Egypte: de nombreux partis refusent de s’engager sur les droits des femmes et la peine de mort

janvier 26th, 2012 by coordinationpeinedemort

De nombreux partis politiques égyptiens refusent de s’engager sur les droits des femmes et la peine de mort, notamment les formations islamistes qui dominent l’assemblée nouvellement élue, a affirmé mardi l’organisation Amnesty International.

“Si les partis sont favorables à la levée de l’état d’urgence, beaucoup refusent de s’engager sur les droits des femmes”, écrit l’organisation dans un communiqué publié à la suite d’une enquête menée auprès des partis égyptiens qui étaient en lice pour les récentes élections législatives.

“La plupart des principaux partis politiques égyptiens s’engagent à mettre en oeuvre une réforme ambitieuse en termes de droits humains dans le cadre de la transition en Égypte”, écrit Amnesty.

“En revanche, s’agissant de s’engager à mettre un terme à la discrimination, à protéger les droits des femmes et à abolir la peine de mort, ils délivrent des messages ambigus voire refusent catégoriquement”, poursuit le communiqué.

Les partis étaient invités à se prononcer sur un manifeste de dix mesures à prendre pour faire avancer les droits en Egypte, adressé par Amnesty.

Le parti salafiste (fondamentaliste) al-Nour (Lumière), qui détient près du quart des sièges, “a souscrit oralement à tous les engagements présentés dans le manifeste, à l’exception de l’abolition de la peine de mort et de la protection des droits des femmes”.

Le parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des Frères musulmans), qui a raflé près de la moitié des sièges (47%) de la nouvelle assemblée, désormais présidée par l’un des siens, n’a ni répondu à Amnesty, ni accepté de recevoir ses représentants.

Un parti libéral et laïc, le parti des Egyptiens libres de l’homme d’affaires copte (chrétien) Naguib Sawiris n’a pas non plus répondu à l’enquête d’AI.

Seules deux petites formations, le parti social-démocrate égyptien et l’alliance populaire socialiste, ont souscrit en totalité aux dix engagements qui leur étaient présentés.

Une dizaine d’autres ont exprimé verbalement ou par écrit un accord sur la majorité des points, mais pour la plupart sans s’engager sur l’abolition de la peine de mort et/ou les droits des femmes, de même que pour “mettre fin à la discrimination”.
Les thèmes les plus consensuels sont en revanche la fin de l’état d’urgence, le combat contre la torture, la liberté d’expression et d’association, ou l’application des droits économiques et sociaux, notamment dans les bidonvilles.

La nouvelle assemblée égyptienne, dont la première séance s’est tenue lundi, ne compte que dix femmes -huit élues et deux nommées directement par le chef de l’armée et chef d’Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui- sur 508 députés.

“D’énormes obstacles restent à franchir pour que les femmes puissent jouer pleinement leur rôle dans la vie politique en Egypte, écrit Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’AI.

L’ONU veut un moratoire sur la peine de mort en Irak

janvier 26th, 2012 by coordinationpeinedemort

Le Haut commissaire aux droits de l’Homme appelle les autorités irakiennes à se pencher sur une éventuelle abolition de la peine de mort. 1 200 personnes ont été condamnées à mort depuis 2004.

Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a appelé mardi les autorités de l’Irak à établir un moratoire en vue d’abolir la peine de mort, réagissant à la condamnation et à l’exécution le 19 janvier de 34 personnes, dont deux femmes.

«J’appelle le gouvernement de l’Irak à mettre immédiatement en place un moratoire sur la peine de mort», a déclaré le Haut-commissaire, Mme Navi Pillay, citée par son porte-parole Rupert Colville.

Mme Pillay s’est dite «choquée» par la condamnation et l’exécution, le même jour, de 34 personnes, accusées de divers crimes. «Même si les normes les plus scrupuleuses en termes de procès équitable ont été observées, c’est un nombre terrifiant d’exécutions (…) en une seule journée», a observé la chef des droits de l’Homme à l’ONU.

Et, a-t-elle fait valoir, «étant donné le manque de transparence des procédures judiciaires, ainsi que les fortes inquiétudes quant à l’équité des procès (…) et le très large éventail d’infractions pour lesquelles la peine de mort peut être imposée en Irak, c’est vraiment un chiffre choquant».

