Deux ou trois petites choses bonnes à rappeler
1. Amnesty International agit sur la base de la Déclaration universelle des droits de l’homme et d’autres pactes internationaux.
2. Amnesty International s’est donné une mission
Amnesty International est convaincue que tous les droits de l’homme sont indivisibles et interdépendants. Par son action concrète en faveur des prisonniers qui relèvent de son mandat, Amnesty International contribue à promouvoir plus largement le respect et la protection des droits de l’homme dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel ".
Quelques articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur lesquels Amnesty base son combat (et qu’il est toujours bon de rappeler dans votre courrier) :
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit Implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.
Article 19
Tout Individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les Informations et les Idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
Articles tirés de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948.
Un bref résumé de la mission d’Amnesty
L’origine d’Amnesty International (AI) remonte à la parution d’un appel dans l’Observer de Londres, le 28 mai 1961, qui attirait l’attention sur le nombre croissant de personnes emprisonnées, dans toutes les parties du monde, pour la seule raison que le gouvernement de leur pays n’admettait pas leurs opinons ou leurs croyances. L’auteur de l’appel était l’avocat Peter Benenson. Sean MacBride (prix Nobel de la Paix 1974) a été le premier président du Comité exécutif international du mouvement né de cet appel, qui en 1989 comptait plus de 750 000 membres dans plus de 150 pays et des sections nationales organisées dans 46 pays. plus d’informations sur l’histoire d’Amnesty et son fonctionnement >>ici<<
Considérant que tout homme a le droit d’exprimer librement ses convictions, AI s’efforce d’assurer dans le monde entier l’application des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
AI agit en dehors de toute considération idéologique, pour faire libérer les personnes (dénommées " prisonniers d’opinion ") qui sont arrêtées ou détenues en raison de leurs convictions politiques ou religieuses, ou encore à cause de leur origine ethnique, à condition qu’elles n’aient pas recouru à la violence (voir l’article premier des statuts d’Amnesty International). Elle lutte pour l’abolition de la torture et de la peine de mort, et pour les prisonniers politiques, elle s’efforce d’obtenir un procès équitable dans des délais raisonnables.
Depuis ses débuts, les groupes AI sont intervenus en faveur de plus de 40 000 prisonniers d’opinion connus ou probables et beaucoup d’autres menacés.
Rappelons enfin que le Prix Nobel de la Paix 1977 a été décerné à AI. Pourquoi écrire des lettres ?
" A quoi bon écrire aux gouvernements des régimes autoritaires ? Les lettres iront directement au panier ".
On le dit souvent. Mais c’est une erreur. Bien sûr, une seule lettre ne change rien. Mais quand vous écrivez en réponse à un appel d’Amnesty International, vous prenez part à une campagne mondiale à laquelle se joignent des milliers de gens. Il existe des preuves concluantes qu’un flot constant de lettres de tous les coins du monde peut réellement avoir un effet sur les gouvernements. Beaucoup de prisonniers ont été libérés ou sauvés de la torture et peut-être de la mort par cette méthode éprouvée de pression internationale. Aucun État ne veut admettre qu’il torture ses ressortissants.
L’expérience montre que même le régime le plus autoritaire tient à ce que le public international le considère comme étant équitable et sensé. En montrant aux gouvernements que leurs faits et gestes sont suivis dans le monde entier par des hommes et des femmes ordinaires qui se préoccupent du sort des victimes des régimes autoritaires, on peut effectivement aider ces victimes.
Donc il ne faut jamais dire " A quoi bon ? ". Faites confiance aux années d’expérience acquises par Amnesty International dans son travail : écrire des lettres est de la plus haute importance - et il est nécessaire que vous aussi y participiez.
Ce guide a été conçu pour vous y aider.
Amnesty International organise une campagne mensuelle internationale de cartes postales ou de lettres en faveur de trois prisonniers choisis, dans la mesure du possible, dans différents contextes géopolitiques. Chaque numéro de notre mensuel "Libertés !" vous propose trois cas dont vous acceptez de plaider la cause auprès des autorités de leur pays. L’effet recherché est cumulatif : l’amoncellement de lettres en provenance de tous les pays du monde impressionne et peut être décisif.
Le Secrétariat International choisit les cas selon un certain nombre de critères et en tenant compte surtout de l’urgence.
Étudiez soigneusement toutes les données sur les prisonniers pour lesquels vous intervenez chaque mois. Les renseignements qui figurent dans "Libertés !" (notre mensuel) sous la rubrique "Actions" (cliquez >>ici<< sont donnés pour votre information. Voyez plus loin les conseils pour la rédaction des lettres.
Pour chaque prisonnier, envoyez vos cartes, aérogrammes ou lettres à l’un des deux représentants du gouvernement (ou aux deux si possible) dont l’adresse figure dans le bulletin. Si vous faites partie d’un groupe, utilisez des cartes postales portant son adresse imprimée.
LETTRE AUX AMBASSADEURS :
Pour renforcer l’effet de cette action, il est conseillé d’envoyer une copie de vos appels pour chacun des trois prisonniers du mois aux ambassades des pays intéressés. L’ambassadeur n’est pas en mesure d’intervenir directement, mais il peut transmettre votre lettre au gouvernement. Vous pouvez lui demander d’informer son gouvernement des articles parus dans la presse ou de l’inquiétude suscitée dans votre pays par le cas du prisonnier.
