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  • Action urgente: Iran. Des arabes Ahwazis risquent un procès inique et des actes de torture

    AU 137/12, MDE 13/029/2012, 18 mai 2012

    ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 29 JUIN 2012.
    Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

    Six Arabes ahwazis d’Iran seront jugés le 20 mai prochain. Ces hommes ont été détenus sans inculpation pendant près d’un an ; tous ont été arrêtés en raison de leurs activités en faveur de la minorité ethnique dont ils sont issus. On craint qu’ils soient jugés de façon inique et subissent des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

    Les six hommes, tous originaires de Khalafabad, dans la province du Khuzestan (sud-ouest de l’Iran), ont été interpellés chez eux en février et mars 2011, avant le sixième anniversaire des manifestations de grande ampleur organisées en avril 2005 par les Arabes ahwazis. Mohammad Ali Amouri, blogueur, Rahman Asakereh, professeur de chimie, et Hashem Shabani Amouri, enseignant, ont été appréhendés le 16 février. Hadi Rashidi (ou Rashedi), enseignant, a été arrêté le 28 février, tandis que Sayed Jaber Alboshoka et son frère cadet Sayed Mokhtar Alboshoka ont été interpellés en mars.

    Ces six individus sont actuellement détenus à la prison de Karoun à Ahvaz, dans la province du Khuzestan. Au moins quatre d’entre eux n’ont pas eu le droit de s’entretenir avec un avocat pendant au moins huit mois après leur arrestation. Aux alentours de février dernier, ils ont tous été inculpés, au cours d’audiences individuelles de cinq minutes, d’infractions formulées en termes vagues, à savoir « inimitié à l’égard de Dieu et corruption sur terre », « rassemblement et collusion contre la sûreté de l’État » et « diffusion de propagande contre le régime ». Le premier chef d’inculpation est passible de la peine capitale. Les six hommes doivent être jugés le 20 mai prochain devant la 2e chambre du tribunal révolutionnaire de Dezful.

    Mohammad Ali Amouri, qui s’était enfui en Irak en décembre 2007 avant d’être renvoyé de force dans son pays en janvier 2011, aurait subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements pendant les sept premiers mois de sa détention. Hadi Rashidi a été hospitalisé après son interpellation, apparemment victime de torture ou d’autres mauvais traitements ; il serait en mauvaise santé. La famille de Sayed Jaber et Sayed Mokhtar Alboshoka affirme que le premier a perdu 10 kilos et que le second souffre de dépression et de pertes de mémoire des suites d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

    DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :

    - appelez les autorités à veiller à ce que Mohammad Ali Amouri, Rahman Asakereh, Hadi Rashedi, Hashem Shabani Amouri, Sayed Jaber Alboshoka et Sayed Mokhtar Alboshoka soient jugés au cours de procès respectant les normes internationales d’équité et excluant tout recours à la peine de mort ;

    - exhortez-les à s’assurer que ces hommes soient protégés contre la torture et d’autres mauvais traitements, et qu’ils puissent s’entretenir régulièrement avec les avocats de leur choix ;

    - demandez-leur de garantir que Hadi Rashidi et les cinq autres hommes bénéficient immédiatement des soins médicaux nécessaires.

    ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 29 JUIN 2012 À :
    Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

    Guide suprême de la République islamique d’Iran
    Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
    The Office of the Supreme Leader
    Islamic Republic Street – End of Shahid
    Keshvar Doust Street, Tehran,
    République islamique d’Iran
    Courriel : info_leader@leader.ir
    Twitter : « #Guide suprême @khamenei_ir doit garantir que six Arabes ahwazis soient jugés de façon équitable »
    Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,

    Responsable du pouvoir judiciaire
    Ayatollah Sadegh Larijani
    [care of] Public relations Office
    Number 4, 2 Azizi Street intersection
    Tehran,
    République islamique d’Iran
    Courriel : bia.judi@yahoo.com (objet : FAO Ayatollah Sadegh Larijani)
    Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

    Copies à :
    Secrétaire général du Haut conseil des droits humains
    Mohammad Javad Larijani
    c/o Office of the Head of the Judiciary
    Pasteur St., Vali Asr Ave
    South of Serah-e Jomhouri
    Tehran,
    République islamique d’IranCourriel : info@humanrights-iran.ir (Objet : FAO Mohammad Javad Larijani)