Pour sa part, M. Colville a indiqué que c’est le «ministère des droits de l’Homme» de l’Irak qui a informé l’ONU de l’exécution des 34 personnes en un seul jour.

Le porte-parole du ministère irakien de la Justice Haidar al-Saadi a confirmé ces exécutions sans donner plus de précisions.

Le Haut-commissariat de l’ONU estime à plus de 1 200 le nombre de personnes condamnées à mort en Irak depuis 2004, mais il ne dispose en revanche pas de statistiques complètes sur les exécutions. L’ONU a toutefois comptabilisé au moins 63 exécutions depuis le 16 novembre dernier.

En Irak, la peine de mort peut être appliquée pour 48 formes de crime, dont — sous certaines circonstances — celui de «dommage aux biens publics», selon l’ONU.

Le Conseil de l’Europe rappelle à l’ordre le Bélarus

janvier 26th, 2012 by coordinationpeinedemort

“Stop Lukashenko”, c’est ce que demande ce petit groupe de bélarusses aux pays du Conseil de l’Europe. Ils sont venus à Strasbourg pour dénoncer les abus contre les droits de l’Homme du régime et secouer les consciences des dirigeants européens, dont les sanctions ne semblent pas fonctionner.

Suite à deux condamnations à la prison pour avoir manifesté contre le régime, Pavel Khivuk, 29 ans, s’est exilé en France en 2006 :

“Pendant 17 ans : toujours la même chose, dit-il. Les gens aujourd’hui, ils sont contre le régime, mais ils sont contre chez eux, parce que dans la rue ils sont obligés de dire que ça va, ça peut aller … Parce qu’une fois qu’il a dit quelque chose, il n’a plus de boulot.”

A l’intérieur de l’hémicycle, l’assemblée plénière a approuvé hier la résolution du rapporteur estonien, Andres Herkel. Elle demande notamment au régime de Lukashenko de libérer les prisonniers politiques et d’instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine de mort.

Andres Herkel : “Il y a moins de libertés, comparé à la situation avant les élections présidentielles de décembre 2010. Les prisonniers politiques sont si nombreux, des défenseurs des droits de l’Homme

sont persécutés, des peines de mort sont prononcées contre des gens même si l’enquête est loin d‘être convaincante. Ma conclusion, c’est que la situation se détériore. “

La résolution fait mention de la condamnation à mort en 2011 de Dmitry Konovalov et Vladislav Kovalyov, jugés coupables de l’attentat du métro de Minsk qui avait fait 15 morts en avril 2011. Ils ont dénoncé des tortures et leur avocat le manque de preuves, mais rien à faire.

Au Bélarus, les exécutions se font avec une balle dans la nuque, l’heure et le lieu est un secret d’Etat, les familles des exécutés ne sauront jamais où ils sont enterrés.

La mère de Kovalyov se bat pour clamer l’innocence de son fils. Elle est venue à Strasbourg cette semaine : “Le fait que je n’obtienne pas justice dans mon pays m’a poussé à venir ici pour chercher de l’aide. Au Bélarus, il est difficilement possible d’abolir tout d’un coup la peine de mort, depuis qu’un référendum est nécessaire, et j’aimerais au moins qu’on ait un moratoire. C’est possible…”

L’Assemblée a demandé aux autorités bélarusses de ne pas appliquer les sentences de mort contre Dmitry Konovalov et Vladislav Kovalyov.

La Mongolie fait « un pas en avant crucial » vers l’abolition de la peine de mort

janvier 11th, 2012 by coordinationpeinedemort

L’approbation par le Parlement mongol d’un projet de loi visant à
supprimer la peine de mort représente une étape cruciale vers
l’abolition totale de ce châtiment en Mongolie, a déclaré Amnesty
International jeudi 5 janvier.

Ce projet de loi, qui porte ratification du Deuxième Protocole
facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, visant à abolir la peine de mort, a été adopté le
5 janvier par une très large majorité de députés.

