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IRAN : Abed Tavancheh et Yashar Qajar

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / CRAINTES DE TORTURE ET DE MAUVAIS TRAITEMENTS

mercredi 14 juin 2006

MDE 13/065/2006

AU 165/06

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / CRAINTES DE TORTURE ET DE MAUVAIS TRAITEMENTS

IRAN : Abed Tavancheh (h), étudiant et auteur d’un blog Yashar Qajar (h), étudiant

Londres, le 9 juin 2006

Abed Tavancheh et Yashar Qajar, deux militants étudiants, auraient été arrêtés pendant ou après des manifestations étudiantes qui ont eu lieu à Téhéran. L’organisation craint qu’ils ne soient victimes d’actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements.

D’après les informations parues dans la presse, Abed Tavancheh et Yashar Qajar ont chacun téléphoné à leur famille le 5 juin pour l’informer qu’ils étaient détenus dans la prison d’Evin, mais ils n’ont pas indiqué les chefs d’inculpation qui pourraient être retenus contre eux. On ignore dans quel quartier de la prison ils sont détenus. Certains articles laissent entendre qu’ils seraient détenus dans la section 209, qui dépend, semble-t-il, du ministère du Renseignement, tandis que d’autres affirment qu’ils se trouvent dans la section 325, vraisemblablement dirigée par la branche des pasdaran (gardiens de la révolution) chargée des Renseignements. Abed Tavancheh et Yashar Qajar n’ont pas encore été autorisés à consulter leurs avocats. Il semblerait que la quatorzième chambre du parquet du tribunal révolutionnaire de Téhéran enquête actuellement sur leur dossier. Aux termes de la législation iranienne, les détenus ne peuvent entrer en contact avec un avocat qu’une fois la phase d’instruction achevée. Il n’existe aucune limitation de durée concernant le maintien en détention de personnes pendant cette phase.

Avant son appel téléphonique, Abed Tavancheh, étudiant à l’Université polytechnique Amir-Kabir de Téhéran, n’avait eu, semble-t-il, aucun contact avec ses proches depuis le 26 mai et il n’était pas joignable sur son téléphone portable. D’après certaines sources, il a participé aux manifestations qui se sont déroulées dans son établissement, dont il a publié des photos et des comptes-rendus sur son blog (accessible, en persan, à l’adresse suivante : http://beyade67.blogfa.com/).

Yashar Qajar est à la tête de l’Association des étudiants islamiques à l’Université Amir-Kabir. Selon les informations reçues, il a été arrêté le 28 mai par des membres des forces de sécurité, alors qu’il quittait cet établissement. Cette date correspondrait au lendemain de la publication d’une lettre adressée par son association au bureau du représentant du Guide suprême de la Révolution auprès des universités d’Iran. Selon un article paru dans Rooz, un journal publié sur Internet, il était écrit dans cette lettre que « les actions des directeurs actuels des services culturels de l’université [avaient] suscité des réactions de colère parmi les étudiants » et que les motifs d’insatisfaction des étudiants comprenaient notamment « la restriction des activités des centres culturels et artistiques, la répartition inéquitable des opportunités, la mise en œuvre de politiques illégitimes sur les campus et les pressions croissantes envers les publications étudiantes indépendantes ».

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Pendant la soirée du 23 mai 2006, deux des principales universités de Téhéran ont été la scène de protestations et d’affrontements entre les étudiants et la police.

Sur plusieurs campus universitaires situés dans différentes villes d’Iran, des étudiants ont organisé des rassemblements de protestation au cours de la semaine du 21 au 28 mai 2006 et se sont heurtés à plusieurs reprises aux forces de police. Aux cours de ces affrontements, plusieurs personnes (dont des policiers) ont, semble-t-il, été blessées et des arrestations ont été signalées.

