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COLOMBIE : Hollman Morris , Carlos Lozano, Daniel Coronell, puis : Javier Giraldo Moreno et Gloria Cuartas

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / MENACES DE MORT

mardi 11 avril 2006

AMR 23/015/2006

Action complémentaire sur l’AU 132/05 (AMR 23/015/2005 du 20 mai 2005)

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / MENACES DE MORT

COLOMBIE : Trois journalistes : Hollman Morris (h) Carlos Lozano (h) Daniel Coronell (h) Deux nouvelles personnes menacées : Javier Giraldo Moreno (h), prêtre, défenseur des droits humains Gloria Cuartas (f), ancienne candidate aux élections sénatoriales

Londres, le 7 avril 2006

Selon certaines informations, un groupe paramilitaire formé récemment a réalisé une vidéo dans laquelle il accuse le journaliste Hollman Morris et trois autres personnes d’être des membres ou des agents des forces de la guérilla, ce qui fait d’eux des « cibles militaires ». Ce film s’apparente à des menaces de mort et Amnesty International craint que la vie des personnes désignées ne soit en danger.

La vidéo aurait été distribuée pour la première fois par des militaires à des étudiants de Bogota, la capitale, au début du mois de mars, avant les élections sénatoriales qui se sont déroulées le même mois. Le 9 mars, Gloria Cuartas, nommée dans ce document, en a remis un exemplaire à Hollman Morris, directeur de l’émission de télévision CONTRAVIA, un journal d’investigation. Cette femme, qui dirige un groupe politique de gauche, était candidate aux élections sénatoriales. Elle a ouvertement dénoncé les violations des droits humains imputables aux forces de sécurité et à leurs alliés paramilitaires. La vidéo a manifestement été produite par un groupe paramilitaire formé récemment et opérant sur l’ensemble du territoire colombien, le Frente Social por la Paz (Front social pour la paix). Outre les noms de Hollman Morris et de Gloria Cuartas, elle cite celui du père Javier Giraldo Moreno, défenseur des droits humains de premier plan qui a dénoncé les violations perpétrées par les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires, ainsi que celui d’un homme politique. Il n’a pas été possible, pour l’heure, de confirmer que ce dernier souhaitait bénéficier de l’intervention d’Amnesty International.

Le Front social pour la paix a utilisé les méthodes habituelles des groupes paramilitaires soutenus par l’armée dans cette vidéo, accusant ceux qui militent pour obtenir justice dans les cas de violations des droits humains imputables aux forces de sécurité ou aux paramilitaires d’être des membres ou des agents de la guérilla, des accusations qui font de ces personnes des cibles légitimes.

Le 16 mai 2005, Hollman Morris et deux autres journalistes, Carlos Lozano et Daniel Coronell, ont reçu des menaces de mort sous la forme de couronnes funéraires. Bien que les autorités aient publiquement condamné ces actes et pris des mesures de protection supplémentaires en faveur des trois hommes, Amnesty International ignore si les investigations ouvertes à la suite de ces menaces ont donné des résultats. Toujours est-il que les responsables de ces agissements n’ont pas encore été traduits en justice. Daniel Coronell et sa famille ont depuis lors quitté la Colombie pour se réfugier aux États-Unis.

Informations gÉnÉrales
Depuis quarante ans en Colombie, un conflit armé oppose les mouvements de guérilla aux forces de sécurité du gouvernement. Les forces armées ont mis en place une stratégie anti-insurectionnelle qui s’appuie fortement sur des groupes paramilitaires pour se livrer à une « sale guerre » reposant sur des pratiques telles que la torture, les « disparitions » et les exécutions extrajudiciaires. Officiellement, l’armée s’en prend aux membres avérés ou présumés de mouvements de guérilla, mais elle n’hésite pas à utiliser cette dénomination pour qualifier des syndicalistes ou des défenseurs des droits humains qu’elle souhaite réduire au silence. De leur côté, les mouvements de guérilla ont intimidé, voire tué des personnes qu’ils accusaient de collaborer avec leurs ennemis, notamment des défenseurs des droits fondamentaux, et se sont rendus coupables d’enlèvements et de prises d’otages.

En Colombie, les journalistes, les défenseurs des droits humains, les élus et les candidats électoraux sont fréquemment la cible de menaces et d’homicides. Il n’est pas rare que ceux qui militent pour que justice soit faite dans des affaires de violations des droits fondamentaux imputables à des membres des forces de sécurité ou à leurs alliés paramilitaires soient menacés, voire tués par des groupes armés engagés dans le conflit colombien, qui les accusent de collaborer avec le camp adverse.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol, en anglais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous préoccupé par la sécurité de Hollman Morris, Javier Giraldo Moreno et Gloria Cuartas, qui auraient été présentés comme des « cibles militaires » dans une vidéo produite par le Frente Social por la Paz (Front social pour la paix), un groupe paramilitaire ;

- priez les autorités de prendre des mesures afin de garantir la sécurité de ces personnes et de leur fournir une protection adaptée, conformément à leurs souhaits, afin qu’elles puissent poursuivre leurs activités légitimes en toute sécurité ;

- demandez instamment qu’une enquête exhaustive et impartiale soit menée dans les meilleurs délais sur les menaces dirigées contre Hollman Morris, Javier Giraldo Moreno et Gloria Cuartas dans la vidéo, ainsi que sur le rôle présumé de certains militaires dans la diffusion de ce document et priez les autorités de faire le nécessaire pour que les résultats de ces investigations soient rendus publics et que les responsables présumés soient déférés à la justice ;

- engagez les autorités à mener des investigations approfondies et impartiales sur les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes paramilitaires, à en rendre publiques les conclusions et à déférer à la justice les personnes soupçonnées de soutenir ces groupes ou d’en faire partie, conformément aux recommandations formulées par les Nations unies.

APPELS À :

Président de la République : Sr. Presidente Álvaro Uribe Vélez Presidente de la República Palacio de Nariño Carrera 8 No. 7-2 Bogotá, Colombie Fax : +57 1 337 5890 Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président de la République,

Ministre de l’Intérieur et de la Justice : Sr. Sabas Pretelt de la Vega Ministro del Interior y de Justicia Ministerio del Interior Av. Jiménez No. 8-89 Bogotá Colombie Fax : +57 1 560 4630 Formule d’appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire] : Dr. Mario Iguarán
Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación,
Diagonal 22B 52 01, Edificio C Piso 4 Bogotá, Colombia
Fax :
+57 1 414 9108 Formule d’appel : Estimado Dr. Iguarán, / Monsieur,

Ambassade de la République de Colombie : Avenue F.D.Roosevelt 96A, 1050 Bruxelles
Fax : 02.646.54.91 / Email :colombia emcolbru.be

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 19 MAI 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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