La Chine se mêle de nos affaires
Depuis l’octroi du Prix Nobel de la Paix à Liu Xiaobo, la Chine n’a de cesse de condamner l’outrecuidante ingérence des pays occidentaux dans ses affaires intérieures. Or, violant elle-même ces principes de souveraineté, elle s’est lancée dans une campagne globale d’intimidation afin de perturber la cérémonie de remise du Prix en décembre prochain à Oslo.
Les ambassades chinoises ont fait des démarches auprès de plusieurs pays, dont la Belgique.
La réponse des pays démocratiques sera un test. Déjà certaines d’entre elles se sont gardées de demander la libération de Liu Xiaobo, se limitant à féliciter le lauréat pour son Prix.
A Oslo, il faudra donc prendre les présences pour s’assurer que personne ne cesse au chantage de la Chine, une puissance décrite par certains comme “bienveillante” et “tranquille”.
Attention vacances (5) : La Chine condamne un journaliste ouïghour
Gheyret Niyaz, un journaliste ouïghour, a été condamné par la justice chinoise à 15 ans de prison pour atteinte à la sécurité de l’Etat.
Son « crime » : avoir parlé aux médias étrangers à propos des affrontements entre Han et Ouïghours dans la ville d’Urumqui (région du Xinjiang) en juillet 2009.
Selon son épouse qui a assisté au procès, Gheyret Niyaz a reconnu « qu’il avait donné des interviews à des journalistes étrangers, mais qu’il n’avait aucune intention de nuire ». Le journaliste travaillait pour le site Uighurbiz.net et pour un quotidien économique du Xinjiang.
Selon Bob Dietz, du Committee to Protect Journalists (CPJ, New York), “Niyaz a été jugé pour son travail de journaliste, c’est la seule “menace” qu’il représente pour la sécurité nationale chinoise”. Selon le CPJ, le site Uighur.biz avait été accusé par Pékin d’inciter aux violences parce qu’il avait annoncé l’organisation de la manifestation du 5 juillet 2009.
Attention vacances! (4) Arrestation de journalistes à Téhéran
Abdolreza Tajik et Hamed Saber ont été arrêtés en juin dernier Iran, selon le Comité de protection des journalistes (CPJ) de New York. La confirmation de ces informations n’a pu être faite que ces tout derniers jours.
Le premier, qui travaille pour des journaux réformistes, a été accusé de collaborer avec Human Rights Defenders, l’association fondée par Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix. Le second, un photographe, a diffusé des clichés, dont certains ont été repris dans la presse internationale, des manifestations de l’opposition. 37 journalistes iraniens seraient actuellement emprisonnés en Iran, selon le CPJ (chiffres de juin).
Attention vacances! (3) Les évêques chiliens ont de la compassion pour les anciens du régime militaire
Les organisations chiliennes de défense des droits de l’homme sont sur le pied de guerre: l’Eglise catholique voudrait que soit accordé le pardon à des anciens de la dictature du général Pinochet. A condition qu’ils fassent preuve de repentance.
L’arrivée à la présidence de Sebastian Pïnera, du Parti de Rénovation Nationale (proche de l’ancien régime militaire), a semble-t-il, ouvert les vannes du révisionnisme.
Cette déclaration s’ajoute à la démission de l’ambassadeur chilien à Buenos Aires qui, dans une interview au quotidien El Clarin, avait “nuancé” la dureté du régime militaire chilien.
A surveiller..
A lire:
http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-10721959
Attention vacances (2): le Maroc encadre les journalistes
Un article de Kamel Labidi. Journaliste tunisien harcelé par le régime Ben Ali, ancien correspondant de La Croix, il fait le point sur la situation de la presse au Maroc, un pays qui a récemment reçu le statut avancé octroyé par l’Union européenne.
http://cpj.org/blog/2010/07/morocco-declares-itself-democratic-while-restricti.php
Cuba, il ne suffit pas de libérer des prisonniers d’opinion
La libération de journalistes et dissidents cubains, à la suite de la médiation de l’Eglise catholique et de l’Espagne, est bien sûr une très bonne nouvelle, mais elle ne signifie pas nécessairement que Cuba soit en train de se réformer. Certains analystes croient plutôt que cette mesure est conçue comme une échappatoire aux réformes. “Le gouvernement de Raul Castro lache un peu de lest, parce qu’il a besoin d’améliorer ses relations avec le reste du monde, mais il n’a pas l’intention de changer de cap”, nous disait un Cubanologue diplomate.