« Le vote du Parlement mongol constitue une nouvelle étape cruciale, à
laquelle la Mongolie doit donner suite en mettant immédiatement en oeuvre
les lois qui abolissent totalement la peine de mort, a déclaré Sam
Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« En abandonnant la peine de mort, la Mongolie ouvre la voie à d’autres
États de la région Asie-Pacifique qui doivent suivre son exemple. »

Amnesty International a mené une campagne active en faveur de
l’abolition de la peine de mort en Mongolie.

La peine capitale demeure inscrite dans la loi jusqu’à ce que le
Parlement supprime les dispositions de la législation nationale qui
prévoient encore ce châtiment.

Le code pénal mongolien prévoit notamment la peine de mort pour les
crimes suivants : terrorisme, génocide, viol, sabotage, meurtre
prémédité et assassinat d’un représentant de l’État ou d’une
personnalité publique.Ces catégories se déclinent en 59 infractions
passibles de la peine capitale.

La peine de mort relevant de la Loi relative au secret d’État et de la
Loi relative à la liste des secrets d’État, il est très difficile
d’obtenir des informations publiques sur la manière dont elle est appliquée.

Amnesty International est en mesure de confirmer 12 exécutions capitales
ayant eu lieu entre 2005 et 2009.

Le 14 janvier 2010, le président mongol Tsakhiagiyn Elbegdorj a annoncé
l’instauration d’un moratoire sur les exécutions, en tant que première
étape vers l’abolition de la peine capitale, ce qui a été salué à
travers le monde.

Plus des deux tiers des pays de la planète ont aboli la peine de mort en
droit ou en pratique.

Le nombre d¹exécutions judiciaires dans la région Asie-Pacifique est
supérieur au nombre total de prisonniers exécutés dans le reste du
monde.Quatorze pays de la région maintiennent la peine de mort et ont
procédé à des exécutions au cours des 10 dernières années, la Chine
étant de loin le pays qui exécute le plus de condamnés au monde.

Sur les 41 États que compte la région Asie-Pacifique, 17 ont aboli la
peine capitale pour tous les crimes, neuf sont abolitionnistes dans la
pratique et un seul ­ Fidji ­ recourt à ce châtiment pour les crimes
militaires exceptionnels.

Amnesty International estime que la peine de mort constitue le châtiment
le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit, et
qu’elle viole le droit à la vie, tel qu’il est reconnu par la
Déclaration universelle des droits de l’homme.Elle s’oppose à la peine
de mort en toutes circonstances et sans exception, quelles que soient la
nature ou les circonstances du crime commis, les caractéristiques de son
auteur ou la méthode d¹exécution utilisée par l’État.

L’Iranienne Sakineh, condamnée à la lapidation, pourrait être pendue

janvier 11th, 2012 by coordinationpeinedemort

L’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à mort par lapidation
en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari.

La peine de mort par lapidation prononcée contre l’Iranienne Sakineh
Mohammadi Ashtiani, condamnée pour adultère, pourrait être transformée en
pendaison, rapporte dimanche 25 décembre l’agence de presse Isna.
Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à la lapidation en 2006 pour
adultère et à dix ans de prison pour complicité dans le meurtre de son mari.
Sa condamnation à mort a été suspendue l’année dernière après la vague
d’indignation soulevée par son cas dans le monde entier.

“Nous ne sommes pas pressés. (…) Nos spécialistes de la loi islamique sont
en train d’examiner la condamnation d’Ashtiani pour voir si on peut
transformer la peine de lapidation en pendaison”, a déclaré Malek Ajdar
Sharifi, chef de la justice de la province de l’Azerbaïdjan oriental, où
Sakineh Mohammadi Ashtiani purge actuellement sa peine.

En vertu de la charia (loi islamique), en vigueur depuis la révolution de
1979, l’adultère est passible de la peine de mort par lapidation en Iran
tandis que le meurtre, le vol et le viol sont passibles de pendaison.
L’Union européenne avait qualifié l’année dernière de “barbare” la
condamnation à mort par lapidation, le Vatican avait appelé à la clémence et
le Brésil avait offert l’asile politique à Sakineh.

La Syrie impose la peine de mort pour l’armement des « terroristes »

janvier 11th, 2012 by coordinationpeinedemort

La Syrie impose la peine de mort pour l’armement des « terroristes »,
tandis que le nombre de morts augmente fortement

Il est probable qu’une nouvelle loi introduite cette semaine, qui
prévoit l’application de la peine de mort aux personnes participant à
l’armement de « terroristes », ne fasse qu’aggraver les violences
meurtrières en Syrie, a déclaré Amnesty International jeudi 22
décembre, alors que le nombre de morts a bondi ces derniers jours.