    Veuillez également adresser des copies à :
    Ambassade de la République islamique d’Iran
    Avenue F.D.Roosevelt 15,
    1050 Bruxelles
    eMail: secretariat@iranembassy.be
    Fax 02.762.39.15

    COMPLEMENT D’INFORMATION

    Les Arabes ahwazis constituent l’une des nombreuses minorités en Iran. Une grande partie de la communauté arabe d’Iran habite dans la province du Khuzestan, dans le sud-ouest du pays. La plupart sont des musulmans chiites mais certains se seraient convertis au sunnisme, exacerbant les suspicions qu’entretient le gouvernement vis-à-vis des Arabes ahwazis. Ces derniers se plaignent souvent d’être marginalisés et victimes de discrimination en matière d’accès à l’éducation, à l’emploi, à un logement décent, à la participation politique et aux droits culturels.

    Le mois d’avril 2005 a été marqué par des manifestations de grande ampleur dans la province du Khuzestan, déclenchées par des rumeurs suggérant que le gouvernement envisageait de disperser cette population ou de la contraindre à renoncer à son identité arabe. À la suite d’attentats à l’explosif commis en juin et octobre 2005 à Ahvaz, qui ont fait au moins 14 morts, ainsi qu’en septembre et octobre 2005 sur des installations pétrolières, les violences se sont intensifiées et des centaines de personnes auraient été appréhendées. D’autres attentats à la bombe, qui ont fait au moins six morts, ont eu lieu le 24 janvier 2006. Ils ont été suivis d’une nouvelle vague d’arrestations arbitraires. Au moins 15 hommes ont été exécutés par la suite en raison de leur participation présumée à ces attentats.

    Mohammad Ali Amouri a fui l’Iran pour l’Irak en décembre 2007 ; il semblait alors être recherché par les autorités pour avoir organisé des manifestations pendant le mouvement de protestation antigouvernemental de grande ampleur en avril 2005. Il a été appréhendé à Bassora, dans le sud de l’Irak, accusé d’être entré illégalement sur le territoire irakien et condamné à un an de prison à purger à la prison d’Al Amara. Une fois sa peine terminée (voir AU 03/09, MDE 14/001/2009, 7 janvier 2009, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE14/001/2009/fr), il a été renvoyé de force en Iran, où il a été arrêté 20 jours après son arrivée.

    Des dizaines, voire des centaines, de membres de la minorité arabe ahwazie auraient été interpellés avant, pendant et après les rassemblements du 15 avril 2011. Celles-ci, qui marquaient le sixième anniversaire des manifestations de grande ampleur de 2005, avaient été appelées « Journée de la colère ». Au moins trois personnes (selon les autorités), et peut-être bien plus, ont été tuées au cours des rassemblements d’avril 2011 lors d’affrontements avec les forces de sécurité, notamment dans le quartier de Malashieh, à Ahvaz. Amnesty International a obtenu les noms de 27 personnes qui auraient été tuées. Selon certaines sources parmi la communauté arabe ahwazie, le nombre de victimes serait encore plus élevé. L’organisation n’est pas en mesure de confirmer ces informations car les autorités iraniennes ne l’autorisent pas à se rendre dans le pays. Celles-ci contrôlent étroitement le flux d’informations qui entrent et sortent de la province du Khuzestan, notamment en empêchant les journalistes étrangers de s’y rendre. Au moins quatre Arabes ahwazis seraient morts en détention entre le 23 mars et la mi-mai 2011, probablement des suites d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements. D’autres, dont Hadi Rashidi, ont été hospitalisés à la même période, toujours en raison de ces sévices, semble-t-il.

    Entre le 10 janvier et début février 2012, juste avant les élections parlementaires organisées le 2 mars dernier, 50 à 65 personnes auraient été appréhendées dans au moins trois endroits différents de la province du Khuzestan. Au moins deux décès en détention ont également été signalés. Certains Arabes ahwazis, principalement à Shoush, dans le centre-nord du Khuzestan, ont appelé au boycott des élections. Plusieurs personnes auraient été appréhendées après l’apparition de slogans anti-élection peints sur les murs. Les autorités semblent avoir procédé à des arrestations préventives afin d’empêcher tout rassemblement d’Arabes ahwazis pour l’anniversaire des manifestations organisées dans tout le pays le 14 février 2011 en soutien aux peuples tunisien et égyptien, victimes d’une répression violente, ou pour celui de la « Journée de colère », le 15 avril. Juste avant le 15 avril dernier, de fin mars à mi-avril, au moins 25 Arabes ahwazis auraient été interpellés à la suite des manifestations qui ont eu lieu à travers toute la province du Khuzestan.

