Accueil du site > Actions en cours > Les actions urgentes > ÉTATS-UNIS (OHIO) : Darrell Wayne Ferguson

ÉTATS-UNIS (OHIO) : Darrell Wayne Ferguson

PEINE DE MORT

lundi 7 août 2006

AMR 51/128/2006

AU 208/06

PEINE DE MORT

ÉTATS-UNIS (OHIO) : Darrell Wayne Ferguson (h), Blanc, 28 ans

Londres, le 3 août 2006

Darrell Ferguson doit être exécuté le 8 août 2006 dans l’État de l’Ohio. Il a été condamné à la peine capitale en 2003 pour le meurtre de Thomas King, soixante et un ans, tué le 25 décembre 2001, et pour ceux de Mae Fugate, soixante-neuf ans, et de son mari, Arlie Fugate, soixante-huit ans, tués le lendemain dans la soirée. Darrell Ferguson a renoncé à exercer ses voies de recours.

Avant son procès, il a écrit au juge et au procureur. Dans une lettre à ce dernier, il a notamment reconnu les crimes dont il était accusé et exprimé son souhait « d’en finir au plus vite », ajoutant : « Darrell Wayne Ferguson requiert la peine capitale ». Dans une lettre adressée plus tard au juge, il a indiqué : « Je n’éprouve pas de Remords pour ce que j’ai fait [sic] ». Il lui a également demandé « en toute lucidité de bien vouloir [le] condamner à la Peine capitale [sic] ».

Darrell Ferguson a plaidé coupable et renoncé à son droit d’être jugé par un jury. Il a également refusé que soient présentés en sa faveur des éléments à titre de circonstances atténuantes. Avant d’être condamné, il a lu au tribunal une lettre dans laquelle il déclarait n’éprouver aucun remords, et que s’il venait à être libéré et réinséré dans la société, il « reprendrai[t] exactement où [il s’était] arrêté et prendrai[t] plaisir à détruire », ajoutant : « Je n’ai pas peur de mourir contrairement à certains d’entre vous ». Le collège de trois juges l’a ensuite condamné à mort.

Darrell Ferguson présente des antécédents de troubles mentaux. Il a reçu des soins pour un trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention et un syndrome bipolaire. Il a commis plusieurs tentatives de suicide. Ainsi, à l’âge de dix-neuf ans, il a ingéré de la mort au rat et a été placé en unité psychiatrique. Son frère a mis fin à ses jours l’année suivante. Darrell Ferguson présente par ailleurs des antécédents de toxicomanie. Son quotient intellectuel (QI) a été évalué à 77, ce qui correspond à un cas limite de retard mental. Le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’Ohio a recommandé au gouverneur Bob Taft de ne pas accorder sa grâce à Darrell Ferguson.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Parmi les personnes exécutées aux États-Unis depuis 1977, une sur dix environ était prétendument « volontaire », terme se rapportant aux prisonniers qui ont abandonné leurs voies de recours et ont « consenti » à être exécutés. Un grand nombre de facteurs peuvent intervenir dans la décision d’un condamné à mort qui choisit de ne pas exercer les voies de recours qui lui sont offertes – entre autres, les troubles mentaux ou physiques, les remords, la volonté de braver les autorités, les convictions religieuses, la dureté des conditions de détention, notamment l’isolement prolongé et l’absence de contacts physiques avec les visiteurs, l’alternative déprimante de la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, le peu d’espoir de voir les recours aboutir, la recherche de la notoriété, ou tout simplement le désir, pour le prisonnier, d’acquérir un semblant de contrôle sur une situation qui lui échappe entièrement. Qu’elle soit rationnelle ou non, une décision prise par une personne menacée de mort ne saurait être considérée comme l’expression d’un libre consentement. Qui plus est, le « consentement » du prisonnier ne peut faire oublier le fait que l’État est impliqué dans un meurtre prémédité, une violation des droits humains qui est l’expression d’une culture empreinte de violence, et non un remède à ce fléau. Si un prisonnier qui « demande » à être exécuté peut se leurrer quant au degré de contrôle qu’il exerce sur son destin (en réalité, il aide simplement les autorités à faire ce que celles-ci avaient de toute façon décidé de faire), l’État, pour sa part, se rend coupable d’une imposture autrement plus grave. Il propage sa propre illusion de contrôle, à savoir l’illusion selon laquelle en tuant une partie des personnes qu’il déclare coupables de meurtre, il contribue de manière constructive aux efforts de lutte contre la criminalité violente. En réalité, l’État ne fait que donner un aspect réfléchi et élaboré à ce qu’il tente de condamner chez autrui : le fait d’ôter délibérément la vie à un être humain. Ces exécutions sont parfois décrites comme une forme de suicide assisté par l’État, mais la qualification d’« homicide assisté par le prisonnier » semble plus appropriée. En effet, lorsqu’un condamné à mort veut se suicider, les autorités font tout leur possible pour l’en empêcher.

S’opposer à la peine de mort ne signifie pas excuser les crimes violents ni minimiser leurs conséquences. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’une majorité de pays fait aujourd’hui l’apologie des crimes violents, ce qui n’a évidemment aucun sens (125 ont aboli la peine de mort de jure ou de facto). Mettre un terme à la peine de mort, c’est plutôt reconnaître qu’il s’agit d’une politique destructrice, qui fait diversion et entraîne la division, et qui n’est pas compatible avec des valeurs largement partagées. Non seulement ce châtiment comporte un risque d’erreur irréparable, mais il coûte cher, que ce soit en argent public ou en termes sociaux et psychologiques. Il n’a pas été prouvé que la peine de mort ait un effet dissuasif particulier – comme le montrent les lettres de Darrell Ferguson. Elle tend à être appliquée de manière discriminatoire en fonction de la race et des origines sociales. En outre, elle nie toute possibilité de réconciliation et de réinsertion, et favorise des réponses simplistes à des problèmes humains complexes, au lieu d’encourager à trouver des explications susceptibles de contribuer à des stratégies constructives. La peine de mort détourne des ressources qui pourraient être utilisées plus efficacement pour lutter contre les crimes violents et aider ceux qui en sont victimes. Elle constitue un affront à la dignité humaine et doit être abolie. Depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États-Unis, en 1977, les autorités de ce pays ont ôté la vie à 1 036 condamnés à mort, parmi lesquels 120 au moins étaient « volontaires ». Nombreux étaient ceux qui souffraient de graves maladies mentales, présentaient un retard mental ou étaient à la limite du retard mental (voir à ce sujet le document USA. The execution of mentally ill offenders, janvier 2006, http://web.amnesty.org/library/pdf/...). L’Ohio a exécuté 22 prisonniers depuis la reprise des exécutions dans cet État, en 1999. Cinq avaient renoncé à exercer leurs voies de recours.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après, et que vous rédigerez (en anglais ou dans votre propre langue) en utilisant vos propres mots :

- faites part de votre compassion pour les proches de Thomas King, Mae Fugate et Arlie Fugate, et expliquez que vous ne cherchez aucunement à excuser les crimes qui leur ont coûté la vie ni à minimiser les souffrances qu’ils ont engendrées ;

- déclarez-vous opposé à l’exécution de Darrell Ferguson, en mettant en avant ses antécédents de troubles mentaux, dites-vous opposé à la peine capitale en général et soulignez qu’actuellement, la tendance est à l’abolition de ce châtiment dans le monde entier ;

- priez le gouverneur d’empêcher cette exécution et de soutenir un moratoire sur l’application de la peine de mort dans l’Ohio.

APPELS À : Gouverneur : Governor Bob Taft, 30th Floor, 77 South High Street, Columbus, Ohio 43215-6117, États-Unis Fax : +1 614 466 9354 Courriers électroniques : via le site du gouverneur : http://governor.ohio.gov/contactinf... Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,

Ambassade des Etats-Unis d’Amérique Boulevard du Régent 27 1000 Bruxelles Fax : 02.511.27.25

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

Communication au réseau Action Urgente juillet-août 2006 D’abord, une bonne nouvelle ! Adib Abdel Rahman Yusuf, le défenseur des droits humains qui avait fait l’objet de l’AU 285/04 (AFR 54/133/2004 du 8 octobre 2004), a été libéré le 19 avril 2005, après avoir passé sept mois en détention sans inculpation ni jugement. De toute évidence, il a reçu des copies des appels lancés en son nom, puisqu’il a entrepris d’écrire personnellement à chacun des membres du Réseau AU qui sont intervenus en sa faveur ! Fin 2005, il envoyait encore des lettres aux membres du réseau, ce qui donne une idée du nombre d’appels générés par son AU. Toute l’équipe, à savoir Marie-Françoise, John et Brian vous souhaite de très bonnes vacances 2006 ! Merci de votre soutien.

Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

1 Message

  • ÉTATS-UNIS (OHIO) : Darrell Wayne Ferguson Le 13 août 2006 à 11:41 , par Sophie

    Bonjour,

    je suis entierement de votre coté, d’autant plus que lorsqu’on voit des émissions TV sur les prisons des USA, au centre pénitencier des condamnés a mort, :( les témoignages sont bouleversants, combien de personnes sont condamnés pour des fautes minimes !!!!
    Et comme vous le soulignez, ce chatiment est destiné qu’a une classe sociale.
    Ceci tend a penser qu’il y a un prix pour effacer toute trace de son crime aux yeux de la justice américaine 8-.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

ÉTATS-UNIS (OHIO) : Darrell Wayne Ferguson

« mai 2012 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Pays par pays