La question de la valeur universelle des droits humains surgit, en pratique, lorsque les Etats ne sont pas d’accord sur le contenu concret d’une garantie (est-ce que l’interdiction de toute discrimination protège aussi les relations homosexuelles ? est-ce que les punitions corporelles prescrites sont de la torture ? etc.), sur les limites de ces droits (est-il possible d’interdire l’expression des opinions qui mettent en question les valeurs fondamentales de la communauté concernée ?) et le rang des garanties (les droits politiques sont-ils prédominants sur les droits sociaux, économiques et culturels ?). Enfin, les garanties spécifiques (par exemple l’égalité entre homme et femme, la liberté de religion) sont mises en question en référence à des règles religieuses ou des traditions culturelles.
D’autre part, la réalité politique montre que tous les Etats dans le monde, malgré des systèmes différents, peuvent toujours plus adhérer à l’idée des droits humains et à leur contenu concret, et qu’ils les prennent toujours plus comme mesure d’une vie bonne et digne. D’autre part, certains besoins fondamentaux, des expériences de l’injustice et des valeurs de base sont également valables pour tous les humains. Aucune culture ne considère les exécutions arbitraires, le génocide ou la torture brutale comme des valeurs à défendre. A cela s’ajoute que la formulation volontairement abstraite des garanties laisse en principe un espace permettant une concrétisation variable des droits humains, adaptée à la tradition et à la culture propres. Presque tous les Etats ont ancré, aujourd’hui, des garanties de respect des droits humains dans leurs constitutions et ces droits sont aussi largement présents dans le débat général. Ainsi, par exemple, les personnes fondamentalistes dans leur pratique religieuse se réfèrent elles aussi à la liberté de croyance. Cela montre également que les cultures ne sont pas des entités statiques, mais des créations vivantes qui se transforment en permanence et s’influencent les unes les autres. La compréhension sur les questions relatives aux droits humains par delà les frontières culturelles est en dernière instance une question de survie dans un monde qui devient toujours plus relié et donc toujours plus petit.




