Birmanie, exigeons “moins de retenue” de l’Union européenne

En 2003, à la veille de la guerre en Irak, la « vieille Europe » s’était étonnée du suivisme de la « nouvelle Europe » par rapport aux Etats-Unis. Elle n’arrivait pas à comprendre que les anciennes nations communistes puissent faire davantage confiance à Washington qu’à Bruxelles.

Les raisons de cette « connexion américaine » de l’Europe de l’Est sont évidemment multiples, mais parmi celles-ci, une d’elles ressort sans équivoque : les anciens dissidents et opposants estiment que l’appui des Etats-Unis à la démocratisation de l’ancien bloc soviétique a été bien plus résolu que celui des Européens de l’ouest. Pendant que les organisations américaines, officielles ou non-gouvernementales, prenaient clairement leurs distances à l’égard des institutions communistes, des partis et groupes politiques ou syndicaux européens prônaient le dialogue et la détente et veillaient à ne pas s’afficher trop ouvertement aux côtés des dissidents et des démocrates.

Les démocrates birmans risquent de suivre le chemin des Européens de l’Est si l’Union européenne laisse une nouvelle fois l’initiative et le beau rôle à Washington. Hier, le président Bush s’est montré particulièrement sévère à l’égard de la Junte birmane, il a fait de la démocratisation de ce pays un des points clés de son discours aux Nations unies, alors que jusqu’ici, les Européens se sont montrés évasifs et se sont limités à demander de la « retenue » de la part des forces de répression birmanes.

La Grande-Bretagne, dont la diplomatie est dirigée par un jeune homme politique particulièrement attaché aux droits de l’Homme, David Milliband, a haussé le ton, pris clairement le parti de Aung San Suu Kyi. Le président Nicolas Sarkozy s’apprête à recevoir à Paris Sein Win, le dirigeant de l’opposition birmane en exil.

Et la Belgique? Selon Le Soir, “elle s’en tient jusqu’ici à la déclaration des ambassadeurs de l’Union européenne qui ont demandé à leurs experts d’étudier un possible renforcement des sanctions européennes contre la junte“. C’est ce qu’on appelle “réagir avec retenue“.

Pendant ce temps-là, l’armée birmane commence, elle, à agir sans retenue…

Comments

2 Responses to “Birmanie, exigeons “moins de retenue” de l’Union européenne”

  1. JCS on septembre 27th, 2007 2:00 pm

    Bonjour,
    A présent c’est au tour de la Birmanie de tuer son peuple. Avant c’était la Chine qui était contre ses propres étudiants. Avant encore c’était le bain de sang au Tibet. Décidément rien ne change. Combien de temps encore l’Europe va t elle mettre pour se décider à prendre clairement position vis à vis de ces criminels ? Et ce cher Monsieur Bush dans tout cela ? Va t il envoyer ses G I pour défendre ceux qui marchent pieds-nus ou va t il prétexter qu ‘il sagit d’une affaire intérieure ? Nous, les européens qui passons souvent pour des gens d’expérience, de sagesse de pondération,devrions vraiment nous y mettre sérieusement. Ayons enfin un peu de courage, osons marquer notre différence.
    Ce n’est pas normal cette attitude de tiedeur éternelle. montrons au monde que nous existons et que nous savons ce que nous voulons, disons ce que nous pensons. cessons d’être timide ou hypocrite.

  2. L'Abrincate on mai 14th, 2008 11:44 pm

    Que faire avec une junte militaire ???
    Quelques réflexions et propositions :
    http://bboeton.wordpress.com/2008/05/14/que-faire-avec-la-junte-birmane/
    Cordialement.

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