AFR 54/057/2006
AU 264/06
Craintes pour la sécurité / craintes de torture / détention au secret
SOUDAN : Abulgasim Ahmed Abulgasim, 52 ans, représentant de l’Armée de libération du Soudan (ALS)
Zakaria Ahmed Abulgasim, son frère
2 octobre 2006
Amnesty International est préoccupée par la sécurité des deux frères nommés ci-dessus, qui sont détenus au secret par des membres de l’Agence nationale de sécurité (ANS) - les services de sécurité soudanais. Ils viennent tous les deux du Darfour, et Abulgasim Ahmed Abulgasim est membre de l’ALS, un des groupes politiques armés qui luttent contre le gouvernement soudanais dans la région.
Le 28 septembre dans la soirée, Abulgasim Ahmed Abulgasim a été expulsé d’Arabie saoudite, où il habite avec son épouse, vers le Soudan ; il a été arrêté par l’ANS à son arrivée à l’aéroport de la capitale soudanaise Khartoum. On ignore où il se trouve actuellement. Les raisons de son expulsion et de son arrestation n’ont pas été précisées. On pense cependant que cet homme a été arrêté par les autorités saoudiennes après qu’il se soit prononcé en faveur de l’envoi d’une force de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, lors d’une réunion à l’ambassade soudanaise en Arabie saoudite. Il aurait d’abord été détenu à l’ambassade avant d’être expulsé vers le Soudan.
Abulgasim Ahmed Abulgasim faisait partie de négociateurs de l’ALS aux pourparlers d’Abuja, qui ont débouché sur un accord de paix entre le gouvernement soudanais et une seule des factions de l’ALS, celle de Minni Minawi. Abulgasim Ahmed Abulgasim appartient à la faction de l’ALS appelée Groupe des 19, qui n’a pas signé l’accord de paix du Darfour. Le gouvernement soudanais a qualifié de « terroristes » ceux n’avaient pas signé l’accord de paix.
Zakaria Ahmed Abulgasim a été arrêté le 15 septembre par de agents de l’ANS à Khartoum, où il vit. Il serait détenu sans inculpation dans des locaux de l’ANS situés près de l’aéroport de Khartoum. On ignore pour quelle raison il a été arrêté, mais son arrestation pourrait être motivée par le fait que son frère est membre de l’ALS. Sa famille a pu lui parler une fois au téléphone mais n’a pas été autorisée à lui rendre visite. Depuis l’expulsion de son frère, ses proches n’ont plus été informés de sa situation.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les opposants politiques et les membres de groupes politiques armés du Soudan sont souvent détenus, avec de longues périodes de mise au secret, et torturés par les forces de sécurité soudanaises. Lorsqu’ils sont jugés, le procès est invariablement inique. Les forces de sécurité soudanaises ont également détenu et torturé des proches de membres des groupes armés ou des personnes appartenant à la même ethnie que ces groupes.
L’Armée de libération du Soudan (ALS) est un groupe politique armé qui a pris les armes contre le gouvernement soudanais au Darfour, en février 2003, pour protester contre la marginalisation et le sous-développement. Dans le conflit qui a suivi, le gouvernement et des milices nomades locales, connues sous le nom de Janjawids, ont tué des dizaines de milliers de civils, violé des milliers de femmes, détruit des centaines de villages et déplacé de force environ deux millions de personnes.
Le 31 août, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1707 prévoyant l’envoi de casques bleus au Darfour pour protéger les civils contre les attaques. Le gouvernement soudanais refuse de consentir au déploiement de soldats de la paix des Nations unies au Darfour. Il y a plusieurs agences et observateurs des Nations unies au Soudan, et en particulier au Darfour.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
exprimez votre préoccupation quant à la sécurité des deux frères cités ci-dessus ;
demandez aux autorités de veiller à ce que les deux hommes soient traités avec humanité et à ce qu’il leur soit permis de consulter un avocat, d’être en contact avec leurs proches et de bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
priez les autorités de libérer immédiatement et sans condition Abulgasim Ahmed Abulgasim s’il est détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’opinion et d’expression ;
demandez-leur de libérer immédiatement et sans condition Zakaria Ahmed Abulgasim, à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction pénale dûment prévue par la loi ;
demandez que des observateurs des droits humains des Nations unis soient autorisés à rencontrer librement et de manière confidentielle ces deux détenus.
APPELS À :
(L’obtention des lignes de fax au Soudan peut se révéler difficile. Merci de vous montrer persévérants.)
Premier Vice-président :
Mr Salva Kiir Mayardit
First Vice-President
People’s Palace
PO Box 281, Khartoum, Soudan
Fax : + 249 183 779977
+ 249 183 780796 (Veuillez préciser : « FAO First Vice-President » )
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier Vice-président,
Ministre des Affaires étrangères :
Dr Lam Akol Ajawin
Minister of Foreign Affairs
People’s Palace
PO Box 281, Khartoum, Soudan
Fax : + 249 183 779977
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Ministre de la Justice et procureur général :
Mr Muhammad Ali al-Maradhi
Minister of Justice and Attorney General
Ministry of Justice, Khartoum, Soudan
Fax : + 249 183 780796 (Veuillez préciser : « FAO Minister of Justice »)
Courriel : info sudanjudiciary.org
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
COPIES À
Conseil consultatif pour les droits de l’homme :
Dr Abdel Moneim Osman Taha
Rapporteur, Advisory Council for Human Rights, Khartoum, Soudan
Courriel : human_rights_sudan hotmail.com
Ambassade de la République du Soudan
Avenue F.D. Roosevelt 124
1050 Bruxelles
Fax : 02.648.34.99
Email : sudanbx yahoo.com
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 13 NOVEMBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
Communication au réseau Action Urgente septembre 2006
Nous vous souhaitons une bonne rentrée et nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances. Pour le service des Actions Urgentes, il n’y a pas de vacances qui tiennent ! Et durant ces deux mois, nous avons reçu des « bonnes nouvelles » à la pelle. En voici quelques-unes :
Bouleversé par le soutien d’Amnesty International : Lorsqu’il s’est entretenu avec des représentants d’Amnesty International après sa libération, Weja Chicampo était fatigué et ému. Il a déclaré avoir été bouleversé par toutes les lettres envoyées par des membres de l’organisation. Il ne les avait pas vues lui-même, mais son cousin l’avait informé de l’arrivée de chacune de ces lettres. Il a remercié Amnesty International pour son soutien, et tout spécialement les membres qui se sont mobilisés en sa faveur.(AFR 24/003/2004 ; AU 116/04)
Honduras : le 23 juin, les prisonniers d’opinion Marcelino et Leonardo Miranda ont été acquitté et toutes les poursuites à leur encontre, dans une affaire de meurtre montée de toute pièce sûrement en représailles à leur combat en faveur des sans-terre, ont été abandonnées (AMR 37/006/2003 ; UA 128/03).