L’agence de presse officielle SANA a annoncé mardi 20 décembre que
Bachar el Assad, le président syrien, avait promulgué une loi
prévoyant l’application de « la peine de mort à quiconque fournit des
armes ou aide à fournir des armes en vue de la commission d¹actes
terroristes ».

« Cette loi pourrait avoir de graves conséquences car les autorités
syriennes affirment que les manifestations antigouvernementales sont
le fait de ” terroristes armés ” », a déclaré Philip Luther, directeur
par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty
International.

« Les autorités syriennes doivent immédiatement abroger cette loi, qui
n’est qu’un nouvel outil brutal dans leur arsenal répressif », a-t-il
ajouté.

Un témoin a décrit à Amnesty International avoir vu les corps sans vie
d’environ 100 villageois à la suite du pilonnage de la partie ouest de
Kafr Awaid mardi 20 décembre. Il a expliqué qu¹ils avaient fui leurs
maisons de peur d’être arrêtés chez eux.
Certains de ceux qui ont été tués avaient précédemment été
appréhendés. Sur des séquences vidéo obtenues par Amnesty
International, qui montrent, semble-t-il, les corps des personnes
tuées, certaines de celles-ci ont les mains attachées.

« Quarante des personnes ayant perdu la vie étaient des militants
comme moi, ainsi que des amis proches », a confié cet homme à Amnesty
International.
« La vision de ces corps est quelque chose d’inimaginable. Je me
demande pourquoi ils sont morts et pas moi. Les raids ont continué à
Idlib aujourd’hui, et nous appelons à l’aide », a-t-il dit.

Une quarantaine des déserteurs, a ajouté ce témoin, se cachaient des
forces de sécurité dans une ferme située dans le village et ont été
abattus sur place. Leurs corps ont été emmenés par les forces de
sécurité.

Des milliers d’autres personnes ont été arrêtées depuis le début des
manifestations en faveur de la réforme en Syrie à la mi-mars, et
nombre d’entre elles sont détenues au secret dans des lieux inconnus
où les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements
seraient monnaie courante. Amnesty International a recueilli les noms
de plus de 200 personnes qui seraient mortes en détention en Syrie
depuis avril.

Signe de l’opposition internationale grandissante aux effusions de
sang en Syrie, l’Assemblée générale des Nations unies a voté à une
écrasante majorité lundi 19 décembre afin de condamner les atteintes
aux droits humains commises par le gouvernement du président Bachar el
Assad, et demandé qu’il soit immédiatement mis fin à la violence.

Parallèlement, des consultations devaient reprendre jeudi 22 décembre
au sujet d’un nouveau projet de résolution sur la Syrie au sein du
Conseil de sécurité des Nations unies.

Depuis avril 2011, Amnesty International demande au Conseil de
sécurité de confier le dossier syrien au procureur de la Cour pénale
internationale, et d’imposer un embargo total sur les armes à
destination de la Syrie ainsi qu’un gel des avoirs du président el
Assad et d’autres personnes ayant ordonné ou perpétré de graves
violations des droits humains.

Iran: accro à la mort

janvier 11th, 2012 by coordinationpeinedemort

En 2011, l’Iran a connu une augmentation alarmante du nombre de
personnes, pauvres pour la plupart, mises à mort pour des infractions liées
à la législation sur les stupéfiants, écrit Amnesty International dans un
nouveau rapport publié jeudi 15 décembre.

Dans ce document de 44 pages intitulé Addicted to Death : Executions for
Drug Offences in Iran
(retrouvez-le ici:
http://www.amnestyinternational.be/doc/s-informer/actualites-2/article/iran-
il-faut-enrayer-l>)
l’organisation indique qu’au moins 488 personnes ont été
exécutées pour des infractions présumées en lien avec les stupéfiants depuis
le début de l’année 2011, c¹est-à-dire presque trois fois plus qu’en 2009,
année pour laquelle Amnesty International avait recensé pas moins de 166
exécutions pour de telles infractions.

Au total, en se basant sur des sources officielles et non officielles,
l’organisation a recensé quelque 600 exécutions en 2011, dont environ 81 %
pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Les
autorités iraniennes doivent cesser de recourir à la peine capitale contre
les personnes accusées de telles infractions.

« En vue de juguler l’énorme fléau que représente la drogue, les
autorités iraniennes sont prises d’une folie meurtrière d’une ampleur
alarmante, lors même qu’aucun élément ne prouve que les exécutions sont plus
efficaces que l’incarcération pour dissuader les trafiquants, a indiqué Ann
Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient
d’Amnesty International.

« Les infractions liées à la drogue sont en première ligne pour expliquer
l’augmentation brutale des exécutions que nous constatons depuis un an et
demi. Au bout du compte, l’Iran doit abolir la peine de mort pour tous les
crimes, mais en renonçant dans un premier temps à exécuter les auteurs
d’infractions à la législation sur les stupéfiants, pratique qui bafoue le
droit international, il diminuerait nettement le nombre total d’exécutions.
»

Amnesty International a indiqué que vers le milieu de l’année 2010 elle a
commencé à recevoir des informations crédibles selon lesquelles une nouvelle
vague d’exécutions ciblait les personnes reconnues coupables d’infractions à
la législation sur les stupéfiants. On l’a notamment informée d’exécutions
massives opérées en secret à la prison de Vakilabad, à Meched, dont une, le
4 août 2010, concernait plus de 89 personnes.

Les autorités iraniennes ont officiellement reconnu 253 exécutions en
2010, dont 172 personnes condamnées pour trafic de stupéfiants ­
représentant près de 68 % du total. Toutefois, Amnesty International a reçu
des informations crédibles faisant état de plus de 300 exécutions
supplémentaires, dont la grande majorité concernait semble-t-il des
infractions à la législation sur les stupéfiants.

Les condamnations sont presque toujours prononcées à l’issue de procès
manifestement inéquitables ; bien souvent, les familles et les avocats des
accusés sont prévenus très peu de temps avant l’exécution, lorsqu’ils le
sont. Les membres de groupes marginalisés, notamment les populations
défavorisées, les minorités ethniques victimes de discrimination et les
étrangers, en particulier les Afghans, sont les plus exposés aux exécutions
pour infractions à la législation sur les stupéfiants.

Mohammad Jangali, chauffeur stagiaire de poids lourds âgé de 38 ans,
membre de la minorité Kouresunni, une petite communauté de sunnites ralliée
à la minorité azérie majoritairement chiite, a été exécuté le 10 octobre. De
la drogue avait été découverte dans le camion qu’il conduisait près
d’Oroumieh en 2008. Il aurait été contraint de signer des « aveux » préparés
par le ministère du Renseignement après avoir été torturé.

Ses proches n’ont rien su de cette affaire, jusqu’à ce qu’ils soient
contactés par la prison et avertis que Mohammad Jangali allait être exécuté
huit heures plus tard et qu’ils devaient venir sans tarder s’ils
souhaitaient le voir. Jusqu’à son exécution, il n’a cessé de clamer qu’il
ignorait que le camion transportait de la drogue.

Selon Amnesty International, pas moins de 4 000 ressortissants afghans se
trouvent dans le quartier des condamnés à mort pour des infractions liées au
trafic de stupéfiants. Il semble qu’ils soient particulièrement mal traités
par le système judiciaire.

Certains Afghans auraient été exécutés sans même avoir été jugés,
apprenant l’imminence de leur exécution par les autorités carcérales. En
outre, des informations continuent de parvenir à Amnesty International selon
lesquelles on ôte la vie à des mineurs délinquants condamnés pour des
infractions liées aux stupéfiants, bien que les responsables iraniens
soutiennent le contraire.

L’Iran se place au quatrième rang mondial concernant le nombre de décès
liés à la drogue, à savoir 91 pour un million d’habitants âgés de 15 à 64
ans. C’est aussi une voie de passage internationale majeure pour le trafic
de drogue. Au cours des dernières années, l’Iran a reçu une aide
internationale, y compris de plusieurs États européens et des Nations unies,
afin de faire barrage au flux de drogues qui traverse ses frontières.

