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SRI LANKA :Kasippillai Manoharan et sa famille

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

vendredi 5 mai 2006

ASA 37/013/2006

AU 114/06

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

SRI LANKA :Kasippillai Manoharan (h), médecin et sa famille

Londres, le 3 mai 2006

Kasippillai Manoharan, dont le fils a été tué en janvier, apparemment par les forces de sécurité, a reçu des menaces de mort. Il semble que celles-ci émanent des forces de sécurité. Kasippillai Manoharan, qui vit dans la ville de Trincomalee, dans l’est du pays, craint pour sa vie et pour celle de ses proches. Amnesty International est profondément inquiète pour leur sécurité.

Ragihar Manoharan, le fils de Kasippillai Manoharan, a été tué par les forces de sécurité sri-lankaises en compagnie de quatre autres étudiants tamouls le 2 janvier 2006 à Trincomalee. Vers 19 heures ce jour-là, des étudiants du Sri Koneswara Hindu College et du St. Joseph College bavardaient près du front de mer lorsqu’une grenade a été lancée dans leur direction depuis un rickshaw à moteur. Les étudiants se sont enfuis en courant, mais au moins trois d’entre eux ont été blessés lors de l’explosion. Peu de temps après, entre 10 et 15 agents en uniforme appartenant selon toute probabilité à la Force d’intervention spéciale sont arrivés sur place. Après avoir placé les blessés à l’intérieur de leur jeep, ils les ont frappés à coups de crosse de fusil, puis les ont jetés hors du véhicule. Selon un témoin, les policiers ont alors abattu cinq étudiants, dont Ragihar Manoharan. Les forces de sécurité ont affirmé que les victimes avaient été tuées lors de l’explosion d’une grenade qu’elle transportaient, mais les autopsies ont révélé qu’elles avaient succombé à des blessures par balles. Trois des étudiants avaient été touchés à la tête.

Kasippillai Manoharan est venu témoigner devant la Magistrate’s Court (juridiction répressive inférieure) de Trincomalee lors de l’enquête menée le 10 janvier pour déterminer les causes de la mort des étudiants. Le soir même, des pierres ont été jetées contre sa maison et toute la famille a entendu des personnes crier à l’extérieur. Il a également reçu plusieurs appels téléphoniques anonymes dans la nuit, qui se sont renouvelés dans les jours suivants. Dans un cingalais (la langue de la population majoritaire à Sri Lanka) entrecoupé de quelques mots en tamoul (Kasippillai Manoharan et sa famille sont tamouls), l’interlocuteur affirmait que, parce qu’il avait témoigné lors de l’enquête devant le tribunal, le médecin allait être tué, de même que ses proches.

Plusieurs personnes ont témoigné devant la Magistrate’s Court. Selon certaines informations, un policier cingalais présent au tribunal aurait appelé ces témoins des « kottiyas » (« tigres »), les désignant ainsi comme des membres du mouvement d’opposition armé des Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul).

Quelques jours après les audiences devant le tribunal, un homme à moto s’est présenté au domicile de Kasippillai Manoharan. Son visage était dissimulé par un casque. Il a demandé à voir le Dr Manoharan, et alors que la femme de celui-ci, qui est aussi médecin, lui proposait son assistance, il a insisté pour rencontrer Kasippillai Manoharan. Lorsqu’il a compris qu’il ne pourrait le voir, l’homme a quitté les lieux.

Kasippillai Manoharan et ses proches pensent que les forces de sécurité, qui les soupçonnent d’être liés aux LTTE, sont derrière les menaces de mort et les actes de harcèlement dont ils sont victimes. Ils vivent dans la peur et craignent pour leur vie. Kasippillai Manoharan a suspendu temporairement ses activités professionnelles et ses enfants ont cessé de se rendre à l’école.

Kasippillai Manoharan a informé la Mission de surveillance à Sri Lanka (envoyée par la Norvège, le Danemark, la Finlande, l’Islande et la Suède pour surveiller l’application du cessez-le-feu conclu entre le gouvernement et les LTTE), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et la Commission des droits humains de Sri Lanka des menaces de mort qui pèsent sur lui et sa famille.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le gouvernement sri-lankais et les LTTE ont conclu en février 2002 un accord de cessez-le-feu. Les deux parties ont participé à une série de pourparlers de paix sous la médiation du gouvernement norvégien, interrompus en avril 2003 par le retrait des LTTE de la table des négociations. Quatre ans après la signature du cessez-le-feu, les deux parties se sont réunies à Genève les 22 et 23 février derniers pour discuter de la mise en œuvre de l’accord. Elles ont convenu de respecter les modalités de celui-ci et de se rencontrer de nouveau en avril. Toutefois, les LTTE, invoquant des problèmes logistiques et de sécurité, ont depuis lors renvoyé à une date indéterminée toute nouvelle discussion.

Au moins 200 personnes ont été tuées à Sri Lanka en avril lors d’attentats à la bombe et d’autres violences. Le 25 avril à Colombo, le général Sarath Fonseka, commandant en chef des forces armées, a été grièvement blessé lors d’un attentat-suicide qui a coûté la vie à 10 personnes. À titre de représailles, l’armée a déclenché des frappes aériennes contre des positions des LTTE dans le district de Trincomalee, qui auraient provoqué la mort d’au moins 12 personnes. La Mission de surveillance à Sri Lanka a fait savoir que ces frappes constituaient une violation de l’accord de cessez-le-feu.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous vivement préoccupé par les informations faisant état de menaces de mort proférées contre Kasippillai Manoharan et sa famille ;

- faites part de votre préoccupation quant au fait que Kasippillai Manoharan pourrait avoir été pris pour cible parce qu’il est un témoin important dans l’enquête sur la mort, le 2 janvier 2006 à Trincomalee, de son fils et de quatre autres étudiants ;

- rappelez aux autorités qu’elles ont l’obligation de protéger les témoins, comme Kasippillai Manoharan, afin que soit garantie l’équité des procédures judiciaires dans lesquelles des questions liées à l’impunité sont en jeu ;

- demandez aux autorités de prendre immédiatement les mesures nécessaires afin de mettre un terme aux menaces de mort et aux actes de harcèlement dirigés contre Kasippillai Manoharan et sa famille, et de garantir leur sécurité.

APPELS À :

Président de la République : President Mahinda Rajapakse Presidential Secretariat Colombo 1 Sri Lanka Fax : +94 11 2333703 ; +94 11 2446657 Formule d’appel : Dear President, / Monsieur le Président,

Responsable du Secrétariat chargé de la coordination du processus de paix Mr Palitha Kohana Secretariat for Coordinating the Peace Process Level 10, West Tower World Trade Centre Bank of Ceylon Mawatha Colombo 1, Sri Lanka Fax : +94 11 5554473 Formule d’appel : Dear Mr Kohana, / Monsieur,

Secrétaire à la Défense :: Mr Gotabhaya Rajapakse
Secretary, Ministry of Defence
Ministry of Defence
15/5 Baladaksha Mawatha
Colombo 3, Sri Lanka
Fax : +94 11 2430590
Formule d’appel : Dear Secretary of Defence, / Monsieur,

Ambassade de la République démocratique socialiste de Sri Lanka
Rue Jules Lejeune 27
1050 Bruxelles
Fax : 02.344.67.37
Email : sri.lanka euronet.be

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 14 JUIN 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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