ASA 37/023/2006 AU 230/06 CRAINTES POUR LA SECURITE / « DISPARITIONS » PRESUMEES
SRI LANKA : le père Thiruchchelvan Nihal Jim Brown (h), prêtre catholique Wenceslaus Vinces Vimalathas (h)
Londres, le 29 août 2006
On est sans nouvelles du père Thiruchchelvan Nihal Jim Brown et de Wenceslaus Vinces Vimalathas depuis qu’un ami les a vus pour la dernière fois à un poste de contrôle de la marine sri-lankaise, sur l’île de Kayts, au large de la péninsule de Jaffna (nord de Sri Lanka), le 20 août vers 14h10. Amnesty International est vivement préoccupée par leur sécurité et craint qu’ils n’aient « disparu ».
Wenceslaus Vinces Vimalathas et le père Jim Brown, curé du village d’Allaipiddy, sur l’île de Kayts, ont quitté Allaipiddy à mobylette vers midi et demi le 20 août et ont pris la direction de Mandaithivu, un village voisin. La marine sri-lankaise ne les a pas autorisés à entrer dans ce village et le père Jim Brown et Wenceslaus Vinces Vimalathas ont décidé de regagner Allaipiddy. En chemin, ils ont rencontré un ami qui les a accompagnés jusqu’au poste de contrôle d’Allaipiddy. Cet ami les a quittés au niveau du poste de contrôle vers 14h10 ; il serait le dernier à les avoir vus.
Des recherches ont été menées pour les retrouver dans plusieurs églises de la péninsule de Jaffna et dans les environs. L’île de Kayts étant strictement contrôlée par la marine sri-lankaise, on pense que les deux hommes pourraient avoir été appréhendés. Le contre-amiral Upali Ranaweera, commandant des forces navales pour la province du Nord, nie leur arrestation. Des membres des forces navales affectés au poste de contrôle d’Allaipiddy ont déclaré que le père Jim Brown et Wenceslaus Vinces Vimalathas avaient passé le barrage de contrôle et avaient repris peu après la direction de la ville de Jaffna. Toutefois, lorsque des policiers de Kayts ont demandé à consulter le registre sur lequel le passage des deux hommes aurait dû être consigné lorsque ceux-ci sont revenus d’Allaipiddy, les membres de la marine ont refusé de le leur présenter. Le père Jim Brown a aidé plusieurs civils à quitter Allaipiddy pour la ville de Kayts à la suite d’affrontements armés qui ont opposé la marine sri-lankaise et les Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul) à Allaipiddy le 13 août, affrontements qui ont fait au moins 15 morts et 54 blessés parmi la population civile. Les jours suivants, l’officier responsable du camp des forces navales d’Allaipiddy l’aurait menacé de mort à plusieurs reprises, l’accusant, avec d’autres civils, d’avoir aidé les LTTE à creuser des tranchées.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Ces derniers mois, la situation des droits humains au Sri Lanka s’est considérablement dégradée, l’escalade de la violence ayant entraîné des atteintes aux droits humains généralisées et suscité un climat de peur et d’insécurité. Du fait de la multiplication des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et les Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul) depuis avril 2006, de très nombreux civils ont été tués ou blessés, plus de 200 000 personnes ont été déplacées et des maisons, des écoles et des lieux de culte ont été détruits. Il semble que ni les forces de sécurité gouvernementales ni les LTTE ne prennent les mesures nécessaires pour épargner la vie des civils. Les deux parties au conflit affirment respecter l’accord de cessez-le-feu de 2002 ; toutefois, pour les observateurs, elles se livrent sur le terrain à une véritable guerre, même si celle-ci n’a pas été déclarée officiellement. Le conflit qui déchire le Sri Lanka depuis plus de vingt ans a fait plus de 65 000 morts, essentiellement des civils.
On craint que la pratique des « disparitions » ne se généralise de nouveau à Sri Lanka depuis la promulgation, en août 2005, de nouveaux règlements d’exception conférant des pouvoirs très étendus aux forces de sécurité. L’année dernière, la Commission des droits humains de Sri Lanka a recensé 62 cas de “disparition” dans le nord du pays. La Commission enquête également sur 183 autres personnes qui ont disparu dans des circonstances non élucidées.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à mener une enquête indépendante et impartiale sur le sort réservé au père Thiruchchelvan Nihal Jim Brown et à Wenceslaus Vinces Vimalathas et le lieu où ils se trouvent, et à rendre publiques les conclusions de ces investigations ;
engagez les autorités, si ces deux hommes sont en garde à vue, à leur permettre de recevoir la visite de leurs proches, de consulter un avocat et de bénéficier de tous les soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires ;
invitez les autorités à les libérer immédiatement et sans condition ou à les inculper d’une infraction prévue par la loi ;
exhortez les autorités à respecter les directives présidentielles prévoyant que les personnes appréhendées par les forces de sécurité doivent être remises à la police dans les vingt-quatre heures suivant leur arrestation ;
dites-vous préoccupé par les informations selon lesquelles la pratique des « disparitions » semble à nouveau se généraliser dans le nord de Sri Lanka et demandez instamment aux autorités de mettre un terme à cette situation.
APPELS À :
Président de la République : President Mahinda Rajapakse Presidential Secretariat, Colombo 1, Sri Lanka Fax : + 94 11 2333 703 Formule d’appel : Dear President / Monsieur le Président de la République,
Ministre de la défense : Major General Asoka K Jayawardhana Secretary, Ministry of Defence 15/5 Baladaksha Mawatha, Colombo 3, Sri Lanka Fax : + 94 11 2446 300 / 2541 529 Formule d’appel : Dear Secretary of Defense, / Monsieur le Ministre,
Commandant des forces navales : Vice Admiral Wasantha Karannagoda Navy Commander Navy Headquarters PO Box 593 Colombo , Sri Lanka Fax : +94112542430/ +94 11 2433 896 Courriers électroniques : cofn navy.lk Formule d’appel : Monsieur le Vice-Amiral,
COPIES
Commandant des forces navales pour la province du Nord : Rear Admiral Upali Ranaweera Northern Naval Area Commander Fax : +94 21 222 2800/ +94 21 222 3341 Courriers électroniques : comnorth navy.lk Formule d’appel : Dear Rear Admiral / Amiral,
Ambassade de la République démocratique socialiste de Sri Lanka Rue Jules Lejeune 27 1050 Bruxelles Fax : 02.344.67.37 Email : sri.lanka euronet.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 10 OCTOBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
Communication au réseau Action Urgente juillet-août 2006 D’abord, une bonne nouvelle ! Adib Abdel Rahman Yusuf, le défenseur des droits humains qui avait fait l’objet de l’AU 285/04 (AFR 54/133/2004 du 8 octobre 2004), a été libéré le 19 avril 2005, après avoir passé sept mois en détention sans inculpation ni jugement. De toute évidence, il a reçu des copies des appels lancés en son nom, puisqu’il a entrepris d’écrire personnellement à chacun des membres du Réseau AU qui sont intervenus en sa faveur ! Fin 2005, il envoyait encore des lettres aux membres du réseau, ce qui donne une idée du nombre d’appels générés par son AU. Toute l’équipe, à savoir Marie-Françoise, John et Brian vous souhaite de très bonnes vacances 2006 ! Merci de votre soutien.




