MDE 13/042/2006
AU 107/06
Craintes de Torture et de mauvais Traitements.Préoccupations pour la santé.Prisonniers d’opinion présumés
IRAN : Ali Matour Zadeh (h) 30 ans ; Fahima Ismail Badawi (f),sa femme, 26 ans ainsi que leur petite fille âgée d’un mois
Amnesty International est préoccupée par la sécurité d’Ali Matour Zadeh et de son épouse, Fahima Ismail Badawi, deux membres de la minorité arabe d’Iran qui auraient été arrêtés le 28 février 2006. Fahima Ismail Badawi était enceinte de huit mois au moment de son interpellation ; elle a donné naissance à sa fille en prison.
Ali Matour Zadeh, l’un des membres fondateurs de Hizb al Wifaq, un parti politique illégal en Iran, est actuellement détenu au secret dans un lieu inconnu, une situation qui l’expose au risque d’être torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements. Sa femme, Fahima Ismail Badawi, et la mère de cette dernière auraient été arrêtées au domicile du couple quelques heures après lui et conduites à la prison de Sepidar, dans la province du Khuzestan. La mère de Fahima Ismail Badawi a été libérée au bout d’une semaine.
En prison, Fahima Ismail Badawi aurait donné naissance à une petite fille prénommée Salma, le 25 mars, à la suite de quoi elle a été emmenée à l’hôpital pour un court séjour. Institutrice à Ahvaz, dans la province du Khuzestan, la jeune femme s’est lancée dans la politique lorsqu’elle était étudiante en mathématiques à l’université de Dezful, au nord d’Ahvaz. Selon certaines informations, les autorités iraniennes ont posé trois conditions préalables à sa remise en liberté : que sa famille acquitte une caution de 3 milliards de rials (soit environ 270 euros), qu’elle divorce de son mari par défaut et qu’elle permette aux autorités iraniennes de choisir le prénom de sa fille, autre que le prénom arabe adopté par ses parents.
Amnesty International craint que Fahima Ismail Badawi et sa fille ne soient détenues uniquement dans le but de contraindre Ali Matour Zadeh à coopérer avec les autorités iraniennes lors de ses incessants interrogatoires en leur fournissant des renseignements concernant des militants arabes recherchés, ce qui ferait d’elles des prisonnières d’opinion. Ces personnes doivent être libérées immédiatement et sans condition, à moins qu’elles ne soient inculpées dans les meilleurs délais d’une infraction reconnue par la loi.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
La communauté arabe d’Iran vit essentiellement dans la province du Khuzestan, frontalière de l’Irak et importante sur le plan stratégique en raison des nombreuses réserves de pétrole qui s’y trouvent. La population arabe estime qu’elle n’a pas bénéficié des revenus pétroliers dans la même proportion que la population persane. Depuis toujours, la population arabe est en butte à la marginalisation et la discrimination. Elle est en proie à des tensions de plus en plus vives depuis le mois d’avril 2005, en raison de rumeurs selon lesquelles le gouvernement envisagerait de disperser les membres de la minorité arabe du pays ou de les contraindre à renoncer à leur identité arabe. Des centaines de membres de cette communauté ont été arrêtés et des cas de torture ont été signalés.
À la suite d’attentats à l’explosif qui ont fait au moins 14 morts en juin et en octobre 2005 dans la ville d’Ahvaz, et d’explosions en septembre et en octobre sur des sites d’installations pétrolières, les violences se sont encore intensifiées et des centaines de personnes auraient été appréhendées. D’autres attentats à l’explosif, qui ont fait au moins six morts, ont eu lieu le 24 janvier 2006. Ils ont été suivis d’une nouvelle vague d’arrestations. Deux hommes, Mehdi Nawaseri et Ali Awdeh Afrawi, ont été exécutés en public le 2 mars 2006 après avoir été reconnus coupables d’implication dans les attentats à l’explosif du mois d’octobre. Ils ont été condamnés à l’issue d’un procès inéquitable devant un tribunal révolutionnaire, sans avoir été autorisés à consulter un avocat, semble-t-il, et leurs « aveux », comme les déclarations de six autres hommes, ont été diffusés à la télévision.
Les autorités ont arrêté et placé en détention d’autres femmes et enfants ces dernières semaines, manifestement dans le but de contraindre leur époux et père à se livrer (veuillez consulter l’AU 65/06, MDE 13/028/2006 du 23 mars 2006 et sa mise à jour, MDE 13/034/2006 du 4 avril 2006).
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en arabe, en persan ou dans votre propre langue) :
dites-vous préoccupé par la sécurité d’Ali Matour Zadeh, actuellement détenu au secret, de son épouse, Fahima Ismail Badawi, et de leur bébé, qui auraient été arrêtés le 28 février ;
demandez instamment aux autorités de libérer ces personnes immédiatement, à moins qu’elles ne soient inculpées, dans les meilleurs délais, d’une infraction reconnue par la loi ;
exhortez les autorités à permettre immédiatement à ces personnes de consulter un avocat de leur choix, de bénéficier des services d’un interprète, d’être en contact avec leur famille et de recevoir les soins médicaux requis par leur état de santé ;
efforcez-vous d’obtenir la garantie qu’elles ne seront ni torturées ni soumises à d’autres formes de mauvais traitements ;
déclarez-vous préoccupé à l’idée que Fahima Ismail Badawi et sa petite fille aient très probablement été placées en détention dans le seul but de contraindre leur époux et père à coopérer avec les autorités iraniennes, et qu’elles sont, par conséquent, des prisonnières d’opinion présumées ;
rappelez aux autorités que l’article 38 de la Constitution iranienne interdit d’arracher des « aveux » par la contrainte : « Toute forme de torture destinée à extorquer des aveux ou à obtenir des informations est proscrite » [traduction non officielle]. Cette pratique constitue par ailleurs une violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l’Iran est partie, et dont l’article 7 dispose : « Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
APPELS À :
Guide spirituel de la République islamique d’Iran : His Excellency Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei The Office of the Supreme Leader Shoahada Street, Qom République islamique d’Iran Fax : +98 251 7 774 2228 (précisez : « FAO the Office of His Excellency, Ayatollah al Udhma Khamenei ») Courriers électroniques : info leader.ir ou istiftaa wilayah.org Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,
Responsable du pouvoir judiciaire : His Excellency Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi Ministry of Justice, Park-e Shahr, Téhéran, République islamique d’Iran Courriers électroniques : irjpr iranjudiciary.org (précisez : « Please forward to His Excellency Ayatollah Shahroudi ») ou via le site Internet du pouvoir judiciaire : www.iranjudiciary.org/feedback_en.html Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
COPIES À :
Président du Majlis-e Shoura-e Islami (Assemblée consultative islamique) :
Gholamali Haddad Adel
Majles-e Shoura-ye Eslami (Parliament)
Imam Khomeini Avenue,
Tehran, République islamique d’Iran
Fax : +98 21 646 1746
Ambassade de la République islamique d’Iran
Avenue de Tervuren 415
1150 Bruxelles
Fax : 02.762.39.15
Email : iran-embassy yahoo.com
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 8 JUIN 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.