    Noms : Mohammad Ali Amouri, Rahman Asakereh, Hadi Rashedi, Hashem Shabani Amouri, Sayed Jaber Alboshoka et Sayed Mokhtar Alboshoka

    Genre : hommes

    AU 137/12, MDE 13/029/2012, 18 mai 2012

  • Action urgente: Pakistan. Menaces contre Saleem Khursheed Khokhar, un homme politique défendant les minorités

    AU 139/12, ASA 33/004/2012, 17 mai 2012

    ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JUIN 2012.
    Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

    Le parlementaire Saleem Khursheed Khokhar a reçu des menaces de mort parce qu’il a demandé que les femmes et filles hindoues soient protégées des enlèvements et de la conversion forcée à l’islam.

    Saleem Khursheed Khokhar est chrétien, membre de l’Assemblée provinciale du Sind (Pakistan) et président de la section sindhie de l’Alliance de toutes les minorités pakistanaises. Le 18 avril, après que la Cour suprême a consacré une audience à la conversion et au mariage présumés forcés d’une femme hindoue, ce parlementaire a critiqué dans les médias l’enlèvement et la conversion forcée de femmes issues de minorités religieuses. Deux jours plus tard, il a reçu un SMS de menace affirmant que le Pakistan avait été créé uniquement pour les musulmans, que seuls les musulmans pouvaient y vivre pacifiquement et que personne d’autre ne serait autorisé à le faire. Depuis l’année dernière, Saleem Khokhar a reçu une série de menaces parce qu’il défend les droits des minorités. Il est le plus éminent homme politique menacé de mort pour ce motif depuis les assassinats de Salmaan Taseer, gouverneur du Pendjab, et de Shahbaz Bhatti, ministre fédéral des Minorités, en 2011.

    Le jour où il a reçu la menace en question, Saleem Khokhar a porté plainte auprès du commissaire du poste de police de Clifton, à Karachi, et un procès-verbal introductif a été dressé. Cependant, cet homme a expliqué à Amnesty International et informé par écrit des hauts représentants de l’État que la police n’avait pas enquêté sur les faits et s’était contentée d’enregistrer le procès-verbal. Il pense que les quelques agents affectés à sa sécurité par les autorités sont trop peu nombreux et n’ont pas été sélectionnés de manière suffisamment minutieuse pour garantir qu’ils ne nourrissent aucune animosité à son égard, dans la mesure où ils sont musulmans et lui, chrétien. En janvier 2011, le gouverneur Taseer a été assassiné par l’un de ses gardes du corps, qui estimait qu’il avait blasphémé en s’opposant ouvertement aux lois qui servent souvent de justification pour s’en prendre aux minorités religieuses. Le ministre Bhatti a été assassiné en mars 2011 pour s’être montré critique sur le même sujet. L’an dernier, Saleem Khokhar a été menacé de mort pour avoir soutenu ces deux hommes.

    DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais, en ourdou ou dans votre propre langue) :

    - appelez les autorités à fournir une protection suffisante à Saleem Khursheed Khokhar et sa famille et à veiller à ce que les agents affectés à leur sécurité soient sélectionnés correctement ;

    - exhortez-les à enquêter rapidement sur toutes les menaces reçues par ces personnes et toutes celles qui font campagne contre les conversions et mariages forcés;

    - demandez-leur de traduire en justice les auteurs présumés de ces menaces et de tout autre acte de violence visant des minorités religieuses, y compris la conversion et le mariage forcés, dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité des procès.

    ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JUIN 2012 À :
    Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

    Premier ministre
    Syed Yusuf Raza Gilani
    Prime Minister House
    Islamabad,
    Pakistan
    Fax : +92 51 922 1596
    Courriel : secretary@cabinet. gov.pk
    Formule d’appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

    Chef du gouvernement de la province du Sind
    Qaim Ali Shah
    Interior Minister of Sindh
    Dr. Zia ud Din Ahmed Road
    Karachi, Sindh
    Pakistan
    Fax : +92 21 992 02000
    Formule d’appel : Dear Chief Minister, / Monsieur le Chef du gouvernement,

    Inspecteur général de la police du Sind
    Mushtaq Shah
    Sindh Police
    Head Office I. I. Chundrigar Road
    Karachi, Sindh
    Pakistan
    Fax : +92 21 99 212 051
    Courriel : addl.igp_karachi@sindhpolice.gov.pk
    Formule d’appel : Dear Mr Basha, / Monsieur,

    Veuillez également adresser des copies à :
    Ambassade de la République islamique du Pakistan
    Avenue Delleur 57,
    1170 Bruxelles
    eMail: parepbrussels@skynet.be ,
    Fax 02.675.83.94

    COMPLEMENT D’INFORMATION

    L’étudiante hindoue Rinkle Kumari a disparu de son domicile, à Mirpur Mathelo (province du Sind), le 24 février. Plus tard dans la journée, ses parents ont reçu un appel téléphonique d’un religieux musulman de la région, qui a déclaré que la jeune fille s’était convertie à l’islam. Le soir même, elle avait été mariée à un musulman des environs. Selon ses proches, elle a été convertie et mariée de force. La Cour suprême est intervenue et a statué, le 18 avril, que Rinkle Kumari et deux autres jeunes filles qui auraient été converties et mariées de force à des musulmans devaient pouvoir décider si elles souhaitaient demeurer auprès de leurs maris respectifs ou retourner dans leurs familles. Elle a également ordonné que ces personnes bénéficient d’une protection policière. Pendant le procès, elles étaient logées dans un centre d’accueil où elles auraient été menacées par téléphone. Les trois jeunes filles ont dit vouloir rester avec leurs maris. Cependant, des défenseurs des droits humains ont critiqué le fait que la Cour attendait d’elles une décision immédiate en faisant abstraction du climat général de crainte et d’intimidation dans lequel évoluent les minorités religieuses, en particulier les franges défavorisées de la communauté hindoue de la province du Sind.

    Saleem Khursheed Khokhar a été menacé après avoir apporté son soutien aux proches des trois jeunes filles, à la suite de l’audience tenue par la Cour suprême le 18 avril. L’affaire de Rinkle Kumari, fortement relayée dans les médias pakistanais, a mis en lumière les craintes d’atteintes aux droits humains visant la communauté hindoue du Pakistan. Non seulement les femmes hindoues sont menacées de conversion et de mariage forcés, mais des commerçants de cette minorité ont été la cible d’une série d’enlèvements accompagnés de demandes de rançon au Sind et dans la province voisine du Baloutchistan. Selon la Commission pakistanaise des droits humains, 34 hindous ont été enlevés depuis 2011 au Baloutchistan et 50 familles ont fui la province.

    À plusieurs reprises, le gouvernement pakistanais n’a pas respecté ni protégé les droits humains des minorités religieuses ni des personnes qui défendent leurs droits. La police s’abstient souvent d’enregistrer et de traiter les plaintes, et le fonctionnement de la justice est entravé par l’attitude biaisée de certains juges à l’égard des minorités religieuses. En 2009, soit un an après son accession au pouvoir, le gouvernement actuel s’est engagé à réviser les « lois préjudiciables à l’harmonie religieuse ». Pourtant, il n’a pas réagi aux assassinats du gouverneur de Pendjab, Salmaan Taseer, et du ministre fédéral des Minorités, Shahbaz Bhatti, en janvier et mars 2011 respectivement. Ces deux hommes ont été tués parce qu’ils avaient critiqué les lois relatives au blasphème qui visent de manière disproportionnée les minorités religieuses.

    Les articles 18 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Pakistan est partie, protègent le droit de chacun à la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’opinion et d’expression. L’article 26 proclame l’égalité de tous devant la loi, sans discrimination. L’article 27 dispose que les personnes appartenant à des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques « ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue ». Cet article exige des États qu’ils prennent des mesures volontaristes pour protéger les minorités religieuses de tout acte commis par leurs agents ou d’autres personnes.

    Nom : Saleem Khursheed Khokhar / Genre : homme

    AU 139/12, ASA 33/004/2012, 17 mai 2012

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