Comme le signalait Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International Belgique Francophone dans un entretien accordé au Soir, comme le rappelle Carlos Lauria, directeur du département Amérique latine du Comité de protection des journalistes de New York (dans l’interview télévisée ci-jointe), les structures de la répression restent en place, les lois qui ont permis les arrestations de 2003 n’ont pas été modifiées.
Que devrait faire dans ce contexte la communauté internationale? Entrouvrir les portes, comme le suggère le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, ou accroître la pression car le gouvernement cubain est en position de faiblesse?
La dissidence cubaine hésite sur la voie à suivre.
En Europe et aux Etats-Unis, le débat est également loin d’être clos. Certains estiment toutefois qu’il ne faut pas fonder sa “politique cubaine” sur ces libérations. “Il s’agit, poursuivait ce diplomate, de concevoir une stratégie à long terme qui permette de ne pas réagir à des mesures castristes mais bien de contribuer calmement à un processus de démocratisation de l’île”.
La levée de l’embargo apparaît dans ce cadre comme une évidence car cette sanction qualifiée de blocus à Cuba permet au régime de reporter sur les Etats-Unis une grande partie de la responsabilité des difficultés économiques que traverse l’île.
A suivre…
http://www.ny1noticias.com/content/principales/pura_politica/122225/cuba—un-paso-adelante-y-un-paso-hacia-atr%E1s-/
Attention vacances! (1) Et pendant ce temps-là, à Singapour
Le gouvernement de Singapour, un pays qui démontre depuis des décennies que la modernité et la prospérité ne débouchent pas automatiquement sur la liberté, vient d’arrêter Alan Shadrake, l’auteur d’un livre sur la peine de mort régulièrement pratiquée dans cette « ville-Etat » ancrée entre la Malaisie et l’Indonésie.
Bien que ce livre n’ait apparemment pas été interdit, l’auteur, un citoyen britannique, est accusé de diffamation criminelle et il risque deux dans de prison.
Le Congrès américain vote contre les “minerais de la guerre” de RDC
En adoptant la loi sur la réforme de Wall Street, le Congrès américain oblige aussi les firmes américaines qui fabriquent des GSM ou des ordinateurs portables à faire en sorte qu’elles n’importent pas des minerais extraits dans des zones de conflit, notamment en RDC.
Comment ces dispositions seront-elles appliquées? L’explication de John Prendergast, ancien de l’International Crisis Group et co-fondateur de l’association Enough.
Today, the world moved a step closer to ensuring that the supply chains for our laptops and cell phones do not finance violence in eastern Congo. Today, human rights activists, American consumers, and the people of Congo won an incredible victory. Congress passed the Wall Street reform bill with the inclusion of a key provision on conflict minerals which will require companies to disclose whether they source conflict minerals from Congo or neighboring countries, and require companies to report on steps taken to exclude conflict sources from their supply chains, backed by independent audits.
The growing movement for Congo across America should be very proud of this impressive victory. Activists and concerned consumers from communities across the country came together with one voice and told Congress we demand strong legislation that will put us on the path to ending one of the deadliest conflicts in modern history. You overran the Facebook pages of elected officials and electronics companies, followed up with phone calls, wrote letters and emails to their offices, met face-to-face with your representatives, and called on industry leaders to clean up their supply chain. These are just some examples of the creative advocacy that has helped elevate the issue of conflict minerals to reach today’s tipping point. Senators Christopher Dodd (D-CT), Sam Brownback (R-KS), Dick Durbin (D-IL), Russ Feingold (D-WI), and Reps. Jim McDermott (D-WA), Howard Berman (D-CA), and Barney Frank (D-MA), along with many other upstanding members of Congress, deserve special praise for leading this battle over the past two years.
From the day President Obama signs the bill, the Securities and Exchange Commission will have nine months to develop regulations implementing the new law. It will be up to all of us to ensure that these regulations are as strong as possible.
This legislation is a piece of the broader solution. We now have to turn our attention from the legislative branch of our government to the executive branch, to ensure that the Obama administration helps lead an international effort to create what we call a “trace, audit, and certify” regime to ensure that the raw materials that go into our cell phones and laptops are not fueling conflict.
