AMR 41/050/2007 - 14 août 2007
Fortunato Prisciliano, membre de la communauté indigène tlapanèque (me’phaa), a été agressé par deux hommes le 30 juin. Il a depuis lors été menacé à plusieurs reprises par un proche de ces deux hommes. Amnesty International estime que Fortunato Prisciliano et son épouse, Inés Fernandez Ortega, courent un grand danger.
Selon son témoignage, Inés Fernandez Ortega a été violée par trois soldats le 22 mars 2002. Ces derniers étaient entrés chez elle pour l’interroger sur de la viande qui séchait devant sa maison et qui, selon eux, avait été volée. Par la suite, Inés Fernandez et Fortunato Prisciliano ont signalé ce viol aux autorités locales, et une enquête a d’abord été ouverte par le bureau local du ministère public à Ayutla de los Libres (État de Guerrero). Cependant, les autorités militaires ont rapidement revendiqué la compétence sur le dossier, et en 2003, le procureur militaire a recommandé la clôture de l’enquête. La même année, des soldats de l’armée mexicaine auraient tenté d’intimider ce couple et harcelé d’autres habitants d’Ayutla. En octobre 2006, la Commission interaméricaine des droits de l’homme, qui siège à Washington D.C. (États-Unis), a déclaré qu’elle enquêterait sur cette affaire (pour de plus amples informations, voir l’AU 33/03, AMR 41/004/2003, 3 février 2003, ainsi que le rapport d’Amnesty International intitulé Mexique. Femmes indigènes et injustice militaire, AMR 41/033/2004, novembre 2004).
Le 30 juin 2007, Fortunato Prisciliano, un civil travaillant bénévolement pour la police locale, a été roué de coups par deux hommes qu’il connaissait devant le commissariat municipal, où il retrouve souvent d’autres policiers civils volontaires. Tandis que Fortunato Prisciliano était allongé par terre, l’un de ses agresseurs lui a montré un pistolet qu’il dissimulait sous ses vêtements, en lui disant : « Si tu essaies de faire quoi que ce soit, voici le repas auquel tu auras droit [sic] […]. Ce que tu fais avec ta femme Inés, en dénonçant les guachos [soldats], c’est mentir. On sait déjà que tu vas même aller aux États-Unis, mais cela ne te servira à rien puisque ce que tu dis est un mensonge. »
Fortunato Prisciliano a ensuite signalé cette attaque au chef de la police municipale, qui a ordonné à son agresseur de venir au commissariat. Celui-ci s’est excusé pour ces agissements et a expliqué qu’il était ivre. Cependant, Fortunato Prisciliano continue d’être la cible de harcèlement et de menaces depuis lors. Le 27 juillet, alors qu’il rentrait à pied chez lui, il a été abordé par l’oncle de l’homme qui l’avait frappé et menacé. Ce dernier lui a dit : « Cesse ton action contre les guachos ! On sait que tu veux aller aux États-Unis pour les dénoncer, et si tu n’arrêtes pas, il pourrait t’arriver quelque chose de moche… »
Le 1er août 2007, cet homme l’a de nouveau menacé : « Fils de pute, arrête de dire que ta femme a été violée par les guachos ! Je t’ai déjà dit qu’on va te casser la gueule ; tu sais déjà ce que [mon neveu] t’a fait… »
Deux jours plus tard, à l’issue d’une réunion au commissariat concernant le travail effectué par Fortunato Prisciliano pour la police au sein de sa communauté, l’oncle de son agresseur s’est encore adressé à lui : « Je t’ai déjà dit d’abandonner toute action contre les guachos, sinon quelque chose de vraiment moche va t’arriver. Ce que [mon neveu] t’a fait n’a pas suffi : tu continues ! »
Le 8 août, Fortunato Prisciliano a porté plainte auprès du ministère public de la municipalité d’Ayutla (État de Guerrero) contre les trois hommes qui l’ont battu et harcelé. À la connaissance d’Amnesty International, aucune mesure de protection n’a été ordonnée par les autorités mexicaines en faveur de Fortunato Prisciliano et de son épouse Inés Fernández.
ACTION RECOMMANDÉE : Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet pour la sécurité de Fortunato Prisciliano et de son épouse Inés Fernández ;
priez instamment les autorités de veiller à ce que des mesures de protection soient prises pour garantir la sécurité de ce couple, conformément à ses souhaits ;
exhortez les autorités à ouvrir sans délai une enquête impartiale et approfondie sur les menaces et l’agression subies par Fortunato Prisciliano.
APPELS À : Gouverneur de l’État de Guerrero : Lic. Zeferino Torreblanca Galindo Gobernador del Estado de Guerrero Palacio de Gobierno, Edificio Centro, piso 2, Ciudad de los Servicios CP 39075, Chilpancingo, Guerrero, Mexique Courriers électroniques : gobernador guerrero.gob.mx Fax : +52 747 471 9801 +52 747 471 47 88 +52 747 471 99 56 Formule d’appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Procureur général de l’État de Guerrero : Lic. Eduardo Murueta Urrutia Procurador del Estado de Guerrero Carretera Nacional México-Acapulco Km. 6+300 Tramo Chilpancingo-Petaquillos Chilpancingo 39090, Guerrero, Mexique Fax : +52 747 47 22328 Courriers électroniques : cprocurador pgjgro.gob.mx Formule d’appel : Señor Procurador, / Monsieur le Procureur,
Président de la Commission de défense des droits humains de l’État de Guerrero : Lic. Juan Alarcón Hernández Presidente de la Comisión de Defensa de los Derechos Humanos del Estado de Guerrero (Coddehum) Avda. Juárez, Esq. Galo Soberón y Parra Col. Centro, 39000, Chilpancingo, Guerrero, Mexique Courriers électroniques : coddehum prodigy.net.mx Fax : +52 747 471 21 90 Formule d’appel : Señor Presidente, / Monsieur,
COPIES À :
Organisation de défense des droits humains : Centro de Derechos Humanos de la Montaña « Tlachinollan » AC., Calle Mina, n° . 77, Col. Centro, Tlapa de Comonfort, CP 41304, Guerrero, Mexique
Ambassade des Etats Unis Mexicains Avenue F.D. Roosevelt 94 1050 Bruxelles Fax : 02.644.08.19 Fax : 02.646.87.68 Email : embamexbelgica-ue skynet.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 25 SEPTEMBRE 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.




