AMR 23/008/2007
AU 107/07 Craintes pour la sécurité
COLOMBIE Darío Edgardo Tapasco (h), dirigeant indigène et maire de la municipalité de Riosucio
Héctor Jaime Vinasco (h), dirigeant indigène et gouverneur de la réserve indigène de Cañamono (municipalité de Riosucio)
Ainsi que les autres conseillers municipaux indigènes de Riosucio (département de Caldas)
11 mai 2007
Des paramilitaires ont menacé de mort des dirigeants indigènes d’une municipalité de l’ouest du département de Caldas.
Le 5 mai, un homme aurait téléphoné au bureau du maire de Riosucio, Darío Edgardo Tapasco, en demandant à lui parler. Il s’est présenté sous le nom de « Jhonatan », commandant du Front Cacique Pipintá. Cette organisation paramilitaire est affiliée aux Autodefensas Unidas de Colombia (AUC, Milices d’autodéfense unies de Colombie). Le fonctionnaire qui a pris cet appel lui a indiqué que le maire n’était pas disponible. Son interlocuteur a répondu : « Dis à ces fils de putes, lui et ses conseillers, qu’ils ont jusqu’à lundi [7 mai] pour démissionner, et que sinon, on les transformera en écumoires. »
Le 8 mai, aux alentours de 7 h 30, quatre hommes et une femme, des paramilitaires, semble-t-il, auraient rendu visite à Carlos Alberto González, célèbre syndicaliste et dirigeant associatif, à son domicile situé dans la réserve de Cañamono (municipalité de Riosucio). Ils l’ont interrogé au sujet des déplacements de Darío Edgardo Tabasco et de ses activités de maire de Riosucio.
Ces derniers jours, des représentants d’un groupe paramilitaire se seraient rendus dans la réserve de Cañamono et auraient demandé à un membre de cette communauté de piéger Héctor Jaime Vinasco, le gouverneur de la réserve, pour qu’il l’accompagne jusqu’à un lieu isolé où ils pourraient l’enlever.
Des paramilitaires auraient fait courir dans la municipalité de Riosucio des rumeurs selon lesquelles « aucun indigène ne sera[it] plus admis à la mairie ».
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En 2002, certains membres de la communauté indigène embera chami de Riosucio ont présenté leur candidature aux élections municipales. Des paramilitaires ont alors réagi en menaçant des dirigeants indigènes, avant de tuer plusieurs d’entre eux. La Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américains (OEA) a alors exhorté les autorités colombiennes à assurer la protection des membres de cette communauté. Cependant, le 8 juin 2003, trois dirigeants indigènes ont été tués et quatre gravement blessés, vraisemblablement par des paramilitaires, à La Herradura (municipalité de Riosucio).
Les groupes paramilitaires colombiens soutenus par l’armée sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d’un programme mis en place par le gouvernement. Or, Amnesty International reçoit toujours des informations faisant état de violations des droits humains commises par des groupes paramilitaires qui opèrent avec les forces de sécurité. Il semble qu’un grand nombre de ces groupes n’ait pas été démobilisés du tout, mais continuent, au contraire, de mener leurs activités, souvent sous de nouveaux noms afin de dissimuler le maintien de leur mobilisation. Des organisations paramilitaires ont récemment reconnu publiquement que leurs structures militaires restaient intactes.
Amnesty International craint que le dispositif légal global pour la démobilisation des groupes armés illégaux, y compris la Loi pour la justice et la paix, ne soit toujours pas conforme aux normes internationales relatives au droit à la vérité, à la justice et aux réparations, et n’aggrave le problème de l’impunité, endémique en Colombie. Les auteurs de violations des droits humains savent qu’ils ne seront pas traduits en justice, même lorsque de sérieux éléments de preuve pèsent contre eux.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
priez les autorités d’accorder à Darío Edgardo Tapasco, Héctor Jaime Vinasco et aux autres dirigeants indigènes du département de Caldas, qui ont été menacés par des groupes paramilitaires, les mesures de protection qu’ils jugent efficaces pour garantir leur sécurité ;
demandez instamment aux autorités de mener des investigations approfondies et impartiales sur ces menaces de mort, d’en rendre publiques les conclusions et de déférer à la justice les responsables présumés ;
exhortez les autorités à prendre sans délai des mesures afin de démanteler les groupes paramilitaires, comme le gouvernement s’y est engagé et conformément aux recommandations des Nations unies et d’autres organisations intergouvernementales.
APPELS À :
Président de la République :
Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez
Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-2, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 342 0592
Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président de la République,
Ministre des Affaires étrangères :
Sr. Fernando Araújo Perdomo
Ministerio de Relaciones Exteriores
Calle 10 No 5-51, Palacio de San Carlos, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 562 7822
Formule d’appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,
Procureur général :
Sr. Mario Iguarán Arana
Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B 52 01 (Ciudad Salite), Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2000 (un message préenregistré en espagnol vous indique alors de composer le numéro de poste 2017)
Formule d’appel : Estimado Sr. Fiscal, / Monsieur le Procureur général,
COPIES À :
Organisation non gouvernementale de défense des droits humains :
Corporación Reiniciar
Calle 19 Nº 3-10 Of. 1102
Edif. Barichara - Torre B
Bogotá
Colombie
Ambassade de la République de Colombie
Avenue F.D.Roosevelt 96A
1050 Bruxelles
Fax : 02.646.54.91
Email : colombia emcolbru.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 22 JUIN 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.




