AMR 41/038/2007
AU 192/07
Craintes pour la sécurité
MEXIQUE : Bertha Felix Díaz (f), 30 ans, ancienne fonctionnaire de police
24 juillet 2007
Selon les informations reçues par Amnesty International, Bertha Felix Díaz, une femme issue de la communauté indigène nahua, a été la cible de harcèlement et de menaces après avoir déposé une plainte pour atteintes sexuelles et abus de pouvoir contre l’un de ses supérieurs, un haut fonctionnaire de la municipalité d’Alpoyeca (État de Guerrero). Ce dernier l’aurait forcée à avoir des relations sexuelles avec lui.
Le 18 juillet, le conseiller juridique du conseil municipal d’Alpoyeca est venu chez Bertha Felix, accompagné d’un officier de police judiciaire chargé d’enquêter sur cette affaire et de trois autres policiers. Il lui aurait demandé en échange de quelle somme elle accepterait d’abandonner les poursuites contre l’accusé. Lorsque Bertha Felix a répondu qu’elle voulait uniquement que justice lui soit rendue et que toute question relative à sa plainte devait être discutée directement avec son avocat, il lui a déclaré : « Si tu ne veux pas négocier, tu ferais mieux de faire attention aux conséquences ».
Le 15 mai, un haut fonctionnaire municipal, assisté d’autres agents de police, l’aurait contrainte à aller dans un hôtel de Tlapa de Comonfort et à avoir des relations sexuelles avec lui. Lorsqu’elle a protesté, il lui a dit : « Tu veux garder ton travail, oui ou non ? C’est en couchant avec moi que tu le conserveras. » Puis il lui a ordonné de garder le silence sur ce qu’il se passait, faute de quoi elle serait renvoyée. De crainte de perdre son travail, qui était le seul moyen pour elle de pouvoir s’occuper de sa mère, elle a suivi son patron, qui lui aurait ensuite fait subir des atteintes sexuelles à d’autres reprises.
Le 4 juillet, Bertha Felix a été renvoyée par cet homme, après qu’il se l’eut humiliée, semble-t-il, en raison de ses difficultés à lire l’espagnol. Le lendemain, elle a contacté une organisation locale de défense des droits humains, le Centro de Derechos Humanos de la Montaña Tlachinollan (Centre des droits humains de la montagne Tlachinollan), afin de demander conseil à la suite de ce qui lui était arrivé. Cette organisation a porté plainte contre le haut fonctionnaire pour atteintes sexuelles et abus de pouvoir auprès du ministère public et de la Commission des droits humains de l’État de Guerrero. Le 11 juillet, cette commission a ordonné au président du conseil municipal d’Alpoyeca de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger Bertha Felix, ainsi que ses proches et les témoins de ces agissements, et de « … donner des instructions à [l’accusé] afin qu’il s’abstienne de tout acte d’intimidation ou de harcèlement envers Bertha Felix… »
Malgré les recommandations de la Commission des droits humains, Bertha Felix aurait été la cible de manœuvres de harcèlement visant à la forcer à accepter de l’argent en échange de l’abandon de sa plainte. Elle a également reçu des appels téléphoniques de ses anciens collègues qui ont fait pression sur elle pour qu’elle leur donne des informations sur les poursuites engagées et sur ses déplacements.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol, en anglais ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet pour la sécurité de Bertha Felix, qui est la cible de menaces et de harcèlement depuis qu’elle a porté plainte pour atteintes sexuelles et abus de pouvoir contre un haut fonctionnaire municipal ;
exhortez les autorités à veiller à ce que des mesures de protection soient prises immédiatement en sa faveur, conformément à ses souhaits et aux recommandations émises par la Commission des droits humains de l’État de Guerrero le 11 juillet ;
demandez instamment qu’une enquête impartiale et approfondie soit menée sans délai sur les atteintes sexuelles présumées commises contre Bertha Felix ;
engagez les autorités à ouvrir sans délai une enquête impartiale et approfondie sur les menaces et le harcèlement dont Bertha Felix est la cible depuis qu’elle a porté plainte pour atteintes sexuelles.
APPELS À :
Gouverneur de l’État de Guerrero :
Lic. Zeferino Torreblanca Galindo
Gobernador del Estado de Guerrero
Palacio de Gobierno, Edificio Centro, piso 2, Ciudad de los Servicios
CP 39075, Chilpancingo, Guerrero
Mexique
Courriers électroniques : gobernador guerrero.gob.mx
Fax : +52 747 471 9801
+52 747 471 47 88
+52 747 471 99 56
Formule d’appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Procureur général de l’État de Guerrero :
Lic. Eduardo Murueta Urrutia
Procurador del Estado de Guerrero
Carretera Nacional México-Acapulco Km. 6+300
Tramo Chilpancingo-Petaquillos
Chilpancingo 39090, Guerrero
Mexique
Fax : +52 747 47 22328
Courriers électroniques : cprocurador pgjgro.gob.mx
Formule d’appel : Señor Procurador, / Monsieur le Procureur,
Président de la Commission de défense des droits humains de l’État de Guerrero :
Lic. Juan Alarcón Hernández
Presidente de la Comisión de Defensa de los Derechos Humanos del Estado de Guerrero (Coddehum)
Avda. Juárez, Esq. Galo Soberón y Parra
Col. Centro, 39000, Chilpancingo, Guerrero
Mexique
Courriers électroniques : coddehum prodigy.net.mx
Fax : +52 747 471 21 90
Formule d’appel : Señor Presidente, / Monsieur,
COPIES À :
Organisation de défense des droits humains :
Centro de Derechos Humanos de la Montaña “Tlachinollan” AC.,
Calle Mina, no. 77, Col. Centro, Tlapa de Comonfort, C.P. 41304, Guerrero,
Mexique
Ambassade des Etats Unis Mexicains
Avenue F.D. Roosevelt 94
1050 Bruxelles
Fax : 02.644.08.19
Fax : 02.646.87.68
Email : embamexbelgica-ue skynet.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 11 SEPTEMBRE 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
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