Sri Lanka: l’Union européenne choisit les sanctions

L’Union européenne a finalement mis sa menace à exécution en privant le Sri Lanka du privilège commercial appelé GSP +. Cette préférence, accordée aux exportations textiles, sera levée le 15 août.
L’Europe marque ainsi son insatisfaction à la suite du refus du très autoritaire président Mahinda Rajapaksa de prendre des mesures jugées essentielles pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.
L’actuel chef de l’Etat est arrivé au pouvoir à l’issue de la victoire militaire sur les rebelles des Tigres Tamouls, en 2009. De nombreuses atrocités ont été commises au cours de cette campagne militaire, en particulier lors d’attaques indiscriminées contre la population civile.
Comme le souligne un récent rapport du Committee to Protect Journalists (In Sri Lanka, No Peace Dividend for the Press), la presse a été particulièrement visée par le pouvoir. Assassinats, disparitions, pressions: le rapport décrit une ambiance de peur et d’intimidation. Plus d’une vingtaine de journalistes ont été forcés de s’exiler en raison des menaces qui pesaient sur eux. L’impunité est totale.
A lire: www.cpj.org/reports/2010/05/sri-lanka-no-peace-dividend-for-the-press.php
L’initiative de l’Union européenne, appuyée par le Commissaire au commerce Karel De Gucht et par la « ministre européenne des affaires étrangères », Catherine Ashton, a été généralement saluée par les organisations de défense des droits de l’homme, même si certaines craignent que les sanctions ne touchent avant tout les travailleurs de l’industrie textile.
Quelle en sera l’efficacité ? L’impact des mesures européennes est estimé par le Sri Lanka à 85 millions d’euros (sur un volume d’échanges de 1,2 milliard), mais les experts de l’UE mentionnent un impact beaucoup plus lourd: 35% des exportations textiles sri-lankaises sont, en effet, destinées à l’Europe. La plupart des observateurs estiment toutefois que cette mesure ne convaincra pas le gouvernement de s’amender. Celui-ci semble déterminé, en effet, à maintenir une poigne de fer sur le pays et à ne pas se laisser impressionner par des actions extérieures.

Comments

Comments are closed.