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SRI LANKA : Kasippillai Manoharan et sa famille

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

vendredi 30 juin 2006

ASA 37/019/2006

Action complémentaire sur l’AU 114/06 (ASA 37/013/2006, 3 mai 2006)

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

SRI LANKA : Kasippillai Manoharan (h), médecin et sa famille

Londres, le 28 juin 2006

Selon les informations recueillies, les forces de sécurité ont de nouveau menacé et tenté d’intimider le docteur Kasippillai Manoharan et des membres de sa famille. Ragihar, le fils du médecin, a été sommairement exécuté par les forces de sécurité en janvier, avec quatre autres étudiants tamouls. Une juridiction répressive inférieure doit tenir une audience sur la mort des cinq étudiants le 29 juin à Trincomalee, dans le nord-est du pays. Kasippillai Manoharan est le seul témoin à charge prêt à témoigner. Amnesty International craint que les menaces émanant apparemment des forces de sécurité n’aient pour but de l’empêcher, lui et d’autres témoins potentiels, de témoigner dans le cadre de cette affaire.

D’après Kasippillai Manoharan et sa famille, le 12 juin, alors qu’il allait passer un examen de géographie, Sharhar, autre fils du médecin, a été arrêté à Trincomalee par deux policiers, qui lui ont demandé sa carte d’identité. Lorsqu’ils ont découvert qu’il s’agissait du fils de Kasippillai Manoharan, les policiers ont déclaré : « Ton père déballe toute cette histoire à la face du monde. Ce n’est pas bon pour ta famille. Maintenant va à ton examen, allez, on se reverra plus tard. » Ces menaces faisaient manifestement référence à la publicité suscitée par les actions menées par Amnesty International et par d’autres organisations en faveur de la famille Manoharan. Sharhar était si inquiet à la suite de cet épisode qu’il a quitté la salle d’examen avant même d’avoir terminé et a regagné son domicile.

Le 21 juin, alors qu’il se déplaçait en rickshaw motorisé à Trincomalee, le Dr Manoharan a été arrêté à un poste de contrôle de la police. Les policiers lui ont demandé sa carte d’identité et, en voyant de qui il s’agissait, ils lui auraient déclaré : « Ton fils est mort ». Ils auraient contraint le médecin à attendre une demi-heure sur le bord de la route, sans raison apparente, tandis que d’autres véhicules passaient, libres de tout contrôle. Kasippillai Manoharan a dit au policier qu’il ne manquerait pas de signaler ces faits au commissaire principal de la ville, ou à l’inspecteur général de la police, le chef des forces de police sri lankaises, ce à quoi un agent de police aurait répondu : « Vous soutenez les LTTE [Liberation Tigers of Tamil Eelam (Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul)] et nos responsables vous soutiennent, dans ces conditions, comment pouvons-nous accomplir notre devoir ? » Peu après, le Dr Manoharan a été autorisé à poursuivre sa route.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le gouvernement sri-lankais et les LTTE ont conclu en février 2002 un accord de cessez-le-feu. Les deux parties ont participé à une série de pourparlers de paix sous la médiation du gouvernement norvégien, interrompus en avril 2003 par le retrait des LTTE de la table des négociations.
Quatre ans après la signature du cessez-le-feu, les deux parties se sont réunies à Genève les 22 et 23 février derniers pour discuter de la mise en œuvre de l’accord. Elles ont convenu de respecter les modalités de celui-ci et de se rencontrer de nouveau en avril. Toutefois, depuis février, les négociations n’ont pas repris, et les violences ont continué de s’intensifier. Au cours des six derniers mois, plus de 700 personnes ont été tuées, notamment dans des attentats à la bombe.

ACTION RECOMMANDÉE :

dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

- déclarez-vous gravement préoccupé par les informations selon lesquelles le Dr Manoharan et sa famille ont été la cible de nouvelles menaces et d’actes d’intimidation de la part des forces de sécurité ;

- faites part de votre inquiétude à l’idée que ces menaces n’aient pour objectif de forcer Kasippillai Manoharan à revenir sur ses déclarations en tant que témoin à charge dans l’affaire du meurtre de cinq étudiants tamouls tués le 2 janvier 2006 à Trincomalee ;

- rappelez aux autorités qu’elles ont l’obligation de protéger les témoins, comme Kasippillai Manoharan, afin que soit garantie l’équité des procédures judiciaires, en particulier avant l’audience prévue le 29 juin devant une juridiction répressive inférieure de Trincomalee ;

- demandez aux autorités de prendre immédiatement les mesures nécessaires afin de mettre un terme aux menaces de mort et aux actes de harcèlement dirigés contre Kasippillai Manoharan et sa famille, et de garantir leur sécurité.

APPELS À :

Président de la République : President Mahinda Rajapakse
Presidential Secretariat
Colombo 1,
Sri Lanka
Fax : +94 11 2333703
+94 11 2446657
Formule d’appel :Dear President Rajapakse, / Monsieur le Président,

Responsable du Secrétariat chargé de la coordination du processus de paix : Mr Palitha Kohana
Secretariat for Coordinating the Peace Process
Level 10, West Tower
World Trade Centre
Bank of Ceylon Mawatha
Colombo 1,
Sri Lanka
Fax : +94 11 5554473
Formule d’appel : Dear Mr Kohana, / Monsieur,

Secrétaire à la Défense : Mr Gotabhaya Rajapakse
Secretary, Ministry of Defence
Ministry of Defence 15/5 Baladaksha Mawatha Colombo 3, Sri Lanka Fax : +94 11 2430590 Formule d’appel : Dear Defence Secretary, / Monsieur, Ambassade de la République démocratique socialiste de Sri Lanka
Rue Jules Lejeune 27, 1050 Bruxelles
Fax : 02.344.67.37 Email : sri.lanka euronet.be PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 9 AOÛT 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
Communication au réseau Actions Urgentes d’AIBF Juin 2006

La première action urgente lancée par Amnesty date du 19 mars 1973 suite à l’arrestation d’un professeur d’économie au Brésil, Luiz Rossi. Le bureau de la sécurité et de l’ordre public à San Paolo, fut submergé par une avalanche de lettres de membres d’Amnesty. « J’ai eu l’impression que le chef du bureau de la sécurité et de l’ordre public se sentait mal à l’aise et sous pression du fait de cette soudaine attention internationale à son égard » dira sa femme en 1996. À l’origine de cette action urgente, Scott Harrison et Ellen Moore, un couple établi à San Francisco qui redistribuait les fax et télégrammes reçus de Londres. À l’époque, il s’agit du seul bureau chargé de faire écho aux actions produites par le Secrétariat International à Londres. Pour en savoir plus sur leur histoire et les tous débuts des Actions Urgentes : http://www.amnestyinternational.be/...

Le bureau des actions urgentes d’Amnesty Belgique, grâce à vous, grâce à ses milliers de participants, continue ce travail crucial et important. Nous vous en remercions.

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