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Mexique : Les membres du syndicat d’enseignants, Les membres de l’Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca, Abraham Martínez Alavez , 3 personnes libérées, 3 tuées ainsi qu’au moins trois autres personnes

Craintes pour la sécurité / Recours excessif à la force / Craintes de torture
Mauvais traitements / Arrestations arbitraires

jeudi 2 novembre 2006

AMR 41/050/2006

Action complémentaire sur l’AU 227/06 (AMR 41/041/2006, 24 août 2006) et ses mises à jour (AMR 41/047/2006, 3 octobre 2006 et AMR 41/048/2006, 20 octobre 2006)

Craintes pour la sécurité / Recours excessif à la force / Craintes de torture
Mauvais traitements / Arrestations arbitraires

Mexique : Les membres du syndicat d’enseignants Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE, Syndicat national des employés de l’Éducation) du secteur (magisterial) d’Oaxaca
Les membres de l’Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca)
Abraham Martínez Alavez (h), ancien recteur de l’université d’Oaxaca

Personnes libérées : Ramiro Aragón Pérez (h), biologiste
Germán Mendoza Nube (h), enseignant

Personnes tuées : Bradley Roland Will (h), ressortissant américain
Jorge Alberto López Bernal (h)
Fidel Sánchez García (h)
ainsi qu’au moins trois autres personnes

31 octobre 2006

Au moins cinq manifestants et un journaliste américain ont été tués à Oaxaca entre le 27 et le 29 octobre, lorsque des milliers de membres des forces de sécurité fédérales ont pénétré dans le centre-ville afin de maîtriser les mouvements de protestation. De très nombreux autres manifestants ont été arrêtés au cours de cette opération. Jusqu’à présent, les autorités n’ont toutefois pris aucune mesure pour révéler l’identité de ces personnes ainsi que leur lieu de détention et les faits qui leur sont reprochés. Bien que les sympathisants de l’Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca) se soient retirés du centre-ville, la situation reste très tendue. Amnesty International craint que de nouvelles manifestations, et les réactions qu’elles entraîneraient de la part de la police, n’engendrent d’autres violations des droits humains.

Dans l’après-midi du 27 octobre, des barricades érigées au cours des semaines précédentes par des sympathisants de l’APPO dans différents quartiers de la ville d’Oaxaca ont été attaquées par des hommes armés ; selon les informations recueillies, il s’agissait notamment de membres de la police de l’État et de responsables de la sécurité municipale, habillés en civil. Au cours de l’un de ces affrontements, Bradley Roland Will, un journaliste américain qui couvrait les événements d’Oaxaca pour le réseau d’information Indymedia, a été tué par balle alors qu’il filmait les tirs qui ont eu lieu dans la municipalité de Santa Lucia del Camino, non loin du centre-ville. Le même après-midi, un autre groupe armé comprenant, semble-t-il, des représentants locaux de l’État d’Oaxaca habillés en civil, a attaqué des barricades à Santa María Coyotepec ; ces personnes auraient causé la mort de trois manifestants et en auraient blessé 23 autres.

À la suite de l’intensification des violences, les autorités fédérales ont ordonné, le 29 octobre, l’intervention de plus de 4 000 agents de la police préventive fédérale afin de mettre un terme aux cinq mois d’occupation du centre-ville par les sympathisants de l’APPO et les enseignants grévistes qui demandaient la démission du gouverneur de l’État d’Oaxaca. Au cours de cette opération, la police préventive fédérale aurait utilisé du gaz lacrymogène ainsi qu’un aérosol de gaz poivre, des canons à eau et des matraques contre les manifestants ; certains d’entre eux ont fait usage de la violence pour résister à l’avancée des policiers. Selon les informations recueillies, Jorge Alberto López Bernal, touché au niveau de l’estomac par une bombe lacrymogène, a succombé à ses blessures. Fidel Sánchez García a également trouvé la mort lors de cette opération de police, dans des circonstances encore indéterminées. De très nombreux autres manifestants ont été blessés, ainsi qu’au moins un des agents de la police préventive fédérale, qui a été agressé par plusieurs participants aux mouvements de protestation. D’après certaines sources, au moins 41 personnes ont été arrêtées au cours de l’opération policière des 29 et 30 octobre et 20 autres ont été portées disparues auprès des organisations locales de défense des droits humains. Les autorités n’auraient révélé aucune information concernant l’identité des détenus, les motifs de leur arrestation ou leur lieu de détention. Les membres des organisations de défense des droits humains n’ont pas encore été autorisés à leur rendre visite.
Le 30 octobre, à la suite des négociations engagées entre le syndicat d’enseignants Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE, Syndicat national des employés de l’Éducation) et le ministère de l’Intérieur, Germán Mendoza Nube, Ramiro Aragón Pérez ainsi qu’un autre dirigeant de l’APPO, tous trois détenus depuis le mois d’août, ont été libérés.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- appelez les autorités fédérales à veiller au respect des droits des manifestants et à garantir la sécurité publique dans l’État d’Oaxaca ;

- rappelez-leur également leur obligation de faire en sorte que tout recours à la force exercé par les membres des forces de sécurité soit nécessaire et proportionnel à la menace à laquelle ils sont confrontés ;