Des problèmes variés sont à l’origine de ces protestations. À l’Université de Téhéran, elles ont été suscitées par la nomination, il y a peu de temps, de nouveaux dirigeants à la tête de l’établissement et par le départ en retraite forcé de neuf professeurs ; par ailleurs, les participants voulaient manifester leur soutien aux étudiants de l’Université Amir-Kabir qui protestaient, eux, contre l’intervention de membres des bassidji (miliciens volontaires) lors de l’élection de membres de l’Association des étudiants islamiques présente sur le campus. Dans la ville de Zenjan, au nord-ouest de Téhéran, les manifestations ont été déclenchées par un dessin paru le 12 mai dans Iran, un quotidien détenu par l’État, qui a choqué de nombreux membres de la minorité turque azérie d’Iran (qui se nomment eux-mêmes « Azerbaïdjanais d’Iran »). La publication de ce journal a été suspendue le 23 mai et le rédacteur en chef ainsi que l’auteur du dessin ont été arrêtés.

Selon certaines informations le militant étudiant Houman Kazemian a été arrêté le 27 mai 2006 par des membres des forces de sécurité, avec d’autres étudiants, au cours d’une manifestation qui s’est tenue devant le Majlis (Parlement iranien). Il semble que la plupart de ces étudiants, voire tous, ont été libérés le lendemain. Cependant, Houman Kazemian a, semble-t-il, « disparu » le 29 mai et ses proches n’ont reçu aucune information concernant le lieu où il se trouvait, jusqu’au 7 juin, date à laquelle il semblerait qu’il ait été libéré.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

- exprimez votre préoccupation au sujet de la sécurité d’Abed Tavancheh et de Yashar Qajar ;

- demandez à connaître les raisons de leur arrestation, ainsi que les charges éventuellement retenues contre eux ; dites que celles-ci doivent être rendues publiques et communiquées sans délai à Abed Tavancheh et à Yashar Qajar, ainsi qu’à leurs avocats. Rappelez aux autorités que si ces deux hommes ne sont pas inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi, ils doivent être libérés immédiatement ;

- demandez instamment qu’ils soient autorisés, sans délai et sans condition, à entrer en contact avec leurs avocats et avec leurs proches, ainsi qu’à recevoir les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;

- cherchez à obtenir la garantie que ces personnes ne seront victimes ni de torture, ni d’autres formes de mauvais traitements au cours de leur détention.

APPELS À :

Responsable du pouvoir judiciaire : His Excellency Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi Ministry of Justice, Park-e Shahr Tehran, République islamique d’Iran Courriers électroniques : veuillez adresser vos courriels via le formulaire figurant sur les pages persanes du site : http://www.iranjudiciary.org/contactus-feedback-fa.html La première ligne signifie « nom », la deuxième « adresse électronique » et la troisième « objet ». Merci d’écrire votre appel dans le dernier champ, réservé au texte. Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le ministre,

Ministre du Renseignement : Gholam Hossein Mohseni Ejeie Ministry of Information Second Negarestan Street Pasdaran Avenue Tehran, République islamique d’Iran Courriers électroniques : iranprobe iranprobe.com Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Ambassade de la République islamique d’Iran : Avenue de Tervuren 415, 1150 Bruxelles
Fax : 02.762.39.15
Email : iran-embassy yahoo.com

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 21 JUILLET 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

Communication au réseau Actions Urgentes d’AIBF Juin 2006

La première action urgente lancée par Amnesty date du 19 mars 1973 suite à l’arrestation d’un professeur d’économie au Brésil, Luiz Rossi. Le bureau de la sécurité et de l’ordre public à San Paolo, fut submergé par une avalanche de lettres de membres d’Amnesty. « J’ai eu l’impression que le chef du bureau de la sécurité et de l’ordre public se sentait mal à l’aise et sous pression du fait de cette soudaine attention internationale à son égard » dira sa femme en 1996. À l’origine de cette action urgente, Scott Harrison et Ellen Moore, un couple établi à San Francisco qui redistribuait les fax et télégrammes reçus de Londres. À l’époque, il s’agit du seul bureau chargé de faire écho aux actions produites par le Secrétariat International à Londres. Pour en savoir plus sur leur histoire et les tous débuts des Actions Urgentes : http://www.amnestyinternational.be/...

Le bureau des actions urgentes d’Amnesty Belgique, grâce à vous, grâce à ses milliers de participants, continue ce travail crucial et important. Nous vous en remercions.

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