelle que les homosexuels sont anormaux, bizarres, malades. Sentiment de peur, insultes, évitement, violence verbale, voire physique.
Homophobie institutionnelle : institutions, lois, règlements qui discriminent les homosexuels.
Homophobie sociale et culturelle : normes sociales et culturelles qui favorisent l’hétérosexualité au détriment de l’homosexualité. Privilèges inconscients. Valeurs sociales, religieuses, culturelles, livres, iconographie qui excluent les homosexuels.
Homophobie intériorisée des homosexuel-les : les homosexuel-les eux-mêmes intériorisent les préjugés, les normes sociales homophobes et en viennent à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes, et à dévaloriser, voire à détester les homosexuel-les de leur entourage.
Hétérosexisme : présupposé qui veut que tout le monde soit hétérosexuel, et que l’hétérosexualité soit la seule option valable (cf. homophobie institutionnelle et culturelle). Souvent inconscient.
L’homophobie en chiffres (USA)
Un collégien américain entend en moyenne des commentaires homophobes (« pédé », « tapette », « gouine », etc.) 26 fois par jour.
Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.
26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leur parents.
19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels.
Dans 40 Etats américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.