- exhortez-les à veiller à ce que des enquêtes exhaustives et impartiales soient menées sur les allégations de recours excessif à la force, notamment sur la mort de Jorge Alberto López Bernal et Fidel Sánchez García le 29 octobre ;

- priez les autorités de révéler l’identité ainsi que le lieu de détention des personnes arrêtées à Oaxaca les 29 et 30 octobre, de garantir leur intégrité physique et de leur permettre de recevoir la visite de leurs proches, de consulter un avocat et de bénéficier de tous les soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires ; demandez instamment que ces détenus soient libérés sans délai, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi ;

- dites vous très préoccupé par l’homicide de Bradley Roland Will, un ressortissant américain, et par celui d’au moins trois manifestants, perpétrés le 27 octobre par un groupe d’hommes armés comprenant, semble-t-il, des membres de la police municipale et de la police de l’État d’Oaxaca, et demandez que les responsables présumés soient traduits en justice ;

- engagez les autorités à faire en sorte que l’identité des responsables de la sécurité, tant au niveau de l’État d’Oaxaca qu’au niveau municipal, soit clairement établie et que tout responsable faisant illégalement usage d’une arme à feu soit arrêté et amené à répondre de ses actes ;

- demandez instamment l’ouverture d’une enquête exhaustive et impartiale sur le rôle des représentants de l’État d’Oaxaca dans la promotion ou la tolérance des violations des droits humains et des actes de violence perpétrés au cours des manifestations à Oaxaca, notamment ceux qui ont un lien avec les événements du 27 octobre ;

- exhortez les autorités, tant au niveau fédéral qu’au niveau de l’État d’Oaxaca, à faire en sorte que toutes les mesures prises pour faire face à la crise qui touche Oaxaca soient appliquées dans le respect total du droit international relatif aux droits humains et ne contribuent pas à aggraver la situation des droits fondamentaux.

APPELS À :

Président du Mexique :
Lic. Vicente Fox Quesada
Presidente de los Estados Unidos de México
Residencia Oficial de “Los Pinos”, Col. San Miguel Chapultepec, México, D.F. Mexique
Fax : + 52 5 55 2 77 23 76
Formule d’appel : Estimado Presidente, / Monsieur le Président de la République,

Ministre de l’Intérieur :
Lic. Carlos Abascal Carranza
Secretario de Gobernación, Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Delegación Cuauhtémoc, México D.F., C.P. 06600, Mexique
Fax : + 52 55 5093 3414
Formule d’appel : Estimado Secretario de Gobernación / Monsieur le Ministre,

Ministre de la Sécurité publique :
Lic. Eduardo Medina-Mora Icaza
Secretario de Seguridad Pública, Secretaría de Seguridad Pública
Paseo de la Reforma No.364, piso 16
Colonia Juarez, Delegación Cuahutemoc,
México D.F., C.P. 06600, Mexique
Fax : + 52 55 5241 8393
Formule d’appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,

Gouverneur de l’État d’Oaxaca :
Ulises Ruiz Ortiz
Gobernador del Estado de Oaxaca, Carretera Oaxaca, Puerto Angel, Km. 9.5
Santa María Coyotopec, C. P. 71254, Oaxaca, Oaxaca, Mexique
Fax : + 52 951 511 6879 (si une personne décroche, veuillez dire :
« me da tono de fax por favor » )
Formule d’appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,

COPIES À :

Organisation de défense des droits humains d’Oaxaca :
Red Oaxaqueña de derechos humanos
Calle Crespo 524 Interior 4-E, Col. Centro, Oaxaca, Oaxaca, CP. 68000, Mexique

Ambassade des Etats Unis Mexicains
Avenue F.D. Roosevelt 94
1050 Bruxelles
Fax : 02.644.08.19
Fax : 02.646.87.68
Email : embamexbelgica-ue skynet.be

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 12 DÉCEMBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

Le réseau des actions urgentes (AU) a proposé un nombre particulièrement élevé d’actions cette année et la liste n’est pas encore finie ! Fin juin, nous comptions pour 2006 183 AU et 165 mises à jour visant près de 60 pays et mettant en lumière des dizaines de sujets de préoccupation. Côté résultats, plus de 50 AU lancées cette année sont déjà closes dont une grande partie a connu un dénouement positif. Les sujets de préoccupation les plus traités cette année ont été :« craintes pour la sécurité », « craintes de tortures », « mauvais traitement », « peine de mort » et « détention au secret ». Cependant, le réseau des AU continue d’élargir le champ des motifs d’intervention : « privation de nourriture », « santé », « expulsions », etc.
Quelques bonnes nouvelles !
Burundi — libération de deux détenus : Thacien Sibomana et Poppon Mudugu, membres de l’AC Génocide Cirimoso, qui s’efforce de prévenir un nouveau génocide au Burundi, ont été libérés, aucune charge n’ayant été retenue contre eux (AFR 16/0082006).Brésil — Maria Aparecida Denadai n’est plus en danger  : grâce à la campagne menée en sa faveur, elle peut aujourd’hui bénéficier d’une protection policière suffisante et adaptée (AMR 19/004/2006).

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