Les autorités de la ville de Phnom Penh menacent, depuis juin 2006, d’expulser de force quelque 150 familles vivant dans une zone, connue sous le nom de Groupe 78, située dans le centre de la ville. Ces personnes ont commencé à s’installer dans cet endroit en 1983. Depuis, la valeur du terrain a énormément augmenté. La plupart des personnes habitant cette zone sont des marchands ambulants pauvres ; d’autres sont enseignants ou encore fonctionnaires subalternes. Après avoir expulsé ces familles, les autorités comptent les reloger dans un site, sans aucun approvisionnement en eau et dépourvu de canalisations d’égout, où des milliers de personnes expulsées d’autres quartiers de Phnom Penh vivent dans des conditions épouvantables. Les familles ont effectué, à plusieurs reprises, des démarches pour que leur soient officiellement délivrés les titres de propriété correspondant à leurs parcelles. Beaucoup vivent dans le Groupe 78 depuis 1983 : la loi prévoit qu’une personne qui occupe une parcelle de terre durant plus de cinq ans a le droit d’avoir un titre de propriété. Ces personnes avaient de nombreux documents officiels prouvant qu’elles occupaient ces terrains depuis plus de cinq ans mais les autorités municipales ont rejeté toutes leurs demandes de titre de propriété officiel. La Commission cadastrale, l’organe gouvernemental chargé d’attribuer les titres de propriété aux personnes vivant sur des terres, sans posséder de titre de propriété dûment enregistré, a également refusé de prendre en compte leurs revendications. Les habitants du Groupe 78 ont été informés que ce refus résultait de l’intervention de hauts responsables gouvernementaux. Les familles ont saisi le ministère de la gestion foncière, de la planification urbaine et de la construction, et celui-ci leur a promis d’enquêter sur le refus de la Commission cadastrale. Mais, à ce jour, il n’a pris, aucune mesure dans ce sens.
Groupe 78 Cambodge : expulsion forcée
mercredi 10 février 2010, par
Voir en ligne : http://www.isavelives.be/fr/node/3593