L’Union européenne fournit 9,5 millions d¹euros sur trois ans, destinés à
un projet basé en Iran visant à renforcer la coopération régionale en
matière de lutte contre le trafic de drogues. La police fédérale allemande
doit notamment participer à la création de laboratoires médicolégaux dans la
région.

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDD) a versé
près de 22 millions de dollars (près de 17 millions d¹euros) depuis 2005
pour financer des projets de formation aux services iraniens de lutte contre
le trafic de drogue.

La Belgique, la France, l’Irlande et le Japon ont précédemment contribué
à un programme de chiens renifleurs de l’ONUDD ; cet organisme a également
fourni des kits de détection de drogue à l’Iran.

La Norvège, le Danemark et l’Allemagne se sont engagés à fournir des
fonds de 2011 à 2014 pour financer un programme de l’ONUDD de coopération
technique sur la drogue et le crime en Iran.

Le programme de l’ONU est censé contribuer à promouvoir des réformes dans
le système judiciaire iranien afin de l’aligner sur les normes
internationales. Toutefois, lors d’une visite en Iran en juillet 2011, le
directeur exécutif de ‘¹ONUDD a fait l¹éloge du travail des services
iraniens de lutte contre le trafic de drogue, sans mentionner l’application
croissante de la peine de mort pour des infractions à la législation sur les
stupéfiants.

« Les pays et les organisations internationales qui aident les autorités
iraniennes à arrêter les auteurs présumés d’infractions à la législation sur
les stupéfiants doivent tous examiner longuement et en profondeur les
conséquences potentielles de cette coopération et les mesures susceptibles
d¹enrayer la forte augmentation du nombre d¹exécutions, a estimé Ann
Harrison.

« Ils ne peuvent se contenter de détourner le regard alors que des
centaines de personnes pauvres sont tuées chaque année sans bénéficier de
procès équitables, apprenant bien souvent qu¹elles vont être mises à mort
quelques heures seulement avant d’être exécutées. »

Une décapitation pour « sorcellerie » en Arabie saoudite suscite l’indignation

janvier 11th, 2012 by coordinationpeinedemort

La décapitation d’une femme reconnue coupable de « sorcellerie » est
révoltante et montre à quel point il est urgent d’arrêter les exécutions en
Arabie saoudite, a déclaré Amnesty International lundi 12 décembre.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que la Saoudienne Amina bint Abdul
Halim bin Salem Nasser avait été exécutée lundi 12 décembre dans la province
d’Al Jawf, dans le nord du pays. Il n’a pas donné plus d’informations sur
les charges retenues contre cette femme.

« Soumettre quelqu’un au châtiment cruel et ultime de l¹exécution alors que
la “sorcellerie” n¹est pas définie comme un crime en Arabie saoudite est
révoltant », a déclaré Philip Luther, directeur par intérim du programme
Moyen-Orient et Afrique du Nord d¹Amnesty International.

« Nous ignorons les faits que les autorités accusaient cette femme d’avoir
commis mais savons que l’accusation de sorcellerie a fréquemment été
utilisée en Arabie saoudite pour punir, généralement à l’issue d¹un procès
inique, des personnes ayant simplement exercé leur droit à la liberté
d’expression ou de religion. »

Il s’agit de la deuxième exécution de ce type au cours des derniers mois. En
septembre, un Soudanais avait été décapité dans la ville de Médine après
avoir été reconnu coupable de chefs d¹accusation de « sorcellerie ». Il
était semble-t-il passé aux aveux après avoir été torturé, et il avait été
jugé en l’absence d¹un avocat.

Le nombre d’exécutions a presque triplé cette année en Arabie saoudite. À ce
jour au moins 79 personnes - dont cinq femmes - ont été exécutées, contre 27
en 2010.

Plusieurs centaines de personnes seraient sous le coup d’une condamnation à
mort, dont un grand nombre après avoir été reconnues coupables d’infractions
à la législation sur les stupéfiants. Le plus souvent, ces personnes ne
bénéficient pas de l’assistance d¹un avocat et ne sont pas informées de
l’évolution de la procédure engagée contre elles.

« La forte progression du nombre de condamnations à mort en Arabie saoudite
est extrêmement préoccupante, a déclaré Philip Luther. Nous demandons
régulièrement aux autorités saoudiennes de décréter un moratoire, comme
première étape vers l’abolition de la peine capitale. Le droit international
prévoit que, là où elle est encore utilisée, la peine de mort ne doit être
prononcée que pour les crimes les plus graves. »

En Arabie saoudite, la peine capitale est appliquée à un grand nombre
d’infractions allant du meurtre et du viol à des infractions telles que le
blasphème, l’apostasie, la sorcellerie, l’adultère et les infractions à la
législation sur les stupéfiants.

En décembre 2010, l’Arabie saoudite a été l’un des quelques pays à voter
contre une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en faveur
d¹un moratoire mondial sur les exécutions.

Ivan Cantu… condamné à mort

décembre 12th, 2011 by coordinationpeinedemort

Une émission du magazine de reportages de la RTBF radio “Transversales” consacré à la peine de mort aux Etats-Unis.
Transversales Samedi de 12:00 à 13:00

Le magazine de reportages de la rédaction, présenté par Jacqueline Liesse. Réalisés au bout du monde ou au coin de la rue, ces reportages parlent de notre histoire, plongent dans la société telle qu’elle est avec ses différents soubresauts. Transversales, c’est du reportage, du vécu, et une écriture radiophonique qui veut provoquer le débat, la confrontation et la réflexion.
http://www.rtbf.be/lapremiere/emission

La justice de Pennsylvanie vient de renoncer à exécuter le militant noir Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982. Mais pour ce condamné célèbre, combien de condamnés ordinaires dans le couloir de la mort ?
Au Texas, par exemple, ils sont plus de 300 à attendre leur exécution. C’est là que s’est rendu Himad Messoudi. Il a rencontré Ivan Cantu, dans l’antichambre de la mort depuis 10 ans et qui clame toujours son innocence.

Un reportage réalisé avec l’aide technique de Stéphane Crombin et le soutien du Fonds pour le Journalisme.

http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-tvs_transversales_102f122f2011_10830157.mp3

Arabie saoudite: une travailleuse indonésienne risque d’être exécutée

décembre 4th, 2011 by coordinationpeinedemort

Une employée de maison indonésienne pourrait être exécutée très prochainement en Arabie saoudite. Elle aurait épuisé toutes les voies de recours et pourrait se voir ôter la vie.

Tuti Turilawati, 27 ans, a été condamnée à mort pour l’homicide de son employeur. Elle serait arrivée en Arabie saoudite le 5 septembre 2005 afin de travailler au service d’un homme dans la ville de Taif (province occidentale de La Mecque). Selon certaines informations, son employeur lui a fait subir des violences sexuelles lorsqu’elle travaillait pour lui : le 11 mai 2010, il a tenté de la violer mais elle s’est défendue en le frappant à l’aide d’un bâton, le blessant mortellement. Elle a pris la fuite et aurait alors été violée par neuf hommes. Elle a ensuite été arrêtée par la police, à Taif. Selon les informations recueillies par Amnistie internationale, la police n’a mené aucune enquête sur le viol présumé.

Tuti Turilawati a été condamnée en application du principe de qisas (« réparation ») aux alentours de juin 2011. Pendant les deux premiers mois de son procès, elle n’était apparemment pas assistée d’un avocat mais simplement d’un interprète. On ignore quelle est sa situation juridique et si elle a épuisé toutes les voies de recours concernant sa peine. La famille de la victime a, semble-t-il, demandé à la justice que la peine capitale soit appliquée après la fin du hadj (pèlerinage à La Mecque) – qui devrait se situer entre le 4 et le 9 novembre. Dans le droit saoudien, les personnes reconnues coupables de meurtre sont souvent condamnées en application du principe de qisas. Les proches de lavvictime peuvent alors réclamer une exécution, demander une diya (« indemnisation ») ou accorder leur pardon.

Une employée de maison indonésienne a été exécutée le 18 juin 2011 sans que sa famille ait été informée au préalable. Depuis la fin du mois de Ramadan, les exécutions ont repris à un rythme inquiétant en Arabie saoudite: rien qu’au mois d’octobre, les autorités ont déjà ôté la vie à 19 personnes – dont 10 étrangers.