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COLOMBIE : Enrique Petro (h) ainsi que les membres de communautés d’origine africaine

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

jeudi 24 août 2006, par Nava

AMR 23/037/2006
AU 223/06
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

COLOMBIE Enrique Petro (h) ainsi que les membres de communautés d’origine africaine des bassins des fleuves Cacarica, Jiguamiandó et Curvaradó, dans le département du Chocó

Londres, le 22 août 2006
Des membres de communautés d’origine africaine des bassins du Jiguamiandó et du Curvaradó, dans le département du Chocó, auraient été menacés de mort par des paramilitaires opérant dans la région avec le soutien de l’armée colombienne. Ces menaces coïncident avec des informations révélant l’intensification des activités paramilitaires dans tout le nord du Chocó, notamment dans le bassin du Cacarica, tout proche, où la population est également menacée.
Le 16 août 2006, des paramilitaires auraient abordé des habitants du bassin du Curvaradó à Belén de Bajirá, une ville voisine, et les auraient informés qu’ils avaient l’intention d’assassiner Enrique Petro, membre d’une communauté d’origine africaine du bassin du Curvaradó. En mars 2006, des membres des forces armées avaient apparemment accusé cet homme d’avoir partie liée avec des mouvements de guérilla. Les paramilitaires ont ajouté qu’ils s’apprêtaient à tuer d’autres habitants de la « zone humanitaire » du Curvaradó, ainsi que des membres de groupes internationaux d’observateurs des droits humains accompagnant ces communautés. Ils auraient déclaré : « Nous n’attendons plus que l’ordre de notre supérieur, qui nous dira quand agir ».
Enrique Petro fait partie d’un groupe d’habitants des bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó qui ont dénoncé la multiplication sur leur territoire de plantations illégales de palmiers africains, une culture marchande dont l’huile peut être utilisée, notamment, pour la cuisine ou pour la fabrication du savon. Dans le passé, des paramilitaires se sont souvent livrés à de graves violations des droits humains contre des personnes, notamment des militants communautaires, qu’ils accusaient d’entretenir des liens avec des mouvements de guérilla. Le 11 août 2005, des paramilitaires avaient menacé Enrique Petro de le tuer s’il ne cessait pas de dénoncer le caractère illégal des plantations de palmiers africains.
Les dernières menaces suivent de peu la soi-disant « démobilisation » du Bloque Elmer Cárdenas (BEC, Bloc Elmer Cárdenas), un groupe paramilitaire opérant dans le nord du département du Chocó, où vivent les communautés des bassins du Jiguamiandó et du Curvaradó. Elles coïncident également avec la diffusion, sur une chaîne de télévision nationale, d’un reportage portant sur la démobilisation du BEC, dans l’émission La Noche. D’après ce programme d’actualités, le gouvernement serait en possession de documents indiquant que les paramilitaires « démobilisés » du BEC entendaient poursuivre leurs opérations et continuer de menacer la population civile de la région, ce qui signifierait pour elle de nouveaux meurtres, menaces et « disparitions ». Ces documents indiqueraient par ailleurs que les paramilitaires souhaitaient consolider leur pouvoir économique dans la région par le développement de plantations de palmiers africains et d’autres projets agricoles, et qu’ils étaient en train de renforcer leur présence militaire dans plusieurs zones, notamment celle du bassin du Cacarica. Les communautés d’origine africaine de cette région cherchent elles aussi à faire respecter leur droit de ne pas être impliquées dans les hostilités ; ces dernières années, elles ont reçu de multiples menaces de mort de la part de paramilitaires soutenus par l’armée, qui ont tué un grand nombre des leurs. Amnesty International craint que la communauté du bassin du Cacarica ne soit également menacée.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Ces dernières années, un grand nombre de communautés d’origine africaine se sont efforcées d’obtenir les titres de propriété des terres qu’elles occupent depuis des années. Les habitants des bassins du Cacarica, du Jiguamiandó et du Curvaradó, qui en font partie, ont obtenu ces titres, mais ils sont fréquemment menacés de mort par les forces de sécurité et par des paramilitaires. Ces derniers veulent les contraindre à pratiquer la culture marchande de palmiers africains, notamment, et ils occuperaient une partie de leur territoire. Depuis quelques années, le développement de telles plantations coïncide avec des menaces de mort répétées de la part des forces de sécurité et de leurs alliés paramilitaires. Les communautés affectées s’efforcent de faire reconnaître leur droit, en tant que civils, de ne pas être entraînées dans le conflit qui oppose les mouvements de guérillas de gauche aux forces de sécurité du gouvernement soutenues pas les paramilitaires. Elles demandent instamment aux groupes armés de rester en dehors des zones qu’elles occupent, qu’elles ont déclarées « zones humanitaires ».

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- déclarez-vous préoccupé par la sécurité des communautés d’origine africaine installées dans le nord du département du Chocó, notamment dans les bassins du Cacarica, du Jiguamiandó et du Curvaradó, et dites-vous particulièrement inquiet pour la sécurité d’Enrique Petro ;

- faites part de votre inquiétude pour les habitants de la « zone humanitaire » du Curvaradó, ainsi que pour les membres d’organisations de défense des droits humains basées dans cette région, qui auraient été menacés de mort par des paramilitaires ;

- dites-vous préoccupé par le fait que l’occupation illégale à des fins agricoles (notamment la culture de palmiers africains) de terres appartenant à ces communautés coïncide avec de multiples menaces de mort émanant de paramilitaires soutenus par l’armée colombienne ;

- faites observer qu’il y a d’autant plus lieu de s’inquiéter pour ces communautés que, selon certaines informations, des formations paramilitaires censées être en cours de démobilisation prévoient de poursuivre leurs opérations ainsi que leurs projets économiques agricoles dans la région ;
- demandez l’adoption de toutes les mesures jugées nécessaires par ces communautés en vue de garantir leur sécurité ;

- priez les autorités de mener des investigations approfondies et impartiales sur ces menaces de mort, d’en rendre publiques les conclusions et de déférer à la justice les responsables présumés ;

- exhortez les autorités à mener des investigations détaillées et impartiales sur les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes paramilitaires opérant dans le Chocó, à en rendre les résultats publics et à traduire en justice les personnes soupçonnées de soutenir ces groupes ou d’en faire partie ;

- engagez les autorités à prendre des mesures immédiates pour démanteler les groupes paramilitaires, conformément aux recommandations formulées par les Nations unies.

APPELS À :
Président de la République :
Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez
Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-2, Bogotá, Colombie
Fax : + 57 1 337 5890
Formule d’appel :
Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président,

Vice-Président de la République :
Vicepresidente Dr. Francisco Santos Calderón
Carrera 8A No 7-57, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 444 21 58
Formule d’appel :
Exco. Sr Vicepresidente Santos, / Monsieur le Vice-Président,

Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire] :
Dr. Mario Germán Iguarán, Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación,
Diagonal 22B 52 01 (Ciudad Salite), Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2000 (un message préenregistré en espagnol vous indique alors de composer le numéro de poste 2017)
Formule d’appel : Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

COPIES À :
Organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits humains :
Comisión Intereclesial Justicia y Paz, Calle 50, No13-19, Oficina 203, Bogotá, Colombie

Ambassade de la République de Colombie
Avenue F.D.Roosevelt 96A
1050 Bruxelles
Fax : 02.646.54.91
Email : colombia emcolbru.be

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 3 OCTOBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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