Les révolutions arabes
Dernier ajout : 6 mars.
Une année sans précédent
Pour les peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, 2011 a été une année sans précédent. Qualifiées de « Printemps arabe », des manifestations populaires s’y sont produites dans de nombreux pays. Des millions de personnes de tous âges et de tous milieux, en particulier des jeunes et – souvent en première ligne – des femmes, ont envahi les rues pour exiger des réformes.
Ces évènements ont commencé le 17 décembre 2010 alors que le jeune vendeur de fruits Mohammed Bouazizi s’immole par le feu devant la préfecture de Sidi Bouzid en Tunisie. Ce triste événement a déclenché des manifestations monstres dans tout le pays, qui demandaient des réformes en profondeur et le départ du président. Elles ont finalement conduit Zine el-Abidine Ben Ali à quitter le pouvoir. D’autres populations reprennent à leur tour le slogan « Dégage ! » (ou « Erhal ! » en arabe) devenu le symbole de cette révolution.
Les manifestations s’étendent à l’Égypte, provoquant le départ d’Hosni Moubarak, ainsi qu’à d’autres pays. Les conséquences varient :
— En Libye, elles tournent à la guerre civile entre les forces fidèles au régime de la Jamahiriya de Mouammar Kadhafi et les insurgés, soutenus par une intervention étrangère sous mandat de l’ONU ;
—Au Bahreïn, la solidarité entre monarchies du Golfe fait échec au mouvement de contestation ;
—Au Yémen, le dictateur Saleh louvoie entre exigences de l’opposition et le soutien international à une transition pacifique, pour finalement démissionner ;
—En Syrie, la répression exercée par le régime de Bachar el-Assad cause des milliers de morts (plus de 5 000 selon le Haut-commissariat aux Nations unies).
Malgré la violence extrême des répressions opposées aux manifestants par les forces militaires et de sécurité, les contestations continuent. D’autres pays du Moyen-Orient sont touchés, parfois avec moins d’ampleur. La lutte est loin d’être terminée.
L’actualité de la région, pays par pays
Un an après le début de ces soulèvements, où en sont les droits humains dans ces régions ? : « La situation des droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord »
Face à ces mouvements de protestation, Amnesty International a produits divers « Programmes pour le changement en matière de droits humains » à destination des gouvernements de transitions libyen, tunisien et égyptien.
Quelle place pour les femmes au sein de ces révolutions ?
L’attribution, en octobre, du prix Nobel de la paix à une militante yéménite de premier plan, Tawakkol Karman, co- lauréate avec deux autres femmes, est une reconnaissance du rôle central joué par les femmes dans les soulèvements de l’année passée. Que ce soit à Bahreïn, en Syrie ou en Irak, les femmes ont été au cœur des manifestations et des actions militantes, et n’ont pas été épargnées par certaines des pires formes de violence.
La participation visible des femmes au soulèvement en Égypte a fait naître beaucoup d’espoirs à propos de la progression des droits des femmes après la démission d’Hosni Moubarak, mais la réalité s’est avérée cruellement décevante. Depuis son arrivée au pouvoir, le Conseil suprême des forces armées a soumis des manifestantes à des « tests de virginité » forcés et à d’autres violences pendant les manifestations, notamment à des passages à tabac et à des atteintes sexuelles. Les femmes sont systématiquement exclues de pratiquement tous les niveaux de la prise de décision.
En Tunisie, le gouvernement provisoire a levé les réserves du pays à la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ce qui constitue une étape importante vers l’égalité des genres et un précédent positif pour les autres gouvernements.
En Libye, le fait que les manifestations antigouvernementales aient rapidement dégénéré en un conflit armé à part entière a restreint la participation directe et la visibilité des femmes, même si beaucoup d’entre elles ont contribué aux activités de l’opposition et en ont souffert. Pendant le conflit, les forces du colonel Kadhafi ont arrêté des femmes, dont beaucoup ont été frappées, voire violées selon certains témoignages. Des femmes détenues par des forces favorables au CNT à Zaouïa, Tripoli et Misratah ont affirmé avoir été agressées sexuellement avant ou pendant leur arrestation. Les femmes restent peu représentées dans les institutions influentes.
Autant au Bahreïn, au Yémen ou encore en Arabie saoudite, des milliers de femmes ont participé aux manifestations antigouvernementales. Plusieurs ont été arrêtées, certaines torturées, violées.
Retrouvez ici notre Dazibao (journal/affiche) consacré à la question.