ACTIONS URGENTES
L’action urgente implique un réseau de personnes, qui ne sont pas nécessairement membres d’Amnesty International, mais qui envoient des lettres et des télégrammes, à leurs propres frais, aux autorités gouvernementales, en faveur des prisonniers, partout dans 1e monde, leur propre pays excepté. On utilise ce procédé dans les cas de danger imminent (torture, disparitions,... ).
Il est possible de participer aux actions urgentes individuellement ou au sein d’un groupe.
Pour en savoir plus sur les actions urgentes, cliquez>>ici<<
La tâche principale d’Al est de mobiliser l’opinion publique et d’exercer une pression morale sur les gouvernements. A cet effet, le Secrétariat International assure la publicité nécessaire à l’activité du mouvement. Mais la tâche principale du Secrétariat International est de découvrir des prisonniers d’opinion choisis suivant le principe de l’impartialité et d’en confier à chaque groupe ; ces prisonniers seront adoptés et suivis jusqu’à leur libération.
L’objectif primordial du groupe est d’obtenir la libération des prisonniers d’opinion. Le groupe s’efforce d’apporter un soutien moral et matériel aux prisonniers et à leurs familles.(rechercher un groupe local près de chez vous >>ici<<)
Il exerce une pression directe en adressant des appels aux ambassades, aux ministères et aux chefs d’État des pays en question. Il exerce aussi une pression indirecte en s’assurant le soutien des syndicats, des associations professionnelles, des églises et de la presse. Certains de nos groupes ont leur propre page web >>ici<<
Les actions d’Al s’inspirent du principe, vérifié par l’expérience, qu’il n’y a pas de gouvernement qui soit entièrement insensible aux pressions morales qui s’exercent sur lui et qui ne veuille donner une image favorable de son régime et assurer à son pays la réputation d’État civilisé et humanitaire. Des règles simples
1 - Soyez toujours poli. Cette règle est essentielle et invariable. Votre but est d’aider le prisonnier et non de faire état de vos sentiments. Les gouvernements ne répondent pas aux lettres outrées ou accusatrices.
2. Faites toujours comme si le gouvernement en question était raisonnable et ouvert à la discussion.
3. Quand c’est possible, il est important de mettre en avant la tradition de justice et de modération du pays en question, de faire état de votre respect pour sa Constitution est ses procédures judiciaires et de votre sympathie pour ses problèmes actuels.
4. Suivez à la lettre les instructions données par AI pour le cas en question. Par exemple, si on vous demande de réclamer un traitement médical pour le prisonnier, demandez cela et rien d’autre.
5. Ne donnez pas l’impression que vous écrivez parce que vous êtes politiquement ou idéologiquement opposé au gouvernement en question, mais insistez sur le fait que votre intérêt pour les droits de l’homme n’a aucune motivation politique et que vous agissez en vertu des principes fondamentaux du droit international en la matière.
6. Expliquez qui vous êtes et quelles sont vos occupations. Cela prouve l’authenticité de votre lettre et montre que des personnes très différentes s’intéressent au pays en question.
7. Si le pays en question présente pour vous un intérêt particulier, mentionnez-le : par exemple, si vous l’avez visité, si vous avez étudié son histoire...
8. SOYEZ BREF. En règle générale, il vaut mieux ne pas écrire plus d’une page. Les lettres plus longues ne sont efficaces que dans des cas exceptionnels.
9. Dans des cas d’appels d’ACTION URGENTE traitant de la torture, n’utilisez jamais le mot « torture » et n’affirmez jamais qu’une personne est effectivement soumise à de mauvais traitements. Dans ce genre de cas où nous devons agir très rapidement, AI ne connaît pas toujours les détails exacts d’une situation. Demandez simplement que le prisonnier soit bien traité ou que l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus (Nations Unies) soit respecté.
Employez la langue du pays en question, si vous la connaissez.
Sinon, écrivez en français ou en anglais. Mais il vaut mieux écrire dans n’importe quelle langue que ne pas écrire du tout. Soyez courtois, mais sans excès. Vous représentez un mouvement mondial.
Renseignez-vous sur le montant de l’affranchissement pour les divers pays. Pour les pays extra-européens, utilisez la poste aérienne.
IMPORTANT
N’écrivez pas sur un ton agressif et n’entamez pas de polémique.
Employez toujours la forme correcte pour la « formule d’appel » (en anglais « salutation ») qui précède la lettre proprement dite et pour la « formule de courtoisie » (en anglais « complimentary close ») qui précède votre signature.
Dans certains cas précis, le Secrétariat International vous demandera d’écrire à titre personnel, c’est-à-dire de ne pas mentionner Amnesty.
Écrivez sur votre papier personnel ou sur papier ordinaire sans en-tête. Soignez la présentation.
Signez lisiblement : ne donnez pas l’impression que votre message est anonyme. Inscrivez votre adresse, ou au moins celle de la section ou du groupe.
Souvenez-vous que votre mission est purement humanitaire et n’a pas de caractère politique ni religieux. Ce que vous défendez, c’est la primauté du droit. Ce que vous combattez, ce sont les violations des droits de l’homme.
En général, vous ne recevrez pas de réponse directe des gouvernements. Il est arrivé qu’aucun membre n’ait reçu de réponse mais que, quelque temps après la libération du prisonnier, le gouvernement en question ait laissé clairement entendre que cette libération était due aux « appels d’Amnesty ».
Si vous recevez une réponse, envoyez-la immédiatement au Secrétariat National (sans oublier d’en faire une photocopie au préalable). Pour intensifier notre action, il est très important de connaître les réactions des gouvernements et des ambassades et de savoir si nos renseignements sont contestés par le pays concerné




