MDE 13/098/2007 - 1er août 2007
Cinq des étudiants nommés ci-dessus ont été libérés sous caution le 18 juillet. Ahmad Qasaban, Majid Tavakkoli et Ehsan Mansouri auraient entamé une grève de la faim afin de protester contre leur maintien en détention. D’après les informations reçues, ils sont soumis à la torture.
Les familles des trois étudiants toujours détenus auraient été en mesure de leur rendre deux visites depuis leur arrestation. Le 24 juillet, elles ont adressé une lettre ouverte au responsable du pouvoir judiciaire, l’Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, dans laquelle elles décrivent publiquement, pour la première fois, les tortures et autres formes de mauvais traitements auxquelles les étudiants sont soumis. Les trois étudiants auraient raconté à leurs proches que sept de leurs interrogateurs les avaient violemment battus, en même temps, à coups de câbles et de fouets. Leurs séances d’interrogatoire dureraient parfois jusqu’à vingt-quatre heures ou auraient lieu en pleine nuit. Ils ont reçu des coups de pied dans les bras, la poitrine et le dos, et des coups de poing au visage et à la tête, au point qu’ils sont tombés de leurs chaises, avant d’être jetés contre les murs. Les étudiants ont été contraints à rester debout pendant quelque quarante-huit heures et à se tenir sur une jambe jusqu’à dix-huit heures durant. Ils n’ont pas été autorisés à recevoir des soins médicaux. Des interrogateurs leur auraient également fait croire que des membres de leurs familles avaient été arrêtés, battus ou harcelés, ou qu’ils étaient malades.
Avant cela, les familles avaient déjà écrit trois fois à l’Ayatollah Shahroudi : elles s’étaient déclarées inquiètes à l’idée que l’on ne maltraite physiquement et psychologiquement leurs enfants afin de les pousser à « avouer » des crimes qu’ils n’avaient pas commis, et lui demandaient d’intervenir pour que cela cesse.
Abbas Hakimzadeh et Ali Saberi, qui sont à six mois de terminer leurs études à l’Université Amir Kabir de Téhéran, auraient été suspendus pendant deux trimestres et se seraient vu interdire l’accès aux locaux de l’Université.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
La crise que connaît l’Université Amir Kabir a débuté à la suite de la publication, le 30 avril 2007, de bulletins d’information étudiants comportant des articles jugés insultants envers l’islam par des responsables de l’Université.
Ces documents, sur lesquels étaient imprimés les noms et les logos de quatre journaux étudiants, ont été distribués sur tout le campus. Ils contenaient trois articles controversés et deux caricatures qui ont pu être considérées comme critiques vis-à-vis du gouvernement iranien et outrageantes à l’égard de l’islam. Cette parution a eu lieu une semaine avant les élections annuelles de l’Association des étudiants islamiques, un syndicat étudiant.
L’un des articles remettait en cause l’infaillibilité du prophète Mahomet et du premier imam chiite, Ali, ainsi que la place du guide spirituel, l’ayatollah Ali Khamenei. Un autre article critiquait les mesures répressives du gouvernement concernant la tenue vestimentaire des femmes, et le troisième se moquait des vêtements féminins islamiques.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
- dites-vous inquiet à l’idée qu’Ahmad Qasaban, Majid Tavakkoli et Ehsan Mansouri aient subi des actes de torture et tentez d’obtenir la garantie qu’ils ne seront plus soumis à la torture ni à aucune autre forme de mauvais traitements ;
exhortez les autorités à ouvrir sans attendre une enquête sur ces informations et à en rendre les résultats publics ;
cherchez à connaître le motif de leur arrestation et les chefs d’accusation retenus contre eux, qui devront être rendus publics et communiqués immédiatement à ces étudiants et à leurs avocats ;
exhortez les autorités à libérer ces hommes immédiatement, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi ;
priez-les de prendre les mesures nécessaires pour qu’ils soient autorisés, sans délai et sans condition, à consulter leurs avocats, à recevoir la visite de leur famille et à bénéficier des soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.
APPELS À :
Guide spirituel de la République islamique d’Iran :
His Excellency Ayatollah Sayed ’Ali Khamenei, The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street - Shahid Keshvar Doust Street
Téhéran, République islamique d’Iran
Courriers électroniques : info leader.ir
Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,
Ministre du Renseignement :
Gholam Hossein Mohseni Ejeie
Ministry of Intelligence, Second Negarestan Street, Pasdaran Avenue, Téhéran, République islamique d’Iran
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi
Ministry of Justice, Ministry of Justice Building, Panzdah-Khordad Square, Téhéran, République islamique d’Iran
Fax : +98 21 3390 4986 (Merci de vous montrer persévérant)
Courriers électroniques : info dadgostary-tehran.ir (dans le champ réservé à l’objet, veuillez écrire : « FAO Ayatollah Shahroudi »)
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur,
COPIES À :
Président de la République :
His Excellency Mahmoud Ahmadinejad
The Presidency, Palestine Avenue, Azerbaijan Intersection, Téhéran, République islamique d’Iran
Courriers électroniques : dr-ahmadinejad president.ir
ou via son site Internet : www.president.ir/email
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Porte-parole du Majlis-e Shoura-e Islami (Assemblée consultative islamique) :
His Excellency Gholamali Haddad Adel
Majles-e Shoura-ye Eslami, Baharestan Square, Téhéran, République islamique d’Iran
Fax : +98 21 3355 6408
Courriers électroniques : hadadadel majlis.ir
Ambassade de la République islamique d’Iran
Avenue Franklin Roosevelt 15
1050 Bruxelles
Fax : 02.762.39.15
Email : secretariat iranembassy.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 12 SEPTEMBRE 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.