You really did something meaningful here. Take a week off. We still have work to do, but we need to appreciate this victory. We will be coming back to you with ideas of how you can continue to be involved in shaping the actions our government takes and the practices our electronics companies utilize in sourcing the minerals that power all of our electronics products. Peace in Congo is possible. We just took one important step today on that road to a better future in Congo.
Thank you for your activism.
John Prendergast
Co-founder Enough Project
Tunisie, le pouvoir ne prend pas de vacances
Les dictateurs n’attendent pas toujours les vacances pour perpétrer leurs mauvais coups, comme je prévenais dans un précédent article, mais c’est tellement plus facile de frapper lorsque le soleil de juillet –ou la furie des orages en Europe – détournent l’attention du public.
Le régime tunisien du président Ben Ali vient, en tout cas, de démontrer que si des centaines de milliers de touristes se prélassent sur les plages, lui, ne prend pas de vacances.
Les autorités viennent en effet de renvoyer en prison Fahem Boukadous, correspondant de la chaîne de télévision satellitaire Al-Hiwar al-Tunisi, alors qu’il venait de quitter l’hôpital où il avait été traité pour problèmes respiratoires.
Boukadous a été condamné à 4 ans de prison sous l’accusation « d’association criminelle ». En fait, comme le rappelle le Comité de protection des journalistes (CPJ, New York), il avait surtout, au grand déplaisir du gouvernement, couvert des protestations sociales dans la région minière de Gafsa en 2008.
Les Etats-Unis se sont dits “profondément inquiets” d’un recul des libertés en Tunisie et la France a affirmé son attachement “à la liberté d’expression” en Tunisie suite à l’annonce du verdict.
Rappelons que la Tunisie est en passe de recevoir le « statut avancé » de l’Union européenne, une décision qui devra normalement être prise lors de la présidence belge.
Pour plus d’info: lire le tout récent rapport d’Amnesty International, Independent Stifled Voices in Tunisia, qui décrit comment les autorités tunisiennes harcèlent les défenseurs des droits humains, notamment en infiltrant les associations et en y créant de véritables putsches en faveur des candidats “conformes”.
Sri Lanka: l’Union européenne choisit les sanctions
L’Union européenne a finalement mis sa menace à exécution en privant le Sri Lanka du privilège commercial appelé GSP +. Cette préférence, accordée aux exportations textiles, sera levée le 15 août.
L’Europe marque ainsi son insatisfaction à la suite du refus du très autoritaire président Mahinda Rajapaksa de prendre des mesures jugées essentielles pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.
L’actuel chef de l’Etat est arrivé au pouvoir à l’issue de la victoire militaire sur les rebelles des Tigres Tamouls, en 2009. De nombreuses atrocités ont été commises au cours de cette campagne militaire, en particulier lors d’attaques indiscriminées contre la population civile.
Comme le souligne un récent rapport du Committee to Protect Journalists (In Sri Lanka, No Peace Dividend for the Press), la presse a été particulièrement visée par le pouvoir. Assassinats, disparitions, pressions: le rapport décrit une ambiance de peur et d’intimidation. Plus d’une vingtaine de journalistes ont été forcés de s’exiler en raison des menaces qui pesaient sur eux. L’impunité est totale.
A lire: www.cpj.org/reports/2010/05/sri-lanka-no-peace-dividend-for-the-press.php
L’initiative de l’Union européenne, appuyée par le Commissaire au commerce Karel De Gucht et par la « ministre européenne des affaires étrangères », Catherine Ashton, a été généralement saluée par les organisations de défense des droits de l’homme, même si certaines craignent que les sanctions ne touchent avant tout les travailleurs de l’industrie textile.
Quelle en sera l’efficacité ? L’impact des mesures européennes est estimé par le Sri Lanka à 85 millions d’euros (sur un volume d’échanges de 1,2 milliard), mais les experts de l’UE mentionnent un impact beaucoup plus lourd: 35% des exportations textiles sri-lankaises sont, en effet, destinées à l’Europe. La plupart des observateurs estiment toutefois que cette mesure ne convaincra pas le gouvernement de s’amender. Celui-ci semble déterminé, en effet, à maintenir une poigne de fer sur le pays et à ne pas se laisser impressionner par des actions extérieures.